ART. I. — SVMPTOMAÏOLOGIE DE L'ATR. MUSC. DE L'ADULTE
En mai 1859, j'ai observé un manœuvre (Thaïs, quarante-six ans, malade depuis deux ans) chez lequel l'atrophie musculaire processive a marché de la môme manière en détruisant les mômes muscles du Ironc et des membres supérieurs. Je l'ai fait dessiner d'après les photographies que j'en ai tirées. Dans la figure 1-20, on
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Fie. 120 et 121. — Représentant un sujet qui a perdu par l'atrophie musculaire progressive les mêmes muscles du tronc que le sujet des figures 137 et 138 (,*) .
voit qu'il porte ses épaules en avant. A ce mouvement concourent puissamment les pectoraux qui, dans l'état normal, se gonflent et font relief sous la peau. Mais, chez ce sujet, on voit, au lieu d'un relief, un creux considérable qui marque la place de ses pectoraux atrophiés. On dislingue encore, cependant, un léger relief formé par le petit pectoral gauche qui n'est pas complètement détruit. Ce creux qui existe ici sous les clavicules, se produit, on le conçoit,
f*) Au lieu du relief des pectoraux, on voit un enfoncement considérable à la face antérieure de sa poitrine, occasionné par l'atrophie de ces muscles pectoraux. La peau y est littéralement collée sur les os, au point que l'on peut compter tous ses espaces intercostaux comme dans la figure 120. Je lui ai fait porter les épaules en avant et les creux sous-claviculaires ont encore augmeuté, tandis qu'à l'état normal les pectoraux qui coucourent à ce mouvement fout relief sous la peau. Ou remarque cependant la saillie du petit pectoral gauche, qui n'est pas encore entièrement détruit. — La figure 121 montre l'attitude de ses épaules, occasionnée par l'atrophie du tiers inférieur (portion adductrice) de ses trapèzes. On voit que le bord spinal des omoplates est assez éloigné de la ligne médiane à cause de l'atrophie de cette portion ad. ductrice; mais ce bord spinal n'a pas une direction oblique, comme dans la figure IIP, parce que la portion acromiale des trapèzes est encore saine et soutient bien l'angle externe de sou scapulum.
ii des degrés divers, pendant le même mouvement, chez tous les sujets dont les pectoraux sont plus ou moins atrophiés. Je l'ai vu aussi très-profond chez Bonnard (fig. 118) et chez un aulre sujet qui sera représenté plus loin (fig. 122). - On remarque dans ta figure 121 que les omoplates n'ont pas la même altitude que chez Bonnard (fig. 119) ; c'est que, dans le premier cas, le malade avait perdu seulement le tiers inférieur de ses trapèzes, dont la portion acromiale, assez développée, soutenait l'angle externe du scapulum et l'empêchait de basculer, comme chez Bonnard dont le trapèze était presque entièrement atrophié.
Chez un autre sujet, espèce d'athlète, les muscles pectoraux,
Les figures 122 et 123 représentent un même sujet vu de face et de dos, et dont les muscles pectoraux, trapèzes, grands dorsaux et grand dentelé droit, ont entièrement disparu. — La figure 122 montre la face antérieure de sa poitrine décharnée, et contrastant avec le développement athlétique de ses membres supérieurs qui n'ont pas encore été atteints par l'atrophie musculaire progressive. Dans la figure 123 on voit que le bord spinal du scapulum droit s'éloigue du thorax, à la manière d'une aile, pendant que le membre supérieur est porté dans l'élévation eu avaut. C'est le signe palhognomonique du défaut d'action du graud dentelé.
grands dorsaux et grand dentelé droit étaient seuls atrophiés. Aussi la maigreur du tronc contrastait-elle, d'une manière frappante, avec la riche musculature de ses membres supérieurs qui étaient encore intacts, au moment où je l'observais (voyez la fig. 122). L'atrophie de son grand dentelé droit ne se reconnaissait que lorsqu'il élevait les deux bras en avant; alors l'omoplate droite se détachait du thorax en forme d'aile (voyez la fig. 123).
Observation LXXX. — J'ai été appelé à soigner conjointement Irois femmes qui avaient perdu, de chaque côlé, les grands dentelés, les trapèzes et les rhomboïdes, après avoir porte de lourds fardeaux sur les bras pendant un