MARCHE, DURÉE, PRONOSTIC
Généralement les muscles de la langue sont les premiers affectés, c'est ce qui ressort de tous les faits que j'ai rapportés. Quelques mois plus tard, les muscles moteurs du voile du palais sont atteints à leur tour, et, après ces derniers, I'orbiculaire des lèvres. Enfin, dans une dernière période, surviennent des accès de suffocation et de syncope (1). Tel est l'ordre dans lequel se manifestent les phéno-
(1) Les désordres fonctionnels qui précèdent ou accompagnent les accès de suffoca-
A UT. lit, § I. — ÉLÉMENTS DE DIAGNOSTIC. 677
mènes morbides de cette maladie. Néanmoins, dans un cas, la paralysie du voile du palais et de l'orbiculaire des lèvres a précédé la paralysie de la langue.
L'anatomie pathologique, —je le démontrerai bientôt, — apprend que l'atrophiedes origines nerveusessituéesdansle bulbe estla lésion centrale de la paralysie glosso-labio-laryngée; d'autre part la physiologie pathologique fait supposer que cette lésion anatomique a dû s'étendre progressivement de bas en haut, en commençant par des cellules inférieures du noyau de l'hypoglosse, du spinal et du pneumogastrique. Eh bien ! j'ai vu une fois cette maladie suivre la marche inverse. J'ai relaté ce cas dans la précédente édition (1).
La marche de cette maladie est toujours chronique; je ne l'ai pas vue durer moins de six mois à une année, ni plus de trois ans.
Elle n'a pas rélrogadé dans sa marche ; en général, elle n'est pas restée slationnaire, quelles qu'aient été les médications employées. Son pronostic est donc des plus graves, et l'appellation de paralysie progressive, sous laquelle Requin désignait toute affection paralytique qui, une fois née, marchait toujours, quand môme, vers une terminaison fatale, lui est certainement applicable.
ARTICLE III
DIAGNOSTIC
§ I. — Éléments de diagnostic.
Le diagnostic de la paralysie glosso-labio-laryngée est difficile à son début et dans sa première période, parce que cette paralysie ne frappe pas d'emblée et simultanément la langue, le voile du palais et les lèvres, et surtout parce qu'elle commence par un simple affaiblissement musculaire, localisé généralement dans la langue. Mais lorsqu'à une période plus avancée qui peut être appelée seconde période, elle a gagné les muscles du voile du palais et l'orbiculaire des lèvres, alors que l'affaiblissement a augmenté progressivement, ses signes diagnostiques deviennent des plus évidents, et ne permettent pas de la confondre avec toute autre
tien et dont j'ai exposé l'analyse dans la note delà page 573, se manifestent ordinal renient à une ponode peu avancée de la paralysie glosso-labio-laryngée, tandisque es enses card.aqUes ou es syncopes n'apparaissent, en s'ajoutant aux v6uTJlt a respiration, que dans la période ultime. Les premiers sont des symptômes constant, de cette maladie; les seconds manquent quelquefois. (1) Ce fa.t clinique a été relaté dans la précédente édition de ce livre, obs. CXLV,
bLciiENNE. — 3' édition.
5^8 C11A1>. VI. — PARALYSIE GLOSSO-LABIO-L \ UYNGÉli.
espèce morbide. Enfin le diagnostic n'en esl pas moins sûr, à la troisième période, dans laquelle, la paralysie étant à son maximum ou presque complète, la parole et la déglutition sont à peu près impossibles ; dans laquelle les accès de suffocation sont plus fréquents, ainsi que les syncopes ; dans laquelle, en un mot, le malade est menacé dépérir prochainement, ou par défaut d'alimentation, ou par syncope, ou par asphyxie.
§ II. — Diagnostic différentiel.
Ilimporle d'étudier le diagnostic différentiel de cettemaladie, dans ses diverses périodes, en passant rapidement et comparativement en revue quelques-unes des affections avec lesquelles il serait possible de la confondre.