Théorie de la pile
dressé, le fil se trouve enroulé dans le même sens sur les deux branches.
« L'action inductrice est minimum lorsque les pôlessont à égale distance des deux bobines, mais elle n’est pas nulle. Au moment où les pôles sont très-près des bobines, l’action est beaucoup plus grande, elle atteint son maximum, lorsque les pôles se trouvent en face des bobines; mais à ce moment l'induction change de sens, parce que le mouvement qui rapprochait chacun des pôles de la bobine devant laquelle il passe l’en éloigne alors. »
CA
Après avoir décrit l’appareil de Pixii, M. Leroux a exposé la thtorie suivante des appareils magnéto-électriques qui, en raison de sa nouveauté et de son importance, mérite d'être ici rappelée.
« La courbe des intensités du courant peut donc être représentéecomme dans la figure 63 où la distance AB, représente le temps qu'un même pôle met à passer de la bobine A à la bobine B, et ainsi de suite.
« En réalité, le passage d’un arc positif a m b à l'arc négatif a m' b qui le suit, ne s ps pas aussi brusquement que cela est indiqué ici ; cela tient à ce que les extrémilés des aimants et des bobines ne sont pas des points mathématiques, et possèdent même des dimensions transversales relativement considérables. Nous reviendrons ci-après sur cette question.
«Remarquons immédiatement, quoique ceci soit étranger à l'appareil de Pixii, que, si on faisait agir sur un deuxième circuit le courant engendré, on obtiendrait un induit, iequel serait un induit du second ordra par rapport à l'induction magnétique, et dont la distribution serait celle indiquée par la figure 64.
« Nous feronsremarquer si la courbe supérieure estune représentation idéale de l'intensité du courant induit par les variations de distance des bobines et des aimants, et telle qu’on l’obtiendrait, en ne tecant compte que de l'influence de cette circonstance ; cette courbe offre une forme parfaitement symétrique.
Mais ce courant variable pouvant induire un second circuit induira le sien propre, de telle sorte qu’on aurait trèsapproximalivement Ja vraie courbe des inten- Fig, 6%, — Théorie de la pile (‘) sités du courant des bobines en ajoutant algébriquement les ordonnées dela courbe supérieure et celles de la seconde réduites dans un certain rapport. Le résultat final
serait de détruire la symétrie et de déplacer les minima, comme s’il y avait un relard (1),
C. Apparel de Saxton. — « On reconnut bien vite qu’il n'était pas ulile, et qu'il était peut-être même nuisible, de rendre l’électro:
(1) F. P, Leroux, oc. cit, p. 27.
(*) Dans le tracé supérieur, courant induit dans)les bobines d'un appareil de Pixii. — Dans lé tracé inférieur, induit auquel le précédent donnerait lieu dans un deuxième circuit.
aimant aussi massif que le faisait Pixii, tandis qu’il fallait augmenter, le plus possible, la puissance de l’aimant permanent. Il devenait alors plus commode de laisser le second fixe et de rendre le premier mobile. C’est ce que fit Saxton, qui rendit l'appareil de Pix plus près d’être portatif, en plaçant l’aimant horizontal (voy. fig. 65), le laissant fixe et faisant mouvoir l’électro-aimant ou bobine induite autour d’un axe parallèle au plan de l’aimant.
« C’est encore le principe de Pixii que nous retrouverons dans l'appareil suivant, qui, tout en offrant une disposition moins heureuse au point de vue théorique, n’en a pas moins commencé le succès des appareils d’induction dans les applications médicales (1). »
La manivelle fait, dans cet appareil, tourner autour de son axe l’armature de fer doux qui porte les bobines.
D. Appareil de Clarke. — «11 y avait un moyen de rendre l'appareil encore moins encombrant, sans lui faire perdre notablement de sa puissance : c'était de placer l’aimant A vertical et de faire mouvoir l’électroaimant autour d’un axe horizontal XX’ (fig. 66), de façon que ses extrémités effectuassent leur révolution dans un plan parallèle aux branches de Paimant permanent.
Fe. 63. — Appareil de Saxton.
« Telle est la disposition réalisée par
Clarke el représentée dans la figure 67.
Fia. 66. — Appareil de Clarke. L’aimant permanent est en A; l'axe au-
tour duquel se meut l'électro-aimant est
représenté en H. Cet axe porte un pignon sur lequel passe une chaîne
à Ja Vaucanson, entraînée par ure grande roue E, que l'on met en mouvement au moyen d'une manivelle.
« L’électro-aimant n’est plus, comme dans lappareil de Pixii, un même morceau de fer doux recourbé en fer à cheval: ce sont deux bobines distinctes G et F, dont les noyaux de fer doux sont réunis, d’un côté, par une traverse de même matière, et de l’autre par une seconde
(1) F. P. Leroux, loc. cif., p. 28.
traverse d’une matière non magnétique. Cette disposition est équivalente à celle d’un électro-aimant formé d'une seule masse, mais elle est plus facile à réaliser et moins encombrante. ‘
« L'analyse des courants produits par ce dernier appareil est la même que pour l'appareil de Pixii ; les courants changent de sens à chaque demi-révolution des bobines. Quand on veut avoir un courant qui soit toujours de même sens, il faut interposer entre la bobine et le lieu où l’on veut utiliser l'électricité un appareil auquel on donne le nom de redresseur des courants, et aussi de commutateur.
« Voici la description de cette pièce dans l’appareil de Clarke : un manchon H formé d'une matière isolante est monté sur l’une des extrémités de l’axe autour duquel sont entraînées les bobines ; deux demi cylindres métalliques, laissant entre eux deux légers Fi. 67. — Appareil de Clarke.
intervalles diamétralement opposés, sont appliqués sur Ce manchon. Chacun d'eux commu-
nique d’une manière permanente avec une des extrémités du fil des bobines ; deux ressorts sont constamment appliqués sur ces demi-Cvlindres. Par la rotation du système, chacun d’eux vient successivement se mettre en contact avec chacun des deux ressorts.
« Quand on veut manifester des effets physiologiques, on peut recueillir les courants sans les redresser, mais Îles effets sont encore peu énergiques. On augmente l'énergie de la secousse en mettant à profit l'intensité d'en extra-courant finissant que l’on fail naître par l’artilice que voici.
« Les plaques métalliques metn communiquant, je suppose, avec les conducteurs BetS que l’on voit représentés dans la figure 67, et le circuit étant fermé par une portion quelconque du corps humain, si on vient à faire communiquer entre eux par un arc métallique les deux demicylindres, le circuit se fermera de préférence par ce chemin dont la résistance est extrémement plus faible que celle d'une partie quelconque de notre corps, et celui-ci ne recevra presque rien ; de plus, le courant dans les bobines aura l'intensité maximum qu'il puisse acquérir
pour la vitesse donnée de la machine, puisque la résistance extérieure sera à peu près nulle. Si on vient alors à interrompre la communication métallique entre les deux demi-cylindres, l'intensité du courant sera réduite presque à zéro en raison de la grande résistance du trajet offert par le corps humain, et il s’induira dans la bobine un courant de rupture dont l'intensité, comme on le sait, est très-grande, parce que sa force électro-motrice est considérable; il emprunte d’ailleurs à sa faible durée une qualité physiologique nouvelle.
« Cet extra-courant sera d’autant plus fort que le courant dont la rupture sert à l’engendrer sera lui-même plus puissant ; c’est donc vers l'instant de la coïncidence des pôles et des bobines que cette interruption devra se produire (1).
PUR nn
Fi@. 68. — Appareil de Page.
E Appareil de Page. — « Quand on approche ou qu'on éloigne un contact de fer doux des extrémités polaires d’un aimant permanent, on détermine dans ses branches des varialions de magnéusme : on peut s'en servir pour induire un circuit, c’est ce qu'a fait le physicien américain qui a donné son nom à l’appareil que nous allons décrire.
« À cet effet, il a entouré de bobines d’an fil long et fin les extrémités des braiches d’un aimant permanent ; au moyen d’une vis de rappel mue par une manivelle D (Âg. 68), on peut avancer cet aimant plus ou moins près d’un contact de fer doux EF monté perpendiculairement sur le même axe qu'un pignon auquel une roue dentée ccmmunique un mouvement assez rapide. C’est un moyen de graduer l'intensité des courants produits. Ceux-ci se recueillent comme dans la machine de Clarke, par
(1) F. P. Leroux, p. 30.
un commutateur monté sur le même axe que le contact; on lui adjoint un interrupteur K du même genre que celui qui vient d'être décrit et qui est disposé pour la production d’un extra-courant destiné aux actions physiologiques.
« Dans l'appareil représenté figure 68, la position de ce commutateur peut se régler, relativement à celle du contact, de manière à permettre d'obtenir le maximum d’effet, et à étudier quelques circonstances de la production des courants induits.
«Il faut remarquer que dans l’appareil de Page, pour une révolution
pp
— LL LL LA LLLILL CL ILO LLLIL LL Ce
F16. 69. — Appareil de Breton frères,
complète du contact, on à quatre courants induits changeant alternativement de sens, tandis que dans les appareils précédents qui se rapportent au type Pixii, il n’y en avait que deux. »
F. Apparel de Dujardin. — « Construit sur les mêmes principes que le précédent, »
G. Appareil de MM. Breton frères. — « Son principe est aussi le même que celui de l’appareil de Page, mais ce fut l’un des premiers appareils facilement transportables qui aient été mis au service de la pratique médicale (fig. 69).
« Les moyens de graduation sont les mêmes que dans l'appareil de Page.
« MM. Breton, à l’exemple de M. Duchenne, enroulent deux hélices autour des branches de l’aimant permanent (1); la plus extérieure est formée d’un fil plus fin et plus long que la première, et on peut, à volonté, utiliser les courants induits qui se développent dans l’une ou l’autre de ces deux hélices, et dans les effets
(1) F. P. Leroux, loc. cit, p, 81,
desquels on peut constater certaines différences. Nous examinerons de plus près celte question à propos de l’appareil de M. Duchenne ({). »
H. Appareil de M. Gaïffe. — «C’est à la fois une machine de Saxton et de Page; ou encore si l’on veut, un appareil de Page dans lequel on a remplacé le contact par l’électro-aimant de Clarke (Ag. 70).
«Le principal mérite du constructeur de cet appareil a été de comprendre que les aimants ayant une force relative d'autant plus grande que leur poids était moindre, tandis que les forces inducirices croissent
SSSR
RM MW MU TRE
Fic, 70, — Appareil de Gaiffe.
rapidement à mesure que les distances diminuent, il y avait tout avantage à diminuer les dimensions des appareils quand on recherche plutôt la tension que la quantité.
«Ainsi l’aimant de l'appareil représenté ci-contre ne pèse que 1/2 kilogramme, et porte environ à kilegrammes. Les hélices de l’armature sont formées d’un fil de + de millimètre de diamètre, et d'une longueur de 170 mètres environ, celles de l’aimant sont formées par 280 mètres du même fil.
«M. Gaiffe estime que les hélices de l’armature fournissent environ Îles deux tiers de l’effet et celles de l’aimant un tiers seulement.
«Les courants de l’armature changent deux fois de sens pendant une révolution de l’axe qui la porte, tandis que ceux des bobines enrou- Jés sur l’aimant en changent quatre fois, les maxima des deux pre-
(1) Cette disposition de l'appareil magnéto-électrique de MM. Breton est assez récente. Leur appareil primitif ne possède qu’une hélice ; il est plus petit et plus faible que le dernier. C’est celui qui est encore le plus répandu dans les hôpitaux
de Paris, bien que l’autre Soit bien préférable en raison de son dernier perfection- LE ) nement (note de M. D. de B.).
miers peuvent d’ailleurs être considérés comme concordant avec deux des seconds ; et on fait en sorte, par une disposition des fils, que les sens des courants concordent. Comme les courants changent de sens dans les bobines de l’aimant avant de changer dans celles de l’armature leurs effets vont s’entre-détruire en partie à un certain moment, à moins d’un commutateur chargé de les redresser isolément en temps utile, mais ce serait introduire une complication extrême et complétement inutile, car les courants produits sont utilisés par un interrupteur du genre de celui que nous avons décrit à propos de la machine de Clarke.
« Cet interrupteur ne fonctionue qu’au moment du maximum des courants de l’armature, parce que c'est à ce moment qu'on à établi Ja superposition additive des deux courants.
« L'appareil possède d’ailleurs un redresseur du courant analogue à celui de Clarke, mais qui n'a d’auire usage que donner la même direction aux deux décharges qui s’opèrent à chaque tour :
celte direction est indiquée par des signes placés sur les bornes qui servent d’attacheaux conducteurs; c'est d’ailleurs un soin qu'on ne saurait trop recommander aux constructeurs, car il peut se faire que le sens des décharges ne soit pas indifférent, et on doit prendre à tâche de fournir aux praticiens toutes les facilités possibles pour tenir compte de cette distinction (1).