‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 225 sur 543 · I. — Pharyngite gutturale et stomatite simples · texte numérisé non relu

I. — Pharyngite gutturale et stomatite simples

Dans la première période delà paralysie progressive delà langue, du voile du palais et des lèvres, alors que, sans cause connue, la déglutition est un peu gênée, on pourrait croire, au premier abord, à l'existence d'une pharyngite (angine gutturale) simple et des plus légères, en raison de l'absence de fièvre et de douleur. Chez presque tous les sujets auprès desquels j'ai été appelé pour cette paralysie glosso-labio-laryngée, tel avait été en effet le diagnostic porté primitivement, et c'est dans cette hypothèse que le traitement avait été prescrit. Lorsque plus tard la salive, ne pouvant plus être avalée ou ne l'étant que difficilement s'accumulait dans la bouche et était rejelée au dehors, sous la forme d'un liquide filant et épais, on pensait que ce n'était qu'une extension de l'irritation à la langue et au palais; c'était, disait-on alors, une stomatite simple. La voix devenait-elle nasonnée, les liquides repassaient-ils en partie par les narines, on l'attribuait à l'inflammation du voile du palais, que l'on observe en effet aussi quelquefois dans l'angine gutturale. On a été môme jusqu'à conseiller l'enlèvement des amygdales, si elles étaient volumineuses, dans la pensée qu'elles pouvaient être pour quelque chose dans la gène de la déglutition, ou qu'elles entretenaient cette prétendue inflammation subaiguë de la muqueuse buccale ou pharyngienne.

11 est très-vrai que ces troubles fonctionnels existent, h des degrés divers, dans la pharyngite et dans la stomatite simples; mais il esl d'autres symptômes qui caractérisent ces dernières, et qui font défaut dans l'espèce paralytique dont j'ai à discuter le diagnostic différentiel: c'est la fièvre de début, la rougeur, le gonflement delà muqueuse pharyngienne ou buccale; c'est aussi la douleur locale,

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augmentant par la déglutition. D'un autre côté, on n'observera jamais, dans l'angine gutturale ni dans la stomatite, les troubles de l'articulation des mots qui distinguent la paralysie glosso-labiolaryngée. Enfin, à une période plus avancée, l'immobilité de la langue et des lèvres vient dissiper tous les doutes. Il suffit donc d'un examen attentif et plus complet, pour éviter une telle erreur. Chomel, à qui le sujet de l'observation XCVIII, p. 565, avait été adressé pour une pharyngite et une stomatite chroniques, et qui, on le sait, avait fait une étude particulière de cette affection, n'admit pas ce diagnostic, justement à cause de l'absence de toute douleur et d'altération appréciable de la muqueuse pharyngienne et buccale. Il soupçonnait, chez ce malade, l'existence d'une paralysie, comme cause de tous les troubles fonctionnels qui, dès le début, s'étaient aggravés progressivement. C'est afin d'en établir le diagnostic exact, qu'il m'avait fait appeler en consultation.

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