‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 190 sur 543 · DE LA LOCOMOTION · texte numérisé non relu

DE LA LOCOMOTION

A. Les changements de forme, d'attitude des parties, et les (roubles de la locomotion occasionnés par l'atrophie musculaire progressive sont, 'en général, propres à cette dernière affection. En effet, à l'exception de la paralysie atrophique de l'enfance et de la même maladie qui, je l'ai déjà démontré, se rencontre mais rarement, chez l'adulte, dans laquelle, à une période avancée, on voit

une grande partie de ses pectoraux et de ses muscles de l'abdomen; ses Irapèzes, ses grands dentelés, son rhomboïde gauche, et ses grands dorsaux, sont également atiopliies. Au bra? gauche, il reste à peine quelques vestiges du biceps, tandis que son triceps est encore assez développé; c'est l'inverse pour son bras droit. — Son deltoïde est atrophié à droite et Irès-développô à gauche. — Ses deux longs supinateurs ont entièrement disparu ; les autres muscles de l'avant-bras et ceux delà main sont intacts. (L'atrophie du long supiuatcur donne à l'avant-br, s une forme de fuseau.) — Aux membres inférieurs, l'atrophie a atteint les muscles de' la cuisse, surtput ceux de la région antérieure, mais elle a respecté ceux de la jambe et du pied. — Ce sujet est représenté portant, autant que possible dans l'élévation en avaut, ses bras qui, eu conséquence, sont vus en raccourci. Cette élévation est très-limitée, comme on le voit dans la ligure 124. Pendant ce mouvement, ses omoplates basculent au point que ses angles internes A, A, font une saillie considérnble sur les côtes du cou. Alors aussi sa cambrure, habituellement Irès-prononcée par le fait de l'alrophie de ses muscles abdominaux, augmente encore davantage, et le tronc se renverse en arrière.

AhT. M. SYMPTOMATOLOGIE DE l'aTR. MUSC. DE L ADULTE. 505

des muscles s'atrophier ou devenir graisseux isolément et par portions les autres paralysies musculaires frappent en masse un ou plusieurs membres ou toute une région d'un membre. (Il est sousentendu qu'il n'est pas ici question de quelques paralysies trautaatiques ou rhumatismales partielles, comme la paralysie du deltoïde ou du grand dentelé.) Or, les troubles fonctionnels causés par ces paralysies en masse sont bien différents de ceux qui sont produits par un défaut d'action motrice ou tonique des muscles atrophiés individuellement, par portions et d'une manière irrégulière.

Les signes locaux de l'atrophie individuelle ou partielle des muscles, abstraction faite des signes que l'on peut obtenir par l'exploration électro-musculaire, se reconnaissent : 1° à la déformation de la surface du corps et des membres, c'est-à-dire à des dépressions irrégulières, correspondantes aux muscles atrophiés; 2° au changement d'attitude des membres pendant le repos musculaire, changements occasionnés par la rupture de l'équilibre des forces musculaires toniques; 3° aux désordres appqrlés dans l'exercice des mouvements volontaires, par l'inaction partielle d'un muscle, soit pour produire le mouvement qui lui est propre, soit pour coopérer à la synergie musculaire. Je vais exposer l'élude de ces signes dans les considérations suivantes.

A. Déformation de h surface des membres et du tronc. — Un des caractères les plus frappants de cette singulière maladie, c'est de détruire lentement et partiellement les muscles, en laissant intactes toutes les autres fonctions. Jl en résulte des changements bizarres

Fig. 12b. — Sujet déjà représenté de face dans la ligure 124

(') On remarque l'attitude vicieuse de ses omoplales pendant le repos musculare, attitude produite par l'atrophie des trapèzes et des grands dentelés. Cette altitude vicieuse est beaucoup plus prononcée à gauche, parce que l'atrophie des muscles précédents y est beaucoup plus avancée qu'à droite. L'angle inférieur A est remonté presque au niveau de l'angle externe B; l'angle interne du même os s'est porté en haut, et, soulevant la peau, il interrompt la ligne qui va du cou au moignon de l'épaule.

500 CHAI'. V. — ATROPuIE MUSCULAIRE PROGRESSIVE.

de la forme extérieure des membres et du tronc, dans les régions qui sont atteintes par la maladie, indépendamment des troubles partiels occasionnés dans l'attitude des membres et dans la locomotion.

Ainsi, un muscle peut être atrophié, à côté d'autres muscles parfaitement intacts, bien que tous soient animés par le môme nerf; de telle sorte que des saillies musculaires normales font place à des dépressions qui contrastent avec le volume des parties voisines. Cette espèce de déformation, l'un des principaux caractères de l'atrophie musculaire progressive, est presque le faciès de cette maladie. Il suffit, en effet, de l'avoir observée une fois, pour la reconnaître, à première vue. C'est afin de faire bien connaître ce faciès, que je l'ai représenté dans un grand nombre de figures photographiées ou dessinées d'après nature.

Elles peuvent, jusqu'à un certain point, suppléer l'observation clinique, pour ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de rencontrer cette étrange maladie, sous ses formes variées.

Est-il, par exemple, une autre affection dans laquelle on voie une poitrine décharnée, contrastant avec. le volume plus ou moins considérable des membres supérieurs , comme dans les figures 118, 120, 122? Remarquez surtout dans la figure 122 les muscles athlétiques des membres supérieurs, contrastant avec cette poitrine décharnée. Cette déformation de la poitrine est due chez ces sujets à l'atrophie des pectoraux. La figure 125 (qui a été dessinée d'après le sujet représente de face dans la figure 124) nous montre les dépressions occasionnées par l'atrophie des trapèzes, des rhomboïdes, et qui niellent en relief les saillies osseuses des omoplates.

Le sujet de la figure 119 n'avait perdu en arrière que ses trapèzes

Fig. 126. — Atrophie complète des muscles de la main et de l'avaiilbras, à l'exception du loug supinateur, dont on voit le relief (*).

(*) Cette espèce de momification de la main et de l'avant-bras contraste avec la riche musculature du bras et de l'épaule. Ou a déjà vu dans les ligures 135 et 136 la même localisation de l'atrophie musculaire progressive.

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