II. — HISTORIQUE
A. — Voici, dans un ordre chronologique, l'index bibliographique des principaux travaux qui ont été publiés sur celte maladie de l'enfance.
Underwood (Micliaël), Treatise on the Diseuses of Children. London, 1784. — Traduit en français par Kusèbe de Salle avec notes de Jadelot. Paris, 1823.
Sciiaw, Nature and treatment of the distorsions to wich the spine, and the bones of the Chest are subject, 1822.
Lojistein, Traité d'amt. pathol. Paris, 1829, t. II, p. ZGG, §§ 158 et 909.
Bouvier, Dict. de méd. et chirurg. prat. Paris, 1835, t. XIII, p. 7-1, art. Pied bot, et Pied bot ta/us [Bulletin de l'Acad. de méd. 1838, t. III, p. 231).
Badiiam, The London médical and surgicul Journal, 1835. [Gaz. de médecine de Paris, 1835, p. 235, et Heine, Icc. cit. p. 40).
Reine, Beobachtungen ueher Lahmungszustande der untern Extremitalen und deren Behandlung. Stuttgard, 1840, — Spinale Kinder lahmung. Stuttgart, 18G0.
Kennedy, Dublin médical Press, 29 septembre 1841. Dublin quarterly Journal, etc., février 1850 ; traduct. in Arch. méd de juillet 1850. Dublin quarterly Journal, etc., novembre 1861, traduct. in Union méd. du 24 juillet 1862.
West, On some forms of paralysis incident to infancy and childhood (the London médical Gazette, 1845, et Lectures on the Diseuses of infancy, 1848).
Richard (de Nancy), Bulletin de thérapeutique, février 1849, p. 120.
Broca, Bulletin de la Société anat. 1849-1850-1851.
Rilliet, Gazette médicale de Paris, 1851, p. 681. — Rilliet et Barthez, Traité
clinique et pratique des maladies des enfants. Paris, 1853, t. II, p. 336. Brumche, Journal fur Kinderkrankheiten, livraisons 5 et 6, 1851; traduct. Arch.
méd. 1861, t. XIII, 3e série; et octobre 1862. Bouchut, Traité des maladies des nouveau-nés, etc. 1853. — De la nature et
du traitement des para'ysies essentielles de P enfance [Union médicale, 18G7
Adams, Âsso iation méd. journal, avril 1855.
Duchenne (de Boulogne) , De la paralysie atrophique graisseuse de l'enfance [Gazette hebdomadaire, 1855). — Traité de Péleclrisation localisée, l'e et 2e édition.
Chassaignac, De la paralysie douloureuse des jeunes enfants (Arch. de méd 1856 Vil, p. 053).
Bierbaum, Ueber die Paralysie der Kinder (Journ. fur Kinderkrankheiten 1859 liv. 1. et II).
J. A. Charcot, Joifroy, Arch. de physiol. 1860, p. 134.
Brown-Séqcard, On reflex paraplegy ; — Lectures on the diagnosis and treatment of the principal forms of paralysis of the lower extremities, 1861, et traduct. par R. Gordon. Paris, 1861.
Cornil, Comptes rendus de la Société de Biologie, 18G3, p. 187. Prévost, Obsorv. recueillie dans le service de M. Yulpian (idem, 18GG, p. 215). Z. Johnson and Lockhart Clarke, On a remarkable case of extrême musculare qtrophij, etc. (Medico-Chirurg. Transact. T. LI, London, j 868).
B. — D'après cet index bibliographique, Underwood, célèbre médecin de Londres, serait le premier qui ait mentionné cette paralysie ; il paraît l'avoir cependant confondue avec d'autres espèces de paralysies ; on peut dire seulement qu'il l'a entrevue. C'est de 1822 à
384 QHÀP. II. — PAKALYSIE ATR0P1IIQUE DE L'ENFANCE.
1851 et surtout après les importantes recherches de Heine et de Rilliel, qu'elle a été rangée définitivement dans le cadre nosologique. Je n'ai pas l'intention d'entrer dans de longs détails sur l'historique de cette maladie ; je me bornerai à dire ici que, tout en reconnaissant que M. Heine a parfaitement étudié les périodes paralytique et alrophique, surtout au point de vue des difformités que l'on voit se développer à leur suite, et que Rilliet et Barthez en avaient jusqu'alors exposé la meilleure description, mais si l'on s'en tenait aux recherches de ces auteurs, le diagnostic et le pronostic de cette maladie de l'enfance resteraient dans une grande obscurité.
Ainsi, d'après Rilliet, qui a donné à celte maladie le nom de paralysie essentielle de l'enfance, tantôt elle guérit rapidement, tantôt elle dure longtemps, et laisse après elle des infirmités incurables, sans qu'il soit possible d'en prévoir la gravité pendant la période d'acuité. Puis admettons que, par hasard, on ait prévu la durée probable de la maladie, comment reconuaîlra-t-on que certains muscles passeront inévitablement par l'atrophie, pour arriver ensuite à des altérations de texture diverses? C'est ce que ces auteurs ne pouvaient résoudre.
Si, ensuite, on n'est appelé qu'à une période avancée de la maladie, comment la dislinguera-t-on d'une autre paralysie de l'enfance qui, lorsqu'elle a duré longtemps, se présente sous la même apparence, bien qu'elle laisse les muscles intacts? Comment saura-l-on que, parmi les muscles atrophiés, il en est dont les fibres ont entièrement disparu, tandis que d'autres conservent encore assez de fibres intactes pour former les éléments de faisceaux musculaires qui se développeront sous l'influence de certaines médications, par exemple de la faradisation localisée? Toutes ces questions n'avaient pas même été abordées, et elles ne pouvaient l'être, sans l'aide de l'exploration électro-musculaire. J'ai conscience de les avoir éclairées par les recherches que j'ai publiées en 1853. C'est encore ce qui ressortira des faits et des considérations que j'exposerai dans ce chapitre.
Deux monographies, publiées, sous forme de thèse pour le doctorat, l'une par M. Duchenne(de Boulogne) fils (1), l'autre par M. J.V. Laborde (2), méritent d'être signalées ici (3). Elles sont excellentes, surtout à deux points de vue différents : 1° en ce que celle de
(I) Duchenue(de Boulogne) fils, De la paralysie alrophique graisseuse de /V«-
^^Laborde, De la Paralysie essentielle de l'enfance, Thèse. Paris, W>4.
3Ï Ces deux monographies offrent, en outre, cet intérêt particul.er: de reposer, en général, sur les mômes faits pris dans ma clinique civile. Voici 1 explication et Ta preuve de cette assertion : la plupart des enfants atteints de paralysie ou de pieds bots qui étaient conduits à la consultation de 1 hôpital Necker, étaient