CHAI'. I. — PA UALYS1ES C0NSÉC. AUX LÉS. DES NEUFS MIXTES
et, cependant, ils différaient essentiellement entre eux par leur cause cl par leur nature, comme on le verra plus loin.
Les malades, sur lesquels j'ai observe ces laits, étaient entrés, l'un à l'hôpital de la Clinique, dans le service de M. Nélalon(son histoire a été rappelée sommairement (obs. XXIll), l'autre à la Charité, dans le service de M. Bouilluud. Chez ces deux malades, la plupart des muscles qui meuvent l'épaule sur le tronc et le bras sur l'épaule avaient été frappés subitement de paralysie. Cette paralysie locale dont les muscles homologues du môme côté avaient été atteints, par une coïncidence singulière, pouvait être attribuée, dans l'un et l'autre cas, a une même cause, à une hémorrhagie cérébrale, parce qu'elle avait débuté d'une manière subite. Mais l'exploration de la conlractilité électrique des muscles paralysés montra bientôt qu'un tel diagnostic eût élé erroné. En effet, l'un (le malade de la Clinique) avait perdu, à des degrés divers, la contraclililé électrique de la plupart des muscles paralysés, l'autre (le malade de la Chanté) avait au contraire conservé intacte celte propriété musculaire; la paralysie, chez le premier, ne pouvait être rapportée qu'à une lésion de certains nerfs des plexus cervical et brachial, tandis que, chez le second, elle devait être le produit d'une lésion de la substance cérébrale. Telle fut du moins la déduction que je tirai de la connaissance de ces phénomènes électro-pathologiques. Ce diagnostic basé sur l'état de la contractilité électro-musculaire était d'une grande exaclitude, comme le prouve l'histoire de ces deux malades.
Ainsi, il est dit, dans l'observation XXIII : 1° qu'il existait, du côté paralysé, au niveau des plexus cervical et brachial, un point douloureux qui plus tard augmenta et s'irradia dans l'avant-bras; 2° que les muscles paralvsés s'atrophièrent rapidement et profondément comme je l'avais, du reste, annoncé immédiatement après l'examen par la faradisation musculaire; 3° que le malade présentant à la surface du corps des traces d'accidents syphilitiques tertiaires, une exoslose pouvait bien avoir comprimé certains nerfs du plexus et produit conséquemment la paralysie; 4° enfin, que celle paralysie a été guérie sous l'influence d'un traitement spécifique (du prolo-iodure de mercure). L'ensemble de ces phénomènes démontre donc l'exactitude du diagnostic porté dans l'observation XXIll. - Le diagnostic différentiel de la paralysie du malade de la Charité ne fut pas moins exact. En effet il avait élé frappé, un an auparavant, d'une hémiplégie cérébrale légère (hémorrhagie moyenne), dont il avait été guéri presque complètement par la faradisation localisée, appliquée, sept mois après le début; et il esl évident que la dernière paralysie, dont il avait été alleinl, était aussi de même nature. 11 fut soumis à mon observation, pendant cinq mois, après lesquels les muscles ne parurent pas avoir soul-