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Fig, 76, — Appareil de M. Morin.
plétement la première ou s’en éloigner à une assez grande distance; elle est le siége de l'induit.
« La bobine inductrice renferme des fils de fer doux dont on peut - faire varier le nombre pour graduer encore d’une autre manière les effets.
« Cet appareil est très-simple et très-bien conçu au point de vue de l’expérimentation en ce qui regarde la graduation des courants induits (2). »
e. Appareil de M. Morin. — « Cet appareil a été l’un des premiers qui aient réalisé les conditions de commodité exigées par la pratique civile de l’électro-thérapie, et parmi les plus utiles des dispositions dues à M. Morin il faut compter la solidarité de la pile et de l'appareil d'inductien, La difficulté était d'autant plus grande, que ce constructeur s'était imposé la condition d'employer le couple de Bunsen, légèrement modifié il est vrai.
« La figure 76 donne la vue d'ensemble de l'appareil de M. Morin. Dans le coin de droite se trouve la pile, à côté les accessoires ; A est une planchette sur laquelle est fixé l'appareil d'induction proprement dit ; on voit en A’ ce système à découvert.
(1) F. P. Le Roux, loc. cit., p. 53.
Les appareils primitifs de M. Duchenne (de Boulogne), présentés par lui en 1848 à l’Académie des sciences, offraient la disposition en chariot des hélices, le gros fil était fixe interne, et graduaient de la même manière par l'influence mutuelle des hélices dont l’externe était mobile. Cette mê ne disposition à été imitéc par M. Du Bois-Reymond. Je dirai, dans le paragraphe suivant, pourquoi j'ai abaadonné cette disposition (note de l’auteur).
CNP PT Le ROUX, 706, Cil., D, 54.
DUCHENNE. — 3° édition. 19
« La figure 77 montre le système de la bobine en coupe. D est un tube de fer-blanc qu’on peul mettre ou retirer à volonté ainsi que diverses tiges de fil de fer; G est une chemise mobile de cuivre qui sert de graduateur; vient ensuite le fl fin ou fil induit; le fil gros ou fil inducteur est placé extérieurement. En e est une petite masse de fer taraudée dans le bois de la bobine : elle s’aimante sous l'influence du courant et attire le contact d; celui-ci est formé par une lame de fer doux articulée à l’extrémité d'une autre lame du mème métal a placée latéralement à la bobine de manière à s’aimanter sous l'influence du courant inducteur et accroîi-
: | tre ainsi l'attraction. Il | 7 MMM! n'y a pas de ressort anmi FT | a TaP OISE SN COS SAT santeur qui en remplit l'office. Le contact d porte une pelite lame de platine qui vient frapper sur une pointe de même métal dont ia distance se règle au moyen de la tige terminée par le bouton À. Le même bouton, après qu’on lui à fait faire un certain nombre de (ours, sert à produire des interruptions espacées au gré de l'opérateur.
«€ En L est un levier mohile et flexible qui sert à établir la communication de la bobine avec la pile : à cet effet il vient porter sur une tige de platine I fixée dans le charbon de celle-ci.
«La pile (/ig. 78) se compose d’une enveloppe de cuivre A doublée d’un inc épais E, puis d’un vase poreux C dans lequel se trouve un charbon de cornues H. On met de l’acide azotique ou du bichromate de potasse en dedans du vase poreux et de l’eau pure en dehors. Un couvercle de gutta-percha B ferme à peu près hermttiquement tout cesystème.
« Cette pile offre les inconvénients inhérents à l'emploi de l'acide ni- (rique, mais elle a l'avantage de donner une quantité notable d'électricité, de pouvoir être montée à l’avance, rester plusieurs heures en action et enfin être démontée à loisir, tandis que les petites piles à bisulfate de mercure doivent êlre préparées au chevet du malade.
« L'appareil de M. Morin peut être regardé comme disposé de manière à donner des courants où la quantité est un des éléments de la question,
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F1G. 77, — Appareil Legendre et Morin.
tandis que dans les petits appareils portatifs c’est surtout vers la tension que se portent les efforts des constructeurs, dans le but d'atteindre la limite moyenne d’effel fixée par la sensibilité de nos organes ; son auteur s'est efforcé, suivant son expression, de construire non pas seulement ur appareil à secousses, | mais un instrument vraiment physiologique. © rem) mn À « Cet appareil donne l’extra-courant, le cou- GE re M rant induit et la somme des deux : M. Morin paraît avoir été le premier à employer cette combinaison (1).»
{. Appareils de M. Gaiffe. — « Cet ingénieux constructeur fabrique depuis longtemps déjà un petit appareil très-portalif représenté au quart de la grandeur naturelle par la figure 79.
La pile et la bobine d’induction occupent deux compartiments séparés, s’ouvrant indépendanment l’un de l’autre. La pile se compose de deux éléments zine el bisulfate de mercure renfermés dans un bac en caoutchouc durci dans le fond duquel sont incrustées deux plaques de charbon de cornues, Des fils de platine destinés |), | SH LC n à établir la communication sont noyés dans la |
“1: - Fig. 18. — Appareil de Legendre masse et font saillie au dehors; les deux zincs Moine
se posent à plat sur des repos ménagés à cet
effet, et il n’ya pas à se préoccuper autrement de l'établissement des communications ; rien de plus commode que la manœuvre de cette pile.
« L'appareil donne l’extra-courant, le courant iaduit et si l’on veut la somme des deux ; les communications sont d’aulant plus faciles à élablir convenablement que M. Gaiffe a l’utile précaution de marquer de signes
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2 LGucuEr,
Fic, 79. — Appareil de Gaiffe.
indiquant le sens du courant les trous où s’enfoncent les extrémités des rhéophores.
PP. Leroux, 7où cit. p. 5%:
L, petit bac de caoutchouc durci contenant les deux éléments de la pile.— K, tube contenant une provision de bisulfate de mercure. — M, bobine d’induction. — R, bouton du tube graduateur. — 0, Q, pièces du trembleur. — ?, bouton sur lequel on appuie pour produire les interruptions isolées. — N, cylindres manipules, — T, excitateurs divers. — « Nouveau modèle. — Pile au chlorure d'argent. — M. Gaiffe vient de disposer un nouveau modèle dont les praticiens ne manqueront pas d'apprécier l’heureuse combinaison. Il s’est inspiré de l'exemple de M. Trouvé
Fig. 80. — Partie de la pile Fig. 84. — Vue intérieure de la pile au au chlorure d'argent. chlorure d'argent.
dont nous décrirons ci-après la pile hermétiquement fermée, mais il a su utiliser les qualités précieuses de la pile au chlorure d’argent fondu (1) sur laquelle M. Warren de la Rue a récemment appelé l’attention. Chacun des deux éléments de pile renfermés dans l'appareil de M. Gaiffe se compose (/ig. 80 et 81) d’une laïne de zinc Z et d’une lame d'argent Y sur laquelle se trouve fondue une cerlaine quantité de chlorure d’argent ; elle est enveloppée d’une étoffe mince destinée à empêcher l'argent réduit de se précipiter au fond du vase. Le tout est contenu dans une sorte d’étui en caoutchouc durci fermé par un bouchon à vis et rempli d’eau contenant, 5 pour 109 environ de sel marin. Des crampons en argent fin V, V' auxquels s’accrochent les lames Z et Y portent le courant au dehors. JK est un lien en caoutchouc qui rappelle celles-ci l’une contre
(1) L'élément eau salée, chlorure d'argent et fer ou zinc a été utilisé il y a près de trente ans par M. Becquerel dans ses recherches sur le traitement électro-chimique des minerais d’argent. (Voir Becquerel et Edm. Becquerel. Traité d'électricité, tome 11, Paris, 1855.) — M. Marié-Davy a construit une pile zinc, eau pure et chlorure d’argent fondu. (Comptes rendus de l'Académie des sciences, tome XLIX, 1859.) — M. Edin. Becquerel (Mémoire sur la pile voltaïique in Annales du Conservatoire des arts et méliers, t. 1eï, page 295, 1861) a déterminé la force électro-motrice d’un couple dans lequel la dépolarisation de l’électrode négative était obtenue par le chlorure d'argent précipité placé dans un diaphragme de pile; ill’a trouvée un peu inférieure à celle du couple à sulfate de cuivre, c’est-à-dire très-peu plus grande que la moitié de celle du couple à acide azotique.
l’autre, landis que deux coussins !, l'en caoutchouc les maintiennent à une distance constante.
« La quantité de chlorure d’argent est telle que cette pile peut fonctionner d’une manière continue, pendant dix heures avec une intensité constante, le circuit étant fermé par la bobine d'induction.
Fig, 82. — Pile au chlorure d'argent.
« Lorsque l'élément est épuisé, il suffit de dévisser le couvercle et d’accrocher une nouvelle lame Y de chlorure d'argent, dont on peut se munir à l'avance, L’argent réduit étant recueilli intégralement, la dépense se réduit en définitive à la manipulation de sa transformation en chlorure.
« Celte pile offre l’avantage inappréciable de pouvoir rester montée et en place dans l'appareil, pendant un temps quelconque sans s’allérer, les actions chimiques qui déterminent la réduction du chlorure d'argent ne s'opérant que lorsque le circuit est fermé.
« D’après les évaluations que nous avons relatées dans la note ci-dessus, on voit que les deux éléments du chlorure d'argent qu'emploie M. Gailfe équivalent, au point de vue de la force tlectro-motrice, un élément de Bunsen.
« Enfin c’est une ressource précieuse au point de vue de la graduation
des effets que de pouvoir employer à volonté un ou deux éléments, car ils sont indépendants l’un de l'autre. La figure 82 montre l’ensemble de l’appareil; il est tout entier contenu | dans la boîte ABCD qu’une traverse saillante partage en deux parties : le premier compartiment renferme deux des éléments qui viennent d’être décrits L, L’ serrés entre les parois de la boîte par des ressorts qui servent à établir les commupications. Le second compartiment renferme la bobine M et les accessoires. A un bout de la bobine, se (rouve le bouton R du tube graduateur, à l’autre le trembleur auquel M. Gaiffe a apporté une heureuse modification. Au lieu de faire le réglage par une vis, qui maniée par des mains inexpérimentées venait souvent forcer le ressort, on le réalise par l'intermédiaire d’un levier coudé P pouvant s’abaisser jusqu’en P'; dans cette dernière posilion, il sert de pédale pour la production des interruptions espacées, lorsqu'on vient avec le doigt à le faire porter momentanément sur la petite vis O (1).»
g. Trousse électrique de M. Trouvé. — «Les petites bobines d’induction construites par cet habile mécanicien sont de petits chefsd'œuvre d’ingéniosité et de précision. L’une de ces bobines est représentée en B dans la figure 83, en dem:-grandeur, »
« Nous avons décrit plus haut l'interrupteur employé par M. Trouvé.
« Sa bobine se compose d’un fer doux formé par une feuille de tôle excessivement mince roulée en hélice, et entourée d’un tube de cuivre graduateur dont on voit la tête en O; lefil inducteur et le fil induit sont bout à boul; le premier forme 6 couches, le second 18.
« En Jet J'se placentles boutons des réophores. — « En l'et J’ on obtient l’extra-courant de deux couches, — « En l’et I l’extra-courant complet. — « Enl et J le conduit induit seul. — « En | et J l’ensemble des deux courants.
« Les interruptions isolées se font en interrompant à la main le contact entre la pile et un petit bouton que porte la bobine dans ce but.
Fic. 83.-— Trousse électrique de M. Trouvé.
({) FHP 4 Leroux; oc étt}Np}59.
« La pile est en A, c’est un étui de caoutchouc durci fermé par un couvercle à vis qui porte un cylindre de zinc un peu plus court que la moitié de la longueur de l’étui. Celui-ci est rempli jusqu’à la moitié d’eau, on charge avec 3 ou 4 grammes de bisulfate de mercure. En raison de cette disposition la pile ne fonctionne que lorsqu'on la renverse de façon que le couvercle soit en bas. Ainsi chargée elle peut fonctionner pendant près d’une heure et demie.
« Les effets de ce petit appareil sont relativement remarquables, ils s'expliquent d’ailleurs par les soins apportés à sa construction, l’isolement parfait de toutes ses parties et une parfaite entente des conditions les plus favorables au développement des effets que l’on se propose de produire dans ces appareils.
« Pour être juste, il faut rappeler que M. Gaiffe a depuis longtemps ouvert la voie de la construction des petites bobines d’indaction, mais M. Trouvé paraît avoir atteint les dernières limites du possible en ce genre (1). »
S IX. — Examen critique.
La revue des principaux appareils électro-médicaux exposée suivant un ordre chronologique, dans le paragraphe précédent, et qui a été extraite, en grande partie, de l'excellent mémoire de M. Le Roux à mis suffisamment en relief leurs perfectionnements successifs, surtout au point de vue physique et de leur fabrication. Mais répondent-ils aux exigences de la faradisation localisée appliquée : soit à l’expérimentation électro-musculaire (qui, dans mes recherches, ontjeté un graod joursur la physiologie dela locomotion), soit à l’exploration électro-musculaire (qui souvent décide du diagnostic de beaucoup d'affections musculaires), soit au traitement des troubles de l’innervation centrale ou périphérique, ou de la sensibilité, ou de la motilité ou enfin de la nutrition. Pour juger une pareille question, il faut posséder, à fond, certaines notions anatomiques et physiologiques, et avoir acquis, au lit des malades, une expérience suffisante.
Sur ce point, le physicien queje viens de citer (M. Le Roux) a sagement gardé le silence, se déclarant ainsi implicitement incompétent dans une question toute physiologique, toute médicale.
Afin de rechercher si tous les appareils d’induction jouissent de l’ensemble des propriétés qui les rendent applicables aux études électro-physiologiques et cliniques que j'ai exposées, el à certaines indications thérapeutiques, j'aurai à examiner s'ils ont été
(1) F.. P. Leroux, .p. 63,
construits dans les conditions physiques et mécaniques nécessaires à l’obtention de ces propriétés, c'est-à-dire s'ils possèdent : 4° la double induction, 2° une graduation exacte, 3° des intermittences lentes ou rapides à volonté, 4° une force suffisante. Les considérations dans lesquelles je suis entré déjà sur l’utilité de ces conditions, que doivent présenter les appareils électro-médicaux, me dispenserout d’entrer dans de nouveaux développements, Il me suffira de résumer les faits principaux sur lesquels j’appuierai mon examen critique.