DE LA PARALYSIE GLOSSO-LABIO-LARYNGÉE
« A l'aide des faits anatomiques représentés dans mes ligures photographiées d'après nature, l'explication de la symptomalologie et de la marche de la paralysie glosso-labio-Iaryngée devient, ai-je dit en 1860(1), des plus faciles. Ainsi l'on verra: 1° qu'ordinairement la lésion morbide, enatleignant primitivementlenoyau de l'hypoglosse, occasionne des troubles fonctionnels dans l'articulation des linguales; 2° que bientôt cette lésion, s'étendant, dans le voisinage de l'hypoglosse, aux cellules terminales inférieures de la septième paire, rend difûcile et plus tard impossible l'articulation des labiales; 3°que,dans une période plus avancée, la même lésion atteint le noyau du spinal accessoire qui est situé plus en arrière, et qu'alors l'expiration bronchique et la phonation s'affaiblissent progressivement, par la lésion d'innervation des muscles de Reissessen et de ceux du larynx; 4° on se rendra raison du nasonnement, de la paralysie fonctionnelle des muscles du voile du palais, et surtout de la paralysie des ptérygoïdiens, quand on aura constaté que des cellules originelles de la branche motrice de la cinquième paire descendent assez bas dans le bulbe, en dehors et en avant du tubercule gris de Rolando (2) ; o6 on comprendra que, la lésion s'étendant en général de bas en haut, celle du noyau du nerf vague, à une dernière période, occasionne les plus graves désordres dans les battements du cœur, et finalement l'arrêt du cœur; 6° enfin étant établi, d'après la succession des symptômes, que la lésion organique qui caractérise cette maladie doit atteindre progressivement* dans sa marche ascendante, les noyaux des nerfs qui siègent clans la région supérieure du bulbe, que d'autre part elle ne saurait franchir celui du pneumogastrique, sans donner la mort, on saura pourquoi les fonctions des nerfs dont les cellules centrales sont situées au-dessus du noyau du nerf vague (les cellules supérieures du facial* de la branche motrice de la cinquième paire, celles de la portion sensible de la cinquième paire, du glosso-pharyngien, du nerf auditif et des nerfs moteurs de l'œil), ne sont pas troublées dans celte maladie (3).
(1) Duchenne (de Boulogne), Arch. gén. de mèd., septembre et octobre ISCO, p. 444.
(2) Ce fait anatpmique a été découvert par M. Clarke; M. Slilling n'avait pas vu descendre ce noyau au-dessous de celui dé l'auditif.
(3) Quel bel enseignement va découler de ces faits cliniques et anatomiques ! Lorsque l'anatomie pathologique aura confirmé ces vues de l'esprit, nées de l'observation clinique, ne pourra-t-on pas, en effet, en conclure que les cellules originélles de la septième paire et de la branche motrice de la cinquième; qui siègent