ART. I. - SYMPT0MAT0L0G1E DE I*ATH. MUSC. DE LADULTE
temps très-long. Leurs membres supérieurs étaient intacts Deux de ces Ses bonnes d'enfant pendant plusieurs années, alors qu'elles éta.ent fort jeunes, avaient porté des enfants sur leurs bras, pendant des journées entières.
Une de ces femmes, âgée de vingt-trois ans, rapporte qu'à l'âge de onze ans le maître d'école de son village lui imposait pour punition de porter une grosse pierre dans chaque main, les bras étant dans l'élévation et pendant qu'elle était à genoux sur des sabots. Cette punition barbare a été continuée plusieurs heures chaque jour, pendant près d'une année. C'est à parl ir de cette époque, que ses épaules ont fait une saillie en arrière, et que s'est formée l'énorme cambrure du tronc observée chez elle, pendant la station debout (voyez la fig. 117).
Ce sont les muscles qui vont du tronc au scapulum (les trapèzes, les rhomboïdes, les grands dentelés), qui se sont atrophiés les premiers (j'ai expliqué ailleurs (1) le mécanisme des troubles que l'on observe dans l'attitude et les mouvements de son scapulum, consécutivement au défaut d'action de chacun de ces muscles). Les muscles de l'abdomen se sont ensuite atrophiés, car elle disait que son corps s'était renversé en arrière, après la déformation de ses épaules. J'ai diagnostiqué l'atrophie de ses muscles de l'abdomen à l'aide de l'exploration électrique et des mouvements que je lui ai fait exécuter. En effet, ces muscles ne se contractaient pas sous l'influence de l'excitation électrique ; puis, étant couchée sur le dos, elle ne pouvait se relever, tandis qu'étant
(I) Duclienne (de Boulogne), Physiologie des mouvements. Paris, 186G, chap.
(*) Cette figure, dessinée d'après nature, représente un sujet atteint d'atrophie musculnirc et dont la face postérieure du tronc a été représentée dans la figure 125. — Ce sujet a perdu
FiO. 124. — Sujet âgé de 22 ans, atteint d'atrophie musculaire progressive qui a détruit en totalité ou en partie un grand nombre de muscles du tronc et quelques muscles des membres supérieurs et inférieurs (*).
penchée en avant, elle se redressait avec force, et l'on sentait alors m sacro-spinaux se contracter et se gonfler vigoureusement. La maladie tendait à se généraliser chez cette malheureuse femme. Elle avait en outre perdu, des l'enfance, l'orbiculaire des lèvres et quelques autres muscles de la face. Ses membres inférieurs commençaient à s'atrophier.
On observait, chez elle, un phénomène bizarre, propre à cette maladie; c'est qu'à côté des muscles détruits, on voyait les autres muscles parfaitement intacts. On était surtout frappé du développement des pectoraux et des muscles des membres supérieurs. Je dois encore signaler ici un fait important qui s'est montré chez elle et que j'ai noté assez souvent dans d'autres cas : c'est l'absence de contractions fibrillaires. Enfin, celle malade n'a jamais éprouvé la moindre douleur.
Chez le sujet représenté dans la figure 124-, la plupart des muscles du tronc sont ruinés (les pectoraux, les trapèzes, les rhomboïdes, les grands dorsaux, les grands dentelés, les fléchisseurs de la jambe' sur la cuisse et d'autres muscles des membres inférieurs, etc.); cependant ce malade n'a perdu, aux membres supérieur?, que les longs supinateurs, ce qui donne à ses avant-bras une forme singulière (ils sont fusiformes). Les muscles fléchisseurs de l'avant-bras sur le bras commencent seulement à s'atrophier.
Enfin deux fois seulement sur cent cinquante-neuf cas, j'ai vu l'atrophie musculaire débuter par les membres inférieurs, en attaquant les muscles fléchisseurs du pied sur la jambe.
IV. — Changement dans la forme et dans l'attitude des parties. — Troubles