PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES
g III. — Pronostic des paralysies traumatiques des nerfs mixtes tiré de l'état de la contractilité et de la sensibilité électromusculaires.
I. Si le diagnostic différentiel de ces paralysies est en général facile, il n'en est plus de môme dès qu'il s'agit de connaître exactement l'état de chacun des muscles qui sont sous la dépendance du nerf lésé. C'est ici que l'emploi de la faradisation localisée est absolument nécessaire. Pour s'en convaincre, il suffira de se rappeler les phénomènes électro-pathologiques si variés que j'ai exposés précédemment, dans la symptomatologie électro-musculaire. Faisant, un instant, l'application de la connaissance de ces phénomènes, si l'on suppose que plusieurs malades se présentent avec un membre entièrement paralysé, on apprend par l'histoire de la maladie que, chez tous, la paralysie a été consécutive à la lésion traumatique d'un nerf ou du plexus brachial, par exemple; les mouvements volontaires étant également abolis, on en déduit un diagnostic semblable pour tous. Eh bien ! si l'on fait contracter chacun des muscles paralysés, on trouvera des différences énormes entre ces malades : chez l'un, les muscles de l'épaule auront conservé leur contractilité électrique, laquelle sera, au contraire, complètement détruite dans les muscles du bras, de l'avanl-bras et de la main (obs. XVIIÏ) ; chez un autre (obs. XX), les muscles du bras et de la région antérieure de l'avant-bras et de la main sont les seuls qui jouissent encore de leur contractilité électrique normale; chez untroisième(obs. XIX), ce sont les muscles de l'épaule qui ont le plus souffert dans leur contractilité électrique; enfin, un dernier malade (obs. XVIII) a perdu complètement les mouvements du deltoïde, et tous les autres mouvements de son membre supérieur sont conservés, bien qu'il y accuse un peu de gône. Paralysie du nerf circonflexe : tel est le diagnostic rigoureusement porté dans ce dernier cas. On examine plus tard, par la faradisation, l'état individuel de chacun des muscles du membre, et l'on découvre que le tiers postérieur du deltoïde a été moins lésé, dans son irritabilité électrique, que les autres parties du môme muscle; que le long supinateur a perdu une grande partie de cette môme propriété. Ce malade fléchissait bien l'avant-bras sur le bras; mais on observa, à un examen plus attentif, qu'il contractait le biceps et le brachial antérieur, tandis que le long supinateur qui concourt à la flexion de l'avant-bras restait flasque et inactif. C'est donc la faradisation localisée qui, dans ce cas, a mis sur la voie de la paralysie du long supinateur, et a fait connaître le pronostic de celte paralysie.
En somme, lorsque l'on sait que les muscles ou les fonctions de