‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 155 sur 543 · ART. I. — PARALYSIE SPINALE AIGUË DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

ART. I. — PARALYSIE SPINALE AIGUË DE LA MOELLE

de mon emporte-pièce histologique, m'a démontré qu'il était en voie de dégénération.

Dans cet ensemble de phénomènes morbides (paralysie subite généralisée, se localisant, plusieurs mois après, dans un certain nombre de muscles qui s'atrophient à des degrés divers, et cela sans troubles de la sensibilité, ni des fonctions de la vessie ou du rectum), qui ne reconnaîtra la symptomalologie de la paralysie atrophi-

que de l'enfance ?

Au moment où je rédige cette observation, je viens de recueillir deux nouveaux cas qui suffiraient pour démontrer l'existence réelle de celte espèce de paralysie se déclarant spontanément chez l'adulte. Voici, aussi sommairement que possible, la relation de l'un d'eux, le second sera exposé à l'occasion du pronostic (voy. obs. LXXV).

Obsebvation LXX. — Le 21 mars 1870, j'ai été appelé par mon confrère, M. Martin, en consultation auprès de M. X.,âgé de 42 ans environ, demeurant à Passy, et dont voici l'histoire : d'une forte constitution, et habituellement bien portant, n'ayant jamais fait de maladie grave, mais ayant contracté depuis une vingtaine d'années l'habitude, de prendre chaque jour un verre d'absinthe et de fumer, du malin au soir, un tabac contenant une grande quantité de nicotine (le tabac de caporal) ; tels sont les seuls antécédents qui méritent d'être notés, comme ayant pu le prédisposer à l'affection nerveuse dont il est atteint. — En 1848, soulevant de terre un lourd fardeau avec de grands efforts, il sentit, dit-il, un craquement dans les reins, suivi de douleurs très-vives, s'irradiant dans les membres; en même temps, engourdissement des jambes et des pieds, fourmillements dans les orteils, puis aflaiblissement des membres inférieurs qui alla croissant, et se termina, en peu de temps, par une paralysie complète. — La paraplégie a guéri progressivement en deux mois environ ; mais l'agilité des membres inférieurs n'est jamais entièrement revenue; sa santé s'est conservée parfaite, jusqu'en juillet 1869 , époque à laquelle, sans cause appréciable, il éprouva tout à coup, dans la journée, un sentiment de lassitude, bientôt suivi de courbature générale qui le força à se mettre au lit. — Alors survint une fièvre qui dura plusieurs jours et fut accompagnée de douleurs dans les membres; peu de temps après s'être couché, il eut une peine extrême à se mouvoir et, le lendemain malin, il se trouva presque entièrement paralysé ; en outre, il ne put faire le moindre mouvement dans son lit. — Celte paralysie motrice généralisée dura complète jusqu'au mois de décembre, et alors quelques mouvements apparurent dans les membres supérieurs, d'abord, dans les fléchisseurs de l'avant-bras sur le bras, puis dans les fléchisseurs de la main, ensuite dans les élévateurs du bras sur l'épaule, commençant d'un côté, et ne se montrant que huit à quinze jours après, du côté opposé; ces mouvements, faibles d'abord, augmentèrent peu à peu, tandis que les extenseurs du poignet et des doigts et les muscles de l'éminence

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