‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 307 sur 543 · CI1AP. X. — PARALYSIES A FRIGORE · texte numérisé non relu

CI1AP. X. — PARALYSIES A FRIGORE

signalés, et j ai constaté que ces prétendues exceptions étaient des erreurs de diagnostic.

II. — SIGNE DIAGNOSTIC TIRÉ DE i/lMMUNITÉ DU LONG SUPINATEUR DANS LA PARALYSIE SATURNINE.

Il me reste à signaler un signe diagnostique différentiel qui, à défaut de l'exploration électro-musculaire, ne permet pas de confondre la paralysie saturnine limitée à l'avant-bras avec la paralysie du nerf radial. On se rappelle la singulière immunité qui dans la paralysie saturnine existe pour les supinateurs, tandis que, dans la paralysie d'emblée du nerf radial à frigore, ces muscies sont nécessairement atteints.

Voilà donc un signe diagnostique qui peut servir à distinguer ces deux espèces de paralysies, surtout pour ce qui concerne l'action différentielle du long supinateur. Un exemple va en faire ressortir l'importance.

Observation CXXXII. — Un individu atteint d'une paralysie de l'un des avant-brasse présente à une consultation de l'hôtel-Dieu, à laquelle j'assistais. Le malade est habituellement constipé, il se plaint de coliques ; son poignet droit tombe; ses doigts ne peuvent s'ouvrir comme dans la paralysie saturnine; c'est en effet à celle-ci que l'on rapporte cette paralysie. La profession du sujet ne justifia pas ce diagnostic, mais on pensait, avec raison, que l'intoxication saturnine pouvait bien avoir eu lieu par les boissons. On me demanda mon opinion. Ayant placé l'avant-bras du malade en demi-pronation et dans la flexion sur le bras, je l'engageai à le maintenir avec force dans cette position pendant que je m'efforçai de l'étendre; je constatai alors que le long supinateur (qui, je l'ai démontré, est fléchisseur pronateur) restait flasque et inerte, tandis que, dans la môme expérience répétée du côté opposé, il se contractait vigoureusement. Je déclarai que la paralysie de ce malade ne pouvait ôlve saturnine, cars son long supinateur était impotent, ce que je n'ai jamais observé dans cette espèce de paralysie. Comme sa paralysie datuit seulement de quelques jours et n'avait été précédée ni accompagnée de douleurs, je ne pouvais l'attribuer qu'à une paralysie d'emblée du nerf radial à frigore,. j'entrevis que sans doute son bras avait été exposé à un refroidissement pendant son sommeil, et qu'alors il n'avait pu mouvoir sa main. Je l'iiu terrogeai dans ce sens, et ses réponses confirmèrent mon diagnostic. En effet, débardeur de son état et ayant fait sa sieste sur un bateau, après son déjeuner, les deux bras étant à nu, quand il se réveilla, son bras droit était froid, engourdi et que, depuis lors, il n'avait pu ni relever son poignet, ni mouvoir ses doigts. A l'appui de mon diagnostic, j'annonçai que les muscles paralysés devaient avoir couservé leur conlractililé électrique ; ce qui fut constaté immédiatement.

Dans ce fait clinique, en somme, c'est la paralysie du long supi-

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