‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 231 sur 543 · ART. III, § II. — DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL · texte numérisé non relu

ART. III, § II. — DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

laire*s ; l'autre, au contraire, la paralysie glosso-labio-laryngée, avait aboli d'emblée les mouvements de la langue, sans léser la nutrition musculaire. Le hasard seul, une simple coïncidence/comme cela peut arriver dans toutes les maladies, avait sans doute réuni ces deux espèces morbides distinctes, que l'on voit, en général, naître, marcher et se terminer isolément et indépendamment.

La paralysie glosso-labio-laryngée est infiniment plus grave parce qu'elle donne la mort dans un temps très-court (six mois à trois ans), tandis qu'en général l'atrophie musculaire progressive marche lentement, ou reste longtemps stalionnaire, môme lorsqu'elle a atteint la langue, ou s'arrête définitivement, après avoir détruit proportionnellement plus ou moins de muscles. Dans les cas même où celle dernière affection a atteint, les muscles de la langue, les troubles de la prononciation et de la déglutition ne deviennent considérables que lorsque l'altération graisseuse' a détruit ces muscles, ce qui n'a lieu que très-lentement et tardivement. Ainsi, M. F..., de Barcelone, atteint d'atrophie musculaire progressive généralisée, etdontil a été question précédemment^. 112 et Ï13, obs. LXX1X, p. 499), avait déjà la langue un peu atrophiée, lorsque je l'ai vu pour la première fois. Un an après, sa langue avait perdu les deux tiers de son volume, et elle jouissait encore de tous ses mouvements, quoiqu'ils fussent affaiblis proportionnellement à l'atrophie. Chez un autre malade que j'ai vu succomber à l'atrophie musculaire généralisée, l'atrophie avait mis deux années à détruire les muscles de la langue.

Ces faits démontrent combien il est important de ne pas confondre ces deux affections parfaitement distinctes et indépendantes l'une de l'autre.

Un praticien distingué, M. Dumesnil, a publié (1) un fait postérieurement observé à celui dont il vient d'être question, et qui a une grande ressemblance avec lui. C'est aussi un cas d'atrophie musculaire progressive limitée au membre supérieur, et associée à une paralysie glosso-labio-laryngée. Cette dernière affection musculaire dont j'avais recueilli des cas depuis 1852, n'ayant pas encore été décrite, comme espèce morbide distincte, on s'expliquera facilement que M. Dumesnil, observateur sagace, ait pu, dans les savantes considérations anatomiqu.es dont il a fait suivre l'exposé de son observation, confondre cette affection avec l'atrophie musculaire progressive ; il a en effet rapporté à une seule et même espèce morbide l'atrophie musculaire limitée à l'un des membres supérieurs, et la parawsie, sans atrophie, de la langue et de quelques muscles de la face, qu'il a vues réunies chez l'un de ses malades.

(I) Dumesnil, Gazette hebdomadaire, juin 1869, p. 390.

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