‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 187 sur 543 · ART. T> — SYMPTOMATOLOGIE DE L'ATR. MUSC. DE L'ADULTE · texte numérisé non relu

ART. T> — SYMPTOMATOLOGIE DE L'ATR. MUSC. DE L'ADULTE

tanément ; mais dès qu'an muscle ou un ordre de muscles est affecté, leurs muscles homologues sont, en général, atteints dans un temps assez rapproché et avant que la maladie s'étende à d'autres régions. C'est ainsi que j'ai observé un certain nombre de cas dans lesquels les deux mains avaient été successivement privées des mêmes muscles moteurs. Il en a été de môme pour les deltoïdes, les grands dentelés, etc.

Tel est le siège périphérique, ou plutôt le mode de développement habituel de l'atrophie musculaire progressive, dans sa marche envahissante.

Cependant il faut savoir qu'elle peut se comporter différemment, En voici un exemple.

Observation LXXIX. — J'ai soigné avec le professeur Trousseau un malade de Barcelone, âgé dé trente-deux ans, chez lequel, en deux années, l'atrophie s'est généralisée. Voici dans quel ordre les muscles ont été successivement atteints. Les muscles moteurs de la main droite se sont atrophiés les premiers, et après eux, à gauche, les muscles fléchisseurs du pied sur la jambe; la main gauche s'est ensuite atrophiée, et après elle les muscles fléchisseurs du pied droit et les fléchisseurs des cuisses sur le bassin. Puis, l'atrophie a atteint, à des degrés divers et dans l'ordre suivant, le biceps, les deltoïdes, les muscles du tronc, les muscles du cou et de la face. Au moment où je lui donnais des soins, le diaphragme, la langue et les muscles qui président à la déglutition étaient assez gravement affectés, pour mettre en danger la vie du malade, qui était menacé de mourir de faim ou asphyxié. (La faradisation, dirigée principalement sur ces derniers muscles, avait amélioré les fonctions auxquelles ils président. Les figures 129 et 130 représentaient l'état actuel de ses mains et de ses avant-bras; elles ont été dessinées d'après la photographie que j'en avaie prise.)

B. Début par les muscles du tronc. — L'atrophie musculaire ne débute pas toujours parles membres supérieurs.

Il n'est pas rare qu'elle atteigne primitivement les muscles du tronc, j'en possède une douzaine d'exemples.

Une fois, je l'ai vue se localiser primitivement dans les muscles sacro-spinaux qui s'étaient atrophiés progressivement, chez un facteur au marché à la volaille, dès qu'il avait commencé à porter sur la tête de grands paniers plats (évenlaires), chargés de nombreuses volailles, au lieu de les porter comme auparavant sur le dos. Son observation a été rapportée dans les deux éditions précédentes (1). La figure 133, dessinée d'après la photographie que j'en ai tirée, représente l'attitude qu'il était forcé de prendre pendant la station debout, consécutivement à l'atrophie de ses sacro-spinaux.

(1) Duchenne (de Boulogne), Êlectrisaiion localisée, obs. CLXXXIX, p. 824, 1855 et obs. C, p. 455, 1861.

500 CllAI'. V. — ATROrilIE MUSCULAIRE PROGRESSIVE.

Chez un malade nommé Bonnard, l'atrophie avait détruit presque tonte l'écorce musculaire du tronc : principalement les pectoraux, ies trapèzes, les grands dorsaux (voy. les fig. \ 18 eH19) avant de gagner quelques muscles du membre supérieur droit ; le Ion»

Fig. 118 et 119. — Représentant un même sujet, vu de face et de dos, dont les muscles pectoraux, trapèzes, excepté leur portion claviculaire, grands dorsaux, biceps et brachial antérieur gauches, longs supinateurs, ont presque entièrement disparu. On remarque dans la figure 118 que la face antérieure de la poitrine est décharnée et creusée par l'alrophie des pectoraux; que le biceps gauche est réduit à un très-petit volume, et que les avant-bras sont devenus fusiformes par le fait de l'atrophie des longs supinateurs. La figure 119 montre, chez le même sujet, l'attitude vicieuse des scapulums, pendant le repos musculaire, consécutivement à l'atrophie des trapèzes, les angulaires de l'omoplate étant encore intacts. Les angles inférieurs B, B, sont plus rapprochés de la ligne médiane, taudis que les angles internes A, A, en sont plus éloignés; le bord spinal de cet os a une direction oblique de bas en haut et de dedans en dehors; les moignons des épaules sont plus abaissés, et le cou est allongé (I).

supinateur et une grande partie du biceps brachial. (On verra, par la suite, qu'après avoir restauré par la faradisation les fléchisseurs de l'avanl-bras, j'ai été assez heureux pour arrêter, pendant six ans, la marche de la maladie qui avait laissé intacts les muscles moteurs des mains.)

(1) Voir, pour le mécnnismo do cette attitude vicieuse des omoplales, Duclicnnc (de Boulogne), Vhjsiologie des mouvements, p. 2.

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