PETIT APPAREIL VOLTA-FARADIQUE A DOUBLE COURANT
Ce petit appareil, de force moyenne, possède l’ensemble des propriétés que l’on doit trouver réunies dans tout appareil médical. C’est une réduction de mon gros appareil volta-faradique à double courant, qu’il peut remplacer, en général, dans la pratique.
A, — Description.
J'ai donné à ce petit appareil la forme d’une boîte plate et d’un carré long, ou d’un volume in-octavo, comme dans la figure 51.
Fi. 51. — Petit appareil volta-faradique fermé de Duchenne Fic. 52, — Fer doux. (de Boulogne).
Lorsqu'il est ouvert, comme dans la figure 53, on voit qu'il est divisé en deux parties. A droite, se trouve l’appareil d’induction proprement dit; à gauche, sont placés la pile, dans le compartiment inférieur À, et les rhéophores, avec leurs conducteurs, dans le compartiment supérieur B.
Le système d’induction se compose : 1° d’une bobine longue
de 6 centimètres, formée par deux hélices superposées et dont les fils de cuivre ont une section et une longueur différentes (le fil de la première hélice a 60 mètres de longueur sur un demi-centimètre de section, et le fil de la deuxième hélice 300 mètres de longueur sur un sixième de millimètre de section); 2° d’un fer doux constitué par une large bande de fer-blane, roulée en hélice, comme dans la figure 82, de manière à être placée au centre de Ja bobine ; 3° d’un commutateur des hélices G (toutes les pièces précédentes sont cachées dans le compartiment de droite); 4° d’un
Tic. 53. — Petit appareil volta-faradique Fie. 54. — Détail du couvercle du comparouvert de Duchenne (de Boulogne). timent de droite.
Fic. 55, — Pédale. Fi. 56. — Couple électro-moteur au bisulfate de mercure.
tube graduateur D ; 5° d’un trembleur E et d’un rhéotome L pour les intermitlences lentes.
B. — Manière de mettre l’appareil en action.
Un couple électromoteur au bisulfate de mercure (fig. 56), semblable à l’un de ceux de mon gros appareil, est introduit dans le compartiment A : alors, si la porte G du compartiment À esl fermée, comme dans la figure 51, la petite plaque platinéeC (fig. 56), qui communique avec le charbon contenu dans le bac en caoutchouc B, se trouve en contact avec le ressort H qui appuie contre l'extrémité pla-
tinée F de l’une des extrémités(pôles) de la première hélice,tandis que le zine Z (fig. 56)est mis en communication avec l’autre extrémité (pôle) de la première hélice par le bouton N que l'on visse de gauche à droite jusqu’à ce qu'il soit en contact avec le ressort O du zinc Z. Les solutions de cet électro-moteur, générateur de l'induction, sont produites par la séparation de la barre horizontale E (/ig. 53) d’avec le bouton.
Si l’on veut que les intermittences soient faites lentement, on tourne le bouton L (fig. 51), jusqu'à ce que la ligne tracée sur ce bouton soit dirigée transversalement; puis, en attirant à soi la tige du rhéotome L jusqu’à ce que la barre E du trembleur soit en contact avec le bouton I, ce qui ferme le circuit formé par la pile et le fil de la première hélice, on l’en sépare en repoussant la tige du rhéotome L. On a obtenu alorsune intermittence. On peut ainsi produire plusou moins rapidement des séries d’intermittences. Veuton obtenir les intermittences rapides du trembleur, on tourne le bouton I de droite à gauche jusqu’à ce que la barre E, repoussée par un excentrique platiné, fixé au bouton, soit assez rapprochée de l’aimant temporaire J qui est en contact avec le fer doux placé au centre de la bobine. Ce rapprochement est assez grand lorsque le bruit du trembleur se fait entendre. Il faut régler avec soin ces tremblements, car, lorsqu'ils sont trop rapides, par le fait d’un trop srand rapprochement de la barre E et de l’aimant J, les solutions sont moins franches et les contacts de ces deux pièces du trembleur sont moins parfaits. Il en résulte que la puissance de linduction est moins grande. On peut aussi produire des intermitiences lentes avec la pédale-rhéotomeS (fig. 52) qui a été décrite (page 237) et qui s'applique aux gros appareils. Pour cela on attache ses cordons conducteurs aux boutons 3 et 4 (fig. 53); puis, après avoir tourné le bouton I de gauche à droite jusqu'à ce que la barre E butte contre l’aimant J (de cette façon le courant de la pile est ouvert), on fait les solutions avec le pied, comme je l'ai dit précédemment. (Quand on appuie sur le boutonB (fig. 55), le courant de la pile est fermé.)
Les boutons électrodes 4, 2, reçoivent les courants de chaque hélice. On y fixe les cordons conducteurs auxquels sont attachés les rhéophores. On fait arriver à ces boutons le courant de la première hélice ou celui de la deuxième hélice, en poussant à droile ou à gauche, jusqu'au point d'arrêt, la tige du commutateur C de ces hélices. Des chiffres gravés sur la petite plaque de cuivre traversée par celte tige marquent le côlé vers lequel la tige doit être poussée, pour faire arriver l’un ou l’autre de ces courants dans les boutons 1 et 2. Enfin la graduation se fait par le tube D, comme dans les autres appareils. Dans l'intervalle des applications, on ouvre Île
courant de la pile, en repoussant la tige du rhéotome L, jusqu’à ce que la barre E butte contre le fer doux J.
Le petit appareil que je viens de décrire est celui dont je me sers actuellement de préférence, dans la grande majorité des cas. Je n'ai recours aux grands appareils que dans certains cas de diagnostic,ou pour certaines expériences électro-physiologiques et pathologiques, et quelquefois au point de vue thérapeutique, comme lorsque la contractilité ou la sensibilité sont abolies ou considérablement affaiblies.
La puissance de ce pelit appareil est très-grande, eu égard au petit volume de sa bobine. Elle est due non-seulement aux excellentes proportions de longueur et de section de ses fils, et à sa bonne construction, mais encore et principalement à la puissante aimanlation de sa lame de fer doux enroulé en hélice, el qui présente aussi une large surface d’aimantalion (4).
ARTICLE IV
APPAREIL MAGNÉTO- FARADIQUE A DOUBLE COURANT DE DUCHENNE (DE BOULOGNE).
Les appareils volta-faradiques dont j'ai exposé la description et les propriétés, dans l’article précédent, ont servi à mes nombreuses recherches électro-physiologiques, pathologiques et thérapeutiques. Ils ont subi celle épreuve avec borheur ; leur utilité m'est aujourd'hui parfaitement démontrée. Malheureusement la préparation de leur pile, toute simple qu’elle est, n’en exige pas moins une certaine manipulation. Ce seul inconvénient a suffi pour les déconsidérer aux yeux de quelques médecins. On leur a préféré souvent les appareils magnéto-électriques usuels.
C'est pour ce motif que j'ai essayé de doter, autant que possible, les appareils magnéto-électriques des propriétés que je crois indispensables dans la pratique dans la faradisalion localisée.
Je vais en donner la deseriplion.
8 4. — Description de l’appareil.
Mon appareil magnéto-faradique (voy. fig. 51) se compose : d’un aimant; d’une armature mise en mouvement par un mécanisme
(1) J'ai expérimenté comparativement, comme fer doux central, et au point de vue des effets } bysiologiques, des fils de fer (selon la méthode de Dove’, des tutes fendus de fer-blanc, enchâssés les uns dans les autres, et isolés, chacun, par une envelor pe de papier, puis une large bande de fer-blanc enroulée en hélice, et dontla face interne était isolée par une feuille de papier. C’est le fer doux en hélice (fig. 52) qui m'a donné les meilleurs résultats pour la puissance des ects physiologiques de l'induction,comme pour la force de l’aimantation,
DUCHENNE. — 3e Ggition. 17
particulier ; d’un régulateur de l’armature à la fois modérateur des courants et tenseur magnétique ; de deux hélices dont le fil de cuivre a une grosseur et une longueur inégales ; d’un rhéotome;
d’un régulateur des intermittences ; d’un graduateur des courants; et.enfin d’un commutateur des hélices.
A. — Aimant.
L’aimant est formé de deux branches cylindriques parallèles, reliées entre elles, à l'une de leurs extrémités, par un fer doux transversal.
llest posé à plat et horizontalement sur un support fixé à la partie postérieure de la base de l’appareil. Son extrémité antérieure repose sur deux autres supports.
B. — Armature et son système moteur.
L’armature x, qui, par son mouvement de rotation, produit les intermittences du courant magnétique, est traversée dans sa partie moyenne par un axe horizontal, terminé à ses extrémités par une pointe d’acier très-dur, reçue dans deux pièces également d'acier et vissées dans deux montants de cuivre. Ces montants sont solidement fixés, au moyen d’arcs-boutants, à une plaque de cuivre G, mobile et quadrilatère, qui repose sur la base de l'appareil. Entre «ces deux montants el à leur extrémité supérieure se trouve adaptée une srande roue À, dont l’arbre traverse, d’un côté, le montant anté-
rieur dans lequel il peut exécuter des mouvements de rotation, tandis que son extrémité terminée en pointe est reçue dans une pièce fixée au montant postérieur. La manivelle M, qui met la grande roue en mouvement, se relire à volonté. La circonférence de la grande roue A est divisée en 64 dents, qui mettent en action une pelite roue à pivot, armée de huit dents, et fixée sur l’axe de l’armature, de manière qu'à chaque révolution de la grande roue, cetle armature tourne huit fois sur son axe, et produit en conséquence 32 intermittences du courant d’induction, Gomme il est possible d'imprimer deux révolutions par seconde à la grande roue, on oblient donc encore 64 intermittences, dans le même espace de temps.