C. — Régulateur de l’armature
La plaque mobile G, sur laquelle sont établis l’armature et son système moteur, est rapprochée ou éloignée de l’aimant au moyen d’une forte vis de rappel N, appelée régulateur de l'armature. Cette vis, tournant dans un écrou fixé à l'appareil, agit sur la base d’un des montants faisant corps avec la plaque G qu'elle attire ou repousse.
Pour que l’armalure exerce une tension sur l’aimant, on tourne la vis N de manière que l'aiguille arrive à la partie moyenne de l'arc de cercle O, appelé indicateur, Alors armature, placée transversalement, est rapprochée de l’aimant et se trouve en contact parfait avec $es extrémités.
On saura plus loin comment ce régulateur de l’armature sert aussi à affaiblir ou à modérer les courants d’induction,
D. — Hélices.
Une hélice de 9 centimètres et demi de longueur, et sur laquelle sont enroulés en spirale 24 mètres de fil de cuivre recouvert de soie et d’un demi-millimètre de diamètre, est fixée sur chaque bras de l’aimant, de manière que son bord antérieur se trouve au niveau du bord libre de l’aimant. La rondelle que forme l’extrémité antérieure de cette hélice repose sur un support qui maintient l’aimant dans une position parallèle au plan de l'appareil.
Un second fil de cuivre, d’un sixième de millimètre de diamètre, de 600 mètres de long et recouvert de soie, est enroulé sur le fil gros et forme une seconde hélice, Ce fil gros est inducteur relalivement au fil fin qui est induit par lui. C’est ce que je démontrerai bientôt.
Les deux fils de cuivre superposés sont enroulés dans ie même sens, et l’extrémité de l’un est soudée au commencement de l’au-
tre, tandis que les autres bouts se rendent, ceux du fil gros (central) aux ressorts Set S’ qui produisent les intermittences sur le commutateur B, et l’un de ceux du fil fin (externe) au côté droit U du commutateur des hélices T destiné à faire passer le courant de la première hélice dans les boutons P,P' auxquels s’altachent les conducteurs des rhéophores. Du ressort S' part un fil conducleur qui se rend au côté gauche du commutateur ”.
E. — Rhéotome,
Le rhéotome se compose d'une petite bobine Bet de deux ressorts S et S’. Cette bobine de bois est fixée sur l’axe du fer doux. Un des ressort S, mis en rapport avec une extrémité du fil centrai, appuie sur un anneau métallique, fixé sur la petite bobine. De cet anneau partent quatre dentelures, dont deux sout plus courtes. Le second ressort S' du rhéotome qui communique avec l’autre extrémité du fil central est mis en contact avec les quatre ou les deux dents, au moyen d’un bouton régulateur du commutateur. fixé à la droite de l'appareil (qui n’est pas visible dans la figure 59) et que l’on tourne de droite à gauche et vice versä.
F, — Réguiateur des intermittences.
Une pièce de cuivre est fixée sur la base de l’appareil, à gauche de la grande roue. Elle est traversée par une vis D, sur laquelle est soudé un ressort de laiton I. A l’aide de celte vis D, le ressort I exécute un mouvement de baseule qui le met en contact, tantôt avec des goupilles a qui se trouvent sur la face postérieure de la grande roue À, tantôt avec la plaque G qui supporte celle-ci. Une des extrémités du fil de l’hélice (interne) à fil gros ct de l'hélice (externe) à fil fin communique avec celte plaque G. Le ressort de laiton [est en rapport, par un fil de cuivre, avec le côté gauche U du commutateur des hélices T.
G. — Graduateur des courants,
Deux tubes de cuivre rouge HH, recouvrant les bobines qui sont placées sur les bras de l’aimant et réunies par une traverse à leur extrémité postérieure, sont attirés ou repoussés, en glissant sur ces bobines, au moyen d’une tige R. Cette dernière, fixée à la traverse, terminée par un bouton, d’une longueur égale à celle des bobines, est divisée par centimètres et par millimètres. Lorsqu'elle entre entièrement dans l’appareil, les cylindres recouvrent les bobines, et les courants sont à leur minimum d'intensité, Ces courants sont
au contraire à leur maximum, lorsque la tige est complétement en dehors de l'appareil. Leurs degrés de force intermédiaire sont en raison directe de la progression de la tige, el vice versä. Celle üge R mérite en conséquence la dénomination de graduateur des courants.
H. — Commutateur des hélices.
Le commutateur des hélices T est construit comme celui de mon appareil volta-faradique. |
S IX. — Théorie de l’appareil magnéto faradique.
Les inltermittences simultanées du courant magnétique et de celui de l'hélice centrale, produites parle mouvement rotatoire de la roue À, qui met en action l’armature et le rhéotome B, ces intermittences diverses, dis-je, développent des phénomènes d’induction dans le fil gros de l’hélice centrale. La théorie de ces phénomènes étant la même que celle de l'induction de tous les appareils magnéto-faradiques, je me dispenserai de la développer ici.
A l'instant où celte induction se produit dans le fil gros de l’hélice centrale, si la réunion des deux bouts du fil fin de la deuxième hélice en fait un conducteur fermé, il se développe dans ce dernier, ainsi qu’on le sail, un contre-courant dont la direction a lieu en sens inverse du courant de la première hélice. (La possibilité de cetle action inductrice de l’hélice centrale sur la deuxième hélice a été contestée théoriquement, par MM. Becquerel, pour les appareils électro-magnétiques. Je me réserve d'en démontrer bientôt expérimentalement la réalisation, dans mon appareil.)
L'une des extrémités des fils de la première hélice et de la deuxième hélice se rendant directement au bouton rhéophore P, et l’autre extrémité de ces fils communiquant avec la plaque métallique G qui supporte la grande roue, il devient nécessaire de mettre cette plaque en rapport avec le second bouton rhéophore P’. Le régulateur des intermiltences D remplil parfaitement cette condilion, car il communique, par un fil de cuisre, avec ce second bouton rhéophore P', el il est mis en contact, ou avec la plaque G, ou avec les goupilles a de la grande roue A, fixée sur cette plaque, au moyen d’un mouvement de bascule opéré par son bouton D.
Veut-on faire passer les courants rapides dans le cordon conducteur du rhéophore attaché au bouton électrode P', il est évident que le bouton D devra mettre le ressort I en rapport avec la plaque G, qui elle-même est en rapport avec l’autre extrémité de l’un des deux fils. Mais si le ressort I ne communique avec la pla-
que G que par les goupilles a de la grande roue À, les courants n’arriveront au bouton rhéophore P' que quatre, ou deux, ou une fois par révolution de la grande roue A. En conséquence, les conducteurs des électrodes attachés aux boutons électrodes P et F'ne reçoivent que quatre, ou deux, ou une intermittence par révolution de la grande roue, lorsque le ressort touche les goupilles, ou bien ils reçoivent le courant rapide (32 ou 64 intermittences par révolution de la roue), lorsque le ressort touche la plaque métallique G. Je désigné le bouton D qui fait mouvoir le ressort, sous le nom régulateur des intermittences.
Le commutateur des hélices se manœuvre comme celui dé l’appareil volta-faracique.
Je renvoie, pour la théorie de la graduation des deux courants, à celle que j'ai exposée à l’occasion de ce dernier appareil. J'exposerai bientôt comment on peut graduer des doses fortes ou trèsfaibles avec mon appareil magnéto-faradique.
8 KIT. — Exposition des principales propriétés de l’appareil magnéto-faradique à double courant, et des différentes combinaisons qui ont présidé à sa construction.
Bien qu'ayant moi la double induction n’eût jamais été appliquée aux appareils magnéto-faradiques, je n'avais aucun doute sur la possibilité de l'obtenir. J’ai dit comment et par quelle série de recherches j'ai réussi à la réaliser.
Cependant des physiciens très-autorisés dans la science, MM, Becquerel ont contesté la possibilité de produire cette double induttion avec mon appareil magnéto-faradique. Que l’on me permette donc d'essayer de démontrer expérimentalement que je ne me suis point fait illusion. |
Je rappellerai que, dans mon appareil volta-faradique, la force: initiale est mixte; que l'induction de la première hélice résulte de | la modification produite : 4° par le courant de la pile circulant dans les spires de cette hélice, d’une manière intermittente ; 2° par l’influence de l’aimant temporaire.
J'ai dit (chap. 1, art. 3, $ 4, p. 28) que M. E, Becquerel atiribuait à l'influence directe de l’aimant temporaire, les phénomènes électro-physiologiques spéciaux du courant de la deux'ème hélice. On se rappelle que, dans le but de prouver le peu de fondement de cette hypothèse, j'ai expérimenté sans placer le fer doux au centre de l’hélice inductrice; alors on a vu que ces phénomènes propres au courant de la deuxième hélice n’en ont pas moins été produils avec une grande puissance (voy.p. 30, expérience).
(1) Première édition, p. 157 et 158.
Un physicien célèbre par ses découvertes el non moins aulorisé
dans la science que MM. Becquerel, M. le professeur De la Rive, a écrit en faisant allusion à cette expérience que j'ai répétée devant lui : « JVous reconnaissons, avec M. Duchenne, que le courant qui circule dans la première bobine peut bien agir sur le fil de la seconde, puisque nous savons que, lors même qu'il n'y a pas de fer doux, l'induction s'opère. » Mais, s’empresse-t-il d'ajouter, — « la présence du fer doux l’augmente dans une proportion énorme et les deux actions agissant pour produire les mêmes effets, elles s’ajoutent. Le courant induit dans le second fil est donc tout à fait semblable à celui qu'y induirait l'action directe d’un aimant, ét nous ne pouvons en Conséquence, voir dans ce courant qu’un courant de premier ordre et non un courant du seco ond, comme le désigne M. Duchenne (1). »
Je voudrais m'iocliner devant la grande autorité de M. De Ja diese cependant qu'il veuille bien me permettre de lui rappeler une expérience dont je l'ai rendu témoin dans mon cabinet (2). Il a sans doute oublié que je lui ai montré sur la première hélice de mon appareil à double induction la puissance physiologique de l’extracourant, comparativement sans fer doux et avec fer doux. Nous avons constaté alors que, sous l'influence de l’aimantalion de ce fer doux, la puissance d’induction de l’extra-courant a augmenté dans
(1) De La Rive, loc. cit., t. III, p. 581.
(2) Avant de juger la valeur de mes recherches électro-physiologiques et thtrapeutiques et surtout avant de les critiquer, non-seulement ce savant a pris une connaissance approfondie de mes écrits, mais encore il m’a fait l'honneur de venir me demander des explications sur mes apparciis. Alors, expérimentant sur luimême, j'ai pu lui demontrer la réalité des principales actions physiologiques spéciales ou différentielles des courants de la première hélice et de la seconde hélice de ces appareils.
À l'opinion de M..E. Becquerel qui a écrit : « L’extra-courant et le courant de premier ordre ne jouissent pas de propriétés électives sur telle ou lelle fonction, mais ils ont une aclion plus ou moins énergique, en raison de leur tension,» il est intéressant d’opposer celle de M. De La Rive, qui a essayé d'expliquer la différence entre les propriétés physiologiques des deux courants, différence telle qu'on ne peut les employer indifféremment dans la pratique, différence qui, d’après lui, tient non-seulement à ce que le courant induit a plus de tension que l’extra-courant, mais à ce qu’il est en outre plus instantané en général, et qu’il est enfin composé de deux courants dirigés alternativement en sens contraire, tandis que l’extra-courant ne sc compose que d’un seul courant induit dirigé toujours dans le même sens.
«Nous reconnaissonsici, dit M. De La Rive, qu’il peut y avoir, entre l’extra-courant ct le courant induit dans le second fil, d’autres différences physiques que celles relatives à la quantité et à l’intensité, et que par conséquent, tout en combinant les bobines de façon que, sous ces deux rapports, les courants soient semblables, ils peuvent encore différer sous d’autres. D'abord l’extra-courant ne se compose jàmais que d’un seul courant induit, celui qui marche dans le même sens que le courant dela pile, tandis que le courant induit proprement dit, se compose de deux cou-
rants inst anianés, dirigés alternativement en sens contraire, Gette différence peut bien en entraîner une dans l’action physiologique (*).... »
W} Loc, cit, p. 581,
des proportions considérables. N’est-il pas rationnel d'en conclure que, dans ces conditions, la plus grande partie sinon toute la puissance de l'aimantation temporaire a été employée à influencer la première hélice et à augmenter aussi l'énergie de l'action physiologique de lextracourant. Eh bien ! pour admettreavec M. De La Rive que le courant induit qui alors viendrait à se développer dans le circuit fermé de la seconde hélice superposée, est fout à fait semblable à celui qu'y induirait l'action directe d'un aimant, il faudrait, ce me semble, qu’il fût prouvé que l’aimantcesse alors d'exercer son influence sur la première hélice, La plus rapproché», et porte son action sur la seconde hélice, qui en est la plus éloignée. Or je ne sache pas que ce fail — qui me semble invraisemblable, — ait été démontré.
C’est après avoir fait les précédentes expériences, et après les avoir interprétées de cette manière, que je me suis cru autorisé à formuler les conclusions suivantes :
4° Dansles appareils volla-électriques, l’aimantaliontemporaireagit comme seconde source initiale, presque à la manière de la pile, sur le fil de la première hélice dont elle renforce le courant qui, à son tour, réagit, par influence, sur le courant de la deuxième hélice ; alors la puissance de ce dernier courant s'accroît proportionnel lement ; 2 dans les appareils magnéto-faradiques, la force initiale est plus simple; ce sont les changements intermittents de l'état de l'aimant fixe qui produisent l'induction dans le fil enroulé immédiatement sur cet aimant. Mais la puissance de cette induction est des plus faibles, si elle est exercée seulement par cette influence, en d'autres termes, par les seuls mouvements rotatoires du contact (armature) modificateur de l’aimant. Pour que l'induction acquière alors de la puissance, il faut que des solutions soient failes dans le fil de l’hélice, au moment où les modifications de l’aimant sont à leur maximum (un peu avant que le contact soit arrivé à la direcion horizontale ou verticale) ; or telles sont les dispositions de la première hélice de mon appareil magnéto-faradique : les so/ufions qui se font sur le rhéotome, n’ont lieu que dans le gros fil enroulé immédiatement sur l'aimant fixe ; 3° le long fil fin (fil de la deuxième hélice) qui est enroulé sur ce gros fil n’a aucune Communication avec le rhéotome. Si l’on supprime dans les gros fils les solutions opérées par ce rhéotome, le courant du fil fin de l’hélice qui recouvre le fil gros, devient à l’instint d’une faiblesse extrême, même quand Pon vient à produire sur le même rhéotome des solutions dans le circuit du fil fin; alors seulement l'intensité du courant de cé dernier augmente un peu, el reste très-faible comparativement au courant qui se développait dans ce fil fin, pendant que les solutions avaient lieu dans le fil gros. En voici lä preuve :
Expéeiences. — La puissance du courant développée dans le fil fin de mon appareil magnéto-faradique est grande. Mais dès que les solutions du fil de la première hélice opérées sur lé rhtotome sont suspendues, ce que l’on obtient dans mon appareil en détournant (de droite à gauche) le bouton 2 (fig. 57), c'est-à-dire lorsque le courant formé par lefil de la première hélice reste ouvert, la puissance du courant de la deuxième hélice est tellement diminuée, qu’on le sent à peine, même en plaçant les rhéopbores sur les lèvres. Quand bien même des solutions seraient alors opérées sur le rhéotome, dans le fi! de cette deuxième hélice, comme je puis. l'obtenir, au moyen d’un mécanisme simple, sur un appareil que j'ai fait construire pour ces expériences, son courant resterait encore infiniment plus faible que lorsque cette même hélice est induite par la première hélice.
J'avais cru, — l’idée en est sans doute venue à l'esprit de mes contradicteurs, bien qu'ils ne l’aient pas exprimé irès-neltement (1),
(1) Je citerai ici textue!lement la critique qu'nn de mes savants contradicteurs» M. A. Becquerel, a faite de mon appareil magnéto-faradique et des propriétés physiologiques de ces deux hélices : « Dans l'appareil magnéto-électrique de M. Duchenne « (de Boulogne), dit-il, deux fils sont superposés autour d’un aimant fixe : le pre- « mier plus gros et moins long, le deuxième, plus fin et plus long. Dans les idées « de M. Duchenne, le courant produit dans le premier fil est un courant induit de « premier ordre (de la première hélice), et le courant produit dans le deuxième fil «est déterminé par l'influence du premier, c’est un courant induit de deuxième « ordre (de la deuxième hélice). M. Duchenne se trompe. Les courants produits « dans les deux fils sont tous deux sous l'influence de l'aimant qui annule l'effet « produit par le premier fil sur le deuxième, ou plutôt le réduit à très-peu de « chose. Le courant produit dans le premier, comme celui produit dans le deuxième « fil, sont tous deux des courants induits du premier ordre; seulement le premier « produit dans le fil le plus gros et le moins long est un courant d’une tension « moindre que celui produit dans le fil le plus long et le plus fin, et ayant par con- « séquent des effets moins énergiques sur la peau et sur la rétine. »
Est-il besoin maintenant de faire ressortir le peu de valeur des expériences suivantes qui, selon mon contradicteur, démentreraient 2rrécusablement la vérité de son asssertion ?
I. « Autour de l’aimant fixe, dit-il, enroulez, par superposition, deux fils par- « faitement égaux en diamètre et en largeur, et faites agir l’armature du fer doux
« par rotation; ilse produira un courant induit de premier ordre dans chaque a fil. »
Oui, sile circuit de la première hélice n’est ni fermé ni interrompu par des solutions opérées dans son fil sur un commutateur, comme dans mon appareil à double hélice, mais alors son expérience ne prouve rien contre ma théorie. Si au contraire mon savant contradicteur s’est placé dans les mêmes conditions que dans mon appareil magnéto-électrique, après les explications que j'ai données ci-dessus sur son mécanisme et la théorie de mon appareil magnéto-faradique, il abandonnera sans doute son opinion qui n’est plus soutenable. Dans son expérience, alors, le courant du second fil recevrait évidemment l’inflience du courant du premier fil, résultant de l’action simultanée de l’aimant et des solutions de ce fil, comme je l'ai déjà démontré.
If. Après avoir rapporté l’expérience précédente, M. A. Becquerel ajoute : « Le « courant Cu premier fil sera plus intense que celui du deuxième, et le deuxième « moins intense que le premier, à cause de son éloignement plus grand de l’aimant. « Aussi le courant du deuxième fil ne produira-t-il plus les effets spéciaux des pré- « tendns courants de deuxième ordre. »
— j'avais cru, dis-je, que peut-être ma première hélice agissait sur-la deuxième hélice à la manière d’un tube de cuivre, et masquait ou neutralisait sa puissance; que ce conducteur fermé, ën s’ouvrant tout à coup au moyen de ses intermillences, permellait à l’action physiologique du courant développé dans la deuxième hélice sous l'influence de Paimant, de se manifester dans toute sa force, Si telle est l'influence exercée par la première hélice sur la seconde hélice de mon appareil électro-magnélique, personne assurément n’y verra un phénomène d’induction. Mais l’expérience que je viens de relater me semble prouver que les choses se passent différemment. On à vu, en effet, qu’en supprimant les solutions du fil gros dont le circuit reste ainsi ouvert, il n’y a plus que l'influence directe de l’aimant sur la deuxième hélice (à fil fin), et que les effets physiologiques produits par celle influence de l’aimant sur la deuxième hélice, se réduisent presque à zéro. |
En résumé, dans mon appareil électro-magnétique à double courant, c’est le courant développé dans la première hélice, sous l’influence simultanée des modifications temporaires de l’aimant et dans les solutions opérées dans le circuit de son fil gros, qui réagissent sur la deuxième hélice.
Bien que jusqu'en ces derniers Lemps, celte proposition eût été considérée comme inadmissible par des physiciens éminents, je n’en ai pas moins persisté à la croire appuyée sur des faits et des expériences incontestables. Elle vient d’être démontrée d’une mapière plus scientifique, et dans des termes plus techniques, par un physicien de talent M. F. P. Le Roux, professeur agrégé des sciences physiques, qui, dans sa lhèse présentée à l’école supérieure de
À ce dernier point de vue, cette expérience ne prouve absolument rien pour plusieurs raisons : {° pourquoi changer les conditions ordinaires des appareils électromédicaux dont nous avons à étudier les propriétés spéciales ? Quel est donc l'appareil À double induction dont les fils ont une égale section ? 20 il n’est pas un fabricant d'appareils volta-faradiques qui ne sache qu’une des conditions principales pour obtenir une grande puissance physiologique dans la seconde hélice (induite), c’est que le fil de celle-ci soit non-seulement beaucoup plus fin, mais aussi Leaucoup plus long que celui du fil inducteur. Pour quelle raison n’en serait-il pas de même pour les apppareils magnéto-faradiques à double courant ? Restons donc dans la question ; il s’agit ici de déterminer les propriétés du courant de la deuxième hélice développé dans un fil fin et long, comparativement aux propriétés du courant de Ja première hélice (extra-courant) produit dans un filgros et plus court, J’ai déjà prouvé (voy. chap. 1°r, art.3 6, p. 29), pour les appareils volta-faradiques, que les propriétés physiologiques d’une même hélice de fil fin différaient suivant que son courant était, dans le lan:aïe usuel, extra-courant ou courant induit.
On comprendrait difficilement qu’il en fût autrement pour les appareils électromagnétiques. Aussi ma surprise a-t-clle été grande, lorsque j'ai lu cette assertion de M. A. Becquerel : « Autour d’un aimant fixe n’enroulant qu’un seul fil très-fin « et très-long, vous aurez un courant à tension très-fort ct qui aura toutes les « propriétés des prétendus courants du deuxième ordre. Cette assertion est en contradiction formelle avec les faits qui ressortent de mes recherches expérimentales,
pharmacie pour l'agrégation des sciences physiques, que j'ai eu déjà l’occasion de citer, a soutenu que mon idée est en grande partie-juste, au moins dans le cas de mon appareil magnélo-faradique.
Voici l’exlrait de cette thèse, remarquable sous ‘bien d’autres rapports, où se trouve celte imporlante démonstration. (Le lecteur comprendra plus facilement cette démonstration, s’il connait la théorie des appareils magnéto-électriques que M. Le Roux a exposée dans son travail, à l’occasion de l'appareil de Pixii (1). Je l'ai reproduite textuellement page 277.)
«M. Duchenne a attribué les effets particuliers qu’il observe dans sa deuxième hélice, à l’action de courants dont la distribution et l'intensité seraient différentes de celles des courants qui sont induits dans la première hélice. D'autres personnes, au contraire, ont pensé que les deux hélices ne différaient que par la longueur du fil, Je suis porté à croire que cequi a manqué à l’idée de M. Duchenne, c'était d’être étayée, par un raisonnement précis, mais quelle est cependant en grande partie juste, au moins dans le cas de son appareil magnéto-faradique. |
«On peut regarder comme avéré que, dans tous les appareils magnéto-électriques de pelites dimensions, les alternatives d’aimanlation et de désaimantation ne suffisent pas pour produire des courants capables de donner dès commotions, et cela, quelle que soit la vitesse des armatures on des bobines, quelle que soit aussi la longueur du fil des bobines induites; tandis que la rupture du courant vers l'instant ou son intensité est maximum, en produit d'ésergiques. Cela tient simplement à ce que le décroissement d'intensité qui à lieu au moment d’une rupture, est beaucoup plus rapide que ka plus rapide désaimantation que nous puissions produire par des mouvements de rapprochement ou d’éloignement opérés mécaniquement (2). DR | |
« Cela posé, quand nous interrompons le courant au moment
(1) F, P. Le:Roux, loc. cil., p. 27. | )
(2) « On peut se demander comment il se fait qu’un extra-courant ne soit pas pro- Auit an moment où la bobine de Clarke, par exemple, passe devant un pôle d'ainant, puisqu'à cet irstant le courant change brusquement de sens, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus; et il semble qu’un changement de sens de ce genre doive être. bien plus efficace qu’une interruption. Mais c’est que le changement brusque de séns représenté par la courbe n’est qu’une fiction; en réalité, ce changement est relativement rapide, mais non brusque, parce que ce ne sont pas des points mathématiques qui passent J’un devant l’autre, les dimensions relativement considérables des bobines et des aimants font que l’action décroît à partir d’un ecrtain moment, pour croître ensuite. Or le décroissement qui s’opère réellement aux environs de Bo (fig. 58), si rapide qu’il soit, est encore très-lent relativement au retour de Pétat naturel d’un circuit que l’on interrompt.
« La figure 56 montre, dans la courbe inférieure, quelle doit ètre la véritable distvibution de l'intensité dés courants dans une bobine de Clarke. 6
de son maximum, c’est comme si nous interrompions un courant constant, et il se produit un extra-courant dont nous avons déjà donné la courbe plus haut ; nous la reproduisons ici (fig. 58).
Fc. 58. — Supérieurement : représentation Fig. 59.— Supérieurement : représentation approximative du courant induit par le de l’extra-courant de rupture. — /nfemouvement dans les bobines d’une ma- rieurement : représentation de l’induit de chine de Clarke, — Znférieurement : repré- cet extra-courant.
sentation plus exacte.
«llsemblerait queles arcs qui se coupent au point B(/ig.57) soient dans d'excellentes conditions de forme, pour donner naissance à des courants induits intenses. Cela est vrai, mais il ne faut pas perdre de vue que l'unité de temps est ici représentée par une longueur très-courle, à tel point que, si nous voulions représenter l'intervalle de temps A, B, avec la même unilé que nous avons employée par exemple dans la figure 58 pour représenter la cessalion d’un courant interrompu, il faudrait donner à A, B, une longueur plusieurs centaines de fois plus grande. On voit qu’ainsi étalée, la courbe du courant de la bobine n'offrirait qu’une sinuosilé insensible par rapport à celle d’un courant de rupture, par exemple.
« On comprend facilement, d’après cela, que la variation mécanique ne puisse donner que des induits peu sensibles par rapport à ceux que fournit l'interruption du courant par ruplure du circuit.
« Si au contraire on met cet extra-courant en présence d’un circuit sur lequel il puisse agir comme inducteur, il y détermine le courant induit représenté (fig. 58). Sa partie négative est peu marquée, mais il n’en est pas de même de sa partie posilive : celleci pourra posséder une intensité plus grande, et surtout présenter une varialion plus brusque que l’extra-courant lui-même, et par conséquent être différenciée de celui-ci par ses effets sur lorganisme. |
« Celle conclusion est évidemment hors de conteste dans le cas
ARDMNSI=STAPPAR;: MAGNÉIO-FARADIQUE DE L'AUTEUR. 269
où le circuit de la seconde hélice n’est soumis qu’à l'influence de la première. Mais en doit-il être de même quand la deuxième hélice se trouve, comme la première, en présence de l’aimant dont les varialions d'intensité déterminent l’aimantalion ?
«Nous commencerons par faire remarquer que la deuxième hélice contenant dans son circuit le corps humain, dont la résistance est très-grande, l'induction due aux variations d'intensité de l'aimant w’y développe qu'un faible courant ; que, ce courant n'étant d’ailleurs pas soumis aux interruptions du rhéotome, il n’y aura pas dans ce fil d’extra-courant sensible, de telle sorte que je ne puis voir aucune condition qui puisse apporter un trouble appréciable dans les effets de l'induction opérée sur la deuxième hélice par l’extra-courant de la première,
« Telle est, à mon sens, la véritable manière d'envisager les phénomènes dans le cas des appareils magnélo-électriques ; l'effet inducteur de l'extra-courant de la première helice doit être la cause prédominante de ce qui se passe duns la deuxième (1). »
B. — Rhéotome.
Dans mon appareil, les intermittences peuvent être obtenues au moyen d’un mécanisme particulier deux fois ou quatre fois par révolution du fer doux, selon les indications. Pour bien apprécier l’importance de cette disposition, au point de vue pratique, il faut se rappeler la théorie des phénomènes d’induction qui se produisent dans les appareils magnélo-faradiques usuels. Cette théorie a élé exposée dans le chapitre 1°" {p. 20) et dans tout le paragraphe précédent, Il a été démontré, en effet : 1° que deux intermiltences du rhéolome produisent, par révolution du fer doux, quatre induclions, dont deux puissantes ont lieu au moment des inlermittences ; 2° que quatre intermittences du rhéotome par révolution du fer doux développent quatre inductions égales en force; 3 que les courants qui naissent de ces différentes inductions marchent en sens contraire et de manière à- produire les alternatives voltianes,
Si donc on faradise avec deux intermiltences par révolution de l’armature, on aura deux actions puissantes, et le courant se dirigera chaque fois dans le même sens. Les deux autres actions, dont les courants ont lieu en sens contraire, sont tellement faibles, que chez l’homme elles ne donnent lieu à aucun phénomène appréciable, excepté lorsqu'elles sont dirigées sur la rétine, où elles produisent le phosphène. En conséquence, à l’aide de son régulateur, le ressort
(1) F. P. Le Roux, Loc, cit., p. 36, n° 41.
du rhéotome sera placé de manière à donner deux intermitlences, quand il y aura indication de diriger les courants toujours dans Île même sens. ,
En somme, on peut faire servir mon appareil magnéto-faradique dont les intermiltences n'ont lieu que deux fois par révolution de l’armature, à l'étude de l'influence de la direction des courants sur la contractilité ou sur la sensibilité (1). Les mêmes études ne pourraicnt être faites avec quatre intermiltences par révolution de l’armature, car les quatre inductions agiraient avec une égale force et avec des allernatives en sens contraire, c’est-à-dire avec des alternatives vollianes.
Les quatre intermittences par révolution de l’armalure produisent un courant une fois plus rapide. Leur emploi trouvera donc de nombreuses indications, soit qu’on veuille agir spécialement sur la sensibilité, ou étudier les fonctions musculaires à l’aide de la faradisation. Bien qu'avec quatre intermillences, le courant soit une fois plus rapide que dans les appareils de Clarke, qui ne donnent que deux intermittences par révolution du fer doux, j'avoue que sa vitesse n’est pas encore assez grande pour étudier les fonctions musculaires de la face. Cettè même condition du rhéotome rend l’aclion de ces appareils magnéto-éleciriques sur la sensibilité cutanée beaucoup moins puissante que celle des appareils volta-électriques, dont les intermittences peuvent être faites par le trembleur avec une vitesse incalculable.