ART. I. — PARALYSIE DE LA SENSIBILITÉ MUSCUL. ET ARTICUL
sibililé, qu'elle soit ou ne soit pas douloureuse, est spéciale et difficilement excitable par d'autres agents que les courants électriques.
Après avoir nié l'existence de la sensibililé musculaire, Remak a attribué la sensation produite par la faradisalion musculaire directe (par les rhéophores humides, appliqués sur la peau, au niveau du tissu musculaire) uniquement à l'excitation des nerfs cutanés.
J'ai fait connaître les précautions qu'il faut prendre dans ce genre d'expérience, afin d'éviter une telle confusion ; je n'ai donc pas à revenir sur ce sujet (I).
§ II. — Identité de la paralysie de la sensibilité électro-musculaire et de la paralysie du sens musculaire de Ch. Bell.
La paralysie de le sensibilité électro-musculaire et la paralysie du sens musculaire de Ch. Bell {sentiment cV activité musculaire de Gerdy) sont symptomatiques d'une lésion identique de la sensibilité musculaire ; elles constituent l'affection morbide que l'on doit désigner sous le nom de paralysie de la sensibilité musculaire.
Dans toutes les paralysies musculaires dont j'ai eu à exposer l'étude électro-pathologique, nous avons vu jusqu'ici la sensibilité électro-musculaire abolie ou diminuée parallèlement avec les mouvements volontaires, que la contractilité électro-musculaire fût ou non conservée. 11 était donc impossible d'observer, dans ce cas, les troubles fonctionnels, produits par la paralysie delà sensibilité électro-musculaire, pendant l'exercice des mouvements volontaires. Mais s'il est vrai que, dans la paralysie hystérique, les mouvements volontaires soient ordinairement perdus ou affaiblis en même temps que la sensibilité électro-musculaire, il arrive cependant quelquefois que celte dernière propriété est paralysée isolément.
Dès 1848, j'observais un fait analogue à l'hôpital de la Charité; c'est en faisant allusion à ce fait que j'écrivais dans un mémoire publié en 1850: « Une fois nous avons observé l'anesthésie musculaire spontanée chez une hystérique, bien que les mouvements lussent conservés. » Depuis lors, j'ai eu l'occasion de recueillir un grand nombre de faits analogues au précédent ; j'ai pu alors, après un examen minutieux des troubles fonctionnels occasionnés parla paralysie delà sensibilité musculaire, connaître aussi exacte-
(1) L'observation pathologique démontre aussi que les muscles sentent la pression. Combien de fois n'ai-je pas vu des sujets qui avaient perdu complètement la sensibilité de la peau, percevoir la pression que l'on exerçait au niveau des muscles souscutanés? Cette sensation de pression n'existe jamais, lorsque les muscles sont insensibles à l'excitation électrique.