CHAI'. VI. — PARALYSIE GLOSSO-LABIO-LARYNGÉE
dans bien des directions). Grâce à ces notions, il m'a été possible de continuer alors mes recherches iconographiques et photographiques sur la structure intime du bulbe, et d'exéculer, d'après nanalure et à l'aide de la microscopie solaire, les figures photographiées les plus importantes de cette étude.
Je suis entré dans tous ces détails, parce que je tiens aussi à faire comprendre que le principal mérite de mes recherches iconographiques et photographiques sur le bulbe est de confirmer, puis — ôserai-je le dire? — de compléter le récent et beau travail de M. L. Glarkepour ce qui a trait à la structure intime du bulbe humain (I). Certains détails micrographiques importants, qui avaient besoin d'être démontrés, ont été mis en lumière par mes figures photographiées. On y verra, par exemple, que dans la substance blanche du bulbe existe une grande quantité de très-petits tubes nerveux (0mm,O033) mêlés à des tubes gros et moyens (0mm,01 à 0am, 02 et 03).
En 1864, j'avais adressé à l'Académie des Sciences une note avec des figures photo-autographiées qui montraient les mômes dispositions anatomiques dans les cordons de la moelle et dans les racines qui en émanent. (Duchenne,de Boulogne, Photo-aulographie ou aulographie sur métal et sur pierre de figures photo-microscopiques du système nerveux, 1864. Note présentée à l'Académie des Sciences.)
Dans une communication que j'ai faite en 1868 à la Société de médecine de Paris, j'ai fait ressortir l'utilité de mes recherches icono-photograpniques sur la structure intime du bulbe à l'état normal, en faisant l'application des notions anatomiques, qui en ressortent, à la physiologie pathologique de la paralysie glosso-labio-laryngée.
Depuis 1860, j'avais essayé d'appliquer la photographie à des recherches iconographiques sur la structure intime des centres nerveux de l'homme à l'état normal. Celles que j'avais pu terminer formaient un album qui se divisait en quatre séries, consacrées à l'élude : 1° du grand sympathique, 2° des ganglions spinaux, 3° de la moelle, 4° du bulbe.
Mes figures avaient été photographiées directement à des grossissements divers, de 8 à 500 diamètres, d'après des sections transversales et longitudinales de ces parties du système nerveux central, durcies dans une solution d'acide chromique et colorées par le carmin.
En 1864, mes recherches icono-photographiques étaient déjà assez avancées pour qu'il me fût possible d'en présenter l'ensemble aux Académies des sciences et de médecine de Paris.
La première série des figures qui représentent la structure intima des ganglions du grand sympathique, a été seule publiée et imprimée, à l'aide des procédés de pholo-autographie que j'avais essayé de perfectionner. (Duchenne, de Boulogne, Analomie microscopique du système nerveux de l'homme; recherches à l'aide de la photo-aulographie sur pierre ousur zinc (lro série); grand sympathique a l'état normal. Paris, ISO.'i).
(J) J. Lockliart Clarke, On the inlimate structure of the brain (The philosophical Transactions, 2e série, part. 1. Paris, 18G8).
ART. IV, § II. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET l'ATHOGÉNIE. 591
A celle époque, j'étais aussi en mesure de publier, par le tirage photographique au nitrate d'argent, les deux séries suivantes où se trouve représentée l'étude de la structure intime de la moelle et des ganglions spinaux; mais je craignis que ce tirage exposât mes figures à une destruction rapide, et le temps me manqua pour reporter mes figures photographiées sur la pierre par la photo-autographie (opération délicate qui ne pouvait Être faite alors que par moi).
Je voulais d'ailleurs attendre que je pusse y joindre l'étude de la structure du bulbe et de la protubérance, car il me tardait de terminer ces recherches iconographiques de la moelle allongée à l'état normal, afin d'arriver bien vite à représenter, à l'état pathologique, l'iconographie photographique et pathologique de ces régions des centres nerveux, principalement dans les maladies qui, pendant tant d'années, avaient été l'objet de mes recherches purement cliniques. — Les sujets m'ayant toujours été refusés jusqu'alors, il ne m'avait pas été permis de compléter ces recherches cliniques par l'anatomie pathologique. J'allais donc enfin pouvoir m'y livrer, en entrant dans une voie nouvelle !
J'avais obtenu déjà à des grossissements de 8 à 500 diamètres des figures qui représentaient le commencement de la décussation de la partie inférieure du bulbe, au niveau de la première paire cervicale. Elles étaient d'une finesse remarquable et faisaient partie de l'album qui avait été présenté, en mon nom, en 1865, à l'Académie des sciences, par M. Cl. Bernard. J'avais rassemblé, dan? cette collection de figures photographiées, d'autres sections transversales du bulbe, faites à plusieurs hauteurs; ce qui me permettait de continuer ces recherches icono-photographiques (1).
Je n'insisterai pas davantage pour faire ressortir l'utilité des figures iconographiques et photographiques sur la structure intime du système nerveux. Qu'il me suffise de dire, pour conclure :
i° Qu'elles montrent la structure des éléments anatomiques et leurs rapports, tels qu'on les voit dans le champ du microscope, et que, par conséquent, leur exactitude ne saurait être contestée;
2° Que, pouvant, ainsi qu'on le verra dans mes albums icono-pholographiques, représenter, par des changements de mise au point, tous les plans d'une môme préparation placée sous l'objectif, elles ont l'avantage de contrôler toute figure schématique qui est la réunion des différents plans apparaissant également dans les changements de la mise au point de l'objectif, figure schématique à la composition de laquelle l'imagination est exposée à prendre une trop grande part;
3° Qu'elles confirment les faits anatomiques qui ressortent des importantes découvertes de M. Slilling, et principalement des plus récentes recherches de M. L. Clarke, sur la structure intime du bulbe; qu'elles en sont enfin le complément;
4° Que les figures schématiques contenues dans les atlas de MM. Slilling et Clarke ne pouvaient être, malgré leur exactitude, que le sque-
(1) Aujourd'hui mes recherches iconographiques sur la structure intime du bulbe sont terminées. En 1869, M. Vulpian en a Tait, en mon nom, la présentation à l'Académie de médecine.
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lette, pour ainsi dire,, des images de leurs préparations, tandis que mes figures, photographiées directement, les montrent dans leur intégrité, et avec les mille détails que la main de l'homme ne saurait reproduire.
II. — Mes premières hypothèses sur la physiologie pathologique