‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 273 sur 543 · ART. IV, § 1. — ÉT10L0GIE · texte numérisé non relu

ART. IV, § 1. — ÉT10L0GIE

Voici maintenant les principales causes auxquelles, à la rigueur, on pourrait, d'après les faits que j'ai observés, attribuer l'ataxie locomotrice. — Chez une jeune fille âgée de dix-huit ans (son observation n'a pas été rapportée), un onanisme effréné paraît être la seule cause de la maladie ; mais c'est le seul cas de ce genre que j'ai recueilli, à moins que l'on ne considère comme cause ordinaire de l'ataxie locomotrice les excès dans les rapports sexuels auxquels se livrent la plupart des hommes. S'il en était ainsi, cette maladie serait bien fréquente! — Quelques malades accusent des refroidissements subits ou trop prolongés, des suppressions de transpiration. Ainsi, par exemple, c'est un chasseur au marais, qui souvent est resté longtemps les pieds ou les jambes dans l'eau; les premiers phénomènes de cette maladie se sont montrés, une fois après un bain de siège froid trop prolongé, une autre fois (chez un glacier), à la suite d'une suppression de transpiration, pendant qu'il préparait ses glaces. En vérité, peut-on conclure, de ces quelques faits rares, que l'ataxie est produite dans ces cas par un refroidissement ou par une cause rhumatismale? Il en est de môme des autres causes auxquelles on peut quelquefois rattacher la maladie. Quelques sujets (j'en ai rapporté des exemples dans le cours de mon travail) avaient subi l'infection syphilitique constitutionnelle ; c'était la seule cause rationnelle ou apparente de l'alaxie locomotrice ; mais elle n'était rien moins que certaine, car en dehors des caractères propres à la syphilis, à ses différentes périodes, l'ataxie locomotrice ne présentait dans ces cas, aucun symptôme nouveau ou spécial. Quelquefois, il est vrai, les douleurs propres à celte dernière maladie s'exaspéraient la nuit ou se faisaient sentir le plus ordinairement la nuit; mais c'est ce que l'on observe également, lorsqu'il n'existe pas de cause syphilitique. La médication spécifique, prescrite ordinairement alors, aurait pu du moins servir de pierre de touche. Hélas 1 on a vu, dans les cas que j'ai relatés, qu'elle n'a paru exercer aucune influence favorable sur la marche de la maladie.

En somme, les diverses causes qui, parmi les faits que j'ai observés, paraissent avoir exercé quelque influence sur l'ataxie locomotrice, ont si peu de rapport entre elles, qu'elles me paraissent jeter peu de lumière sur l'étiologie de cette maladie (i).

(1) Trousseau a attribut!, avec raison, un rôle important à certaines conditions nerveuses pathologiques, dans l'étiologie de l'ataxie locomotrice progressive. Ainsi il a remarqué assez souvent, dans les antécédents des ataxiques, des névroses singulières ; les uns avaient eu des pertes d'urines nocturnes, dans leur enfance ou chez leurs enfants; on en trouvait qui étaient épileptiques ; enfin plusieurs membres de leur famille étaient également ataxiques (j'ai observé avec lui, en consultation, trois frères ataxiques).

Il ressort en outre des recherches que j'ai faites, depuis 1861 , que les causes mo-

CHAP. VIII, — AÏAXIE LOCOMOTRICE PROGRESSIVE

ARTICLE V

ANATOMIK. — PHXSIOLOGIE l'ATUOI.OGIQUK. — I-ATIIOGKNIK. § I. — Auatomie t liolog i«i ue.

Les phénomènes qui apparaissent aux diverses périodes de i'alaxie locomotrice progressive, sont-ils symplomatiques d'une lésion analomique d'un point quelconque des centres nerveux? Je ne suis pas encore en mesure de traiter complètement cette question. J'ai déclaré, on se le rappelle, que les faits qui forment la base de ce travail, sont tirés de ma pratique et de ma clinique civiles. On conçoit que, dans de telles conditions, l'examen nécroscopique soit difficile, sinon impossible. Cette question d'anatomie pathologique, que je n'ai pas voulu étudier dans nos hôpitaux, avant que mes recherches purement cliniques fussent publiées, devait donc être réservée jusqu'à ce que j'eusse réuni un assez grand nombre défaits. Elle ne pouvait larder à être résolue ou élucidée par de nouvelles recherches, car l'ataxie locomotrice est, hélas! une affection musculaire trop fréquente.

Je dirai cependant qu'à l'époque de mes premières recherches, j'ai assisté à l'autopsie^d'un sujet qui depuis deux ans était atteint de celle maladie. Je ne donnerai ici que le résumé de cette observation, que je croyais devoir être publiée avec détails par l'interne du service où je l'ai recueillie.

Observation CX1V. — Demay (Victor), artiste peintre, âgé de vinglh ait ans, demeurant à Paris, faubourg Montmartre, est venu me consulter en. mai 1858. J'ai constaté alors chez lui les symptômes de l'ataxie locomotrice arrivée au commencement de sa troisième période ; paralysie double, mais incomplèle, de la sixième paire ; douleurs térébrantes et fulgurantes caractéristiques, revenant surtout la nuit ; intégrité de la force musculaire contrastant avec la perle complète de la coordination des mouvements dans les membres inférieurs, ce qui rendait la station et la marche impossibles, même quand il s'aidait de la vue; fourmillements et engourdissements des deux derniers doigts de chaque main, datant seulement de quelques mois; sensibilité considérablement diminuée à la plante des pieds et aux jambes; contractilité électro-musculaire intacte. (Je ne noie pas ici les autres symptômes, qui sont d'un

raies exercent une influence considérable sur le développement de l'ataxie locomotrice progressive. Chez un grand nombre de sujets, cette maladie avait apparu, quelques mois ou une année environ après la mort de personnes affectionnées, après une perte de fortune, après une révolution sociale ou politique. Celle qui vient d'éprouver si cruellement notre malheureuse patrie, m'en fournit journellement des preuves nouvelles et nombreuses.

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