CHAI". XIII. •— PAR AL. DE QUELQUES PROPRIÉTÉS MUSCULAIRES
ment que possible la part d'influence exercée par cette propriété musculaire sur la locomotion. Ch. Bell avait, de prime abord, pressenti que les muscles devaient être doués de sensibilité.
« Ce fut, dit cet éminent observateur, la conviction que nous percevons l'action des muscles, qui m'engagea à porter l'investigation dans leurs nerfs, cV abord par l'anatomie, puis par l'observation. Je fus à môme de démontrer que les muscles sont pourvus de deux ordres de nerfs', qu'en excitant l'un, le muscle se contracte; qu'en excitant l'autre, aucun mouvement n'a lieu, et que le nerf qui n'a pas d'action directe sur le muscle est destiné à produire la sensation. Il était ainsi-prouvé que les muscles sont en communication avec le cerveau par l'intermédiaire d'un cercle nerveux; qu'un même nerf ne peut transmettre ce qu'on peut appeler influence nerveuse dans deux directions à la fois; en d'autres termes, qu'un nerf ne peut simultanément, et par lui-môme, porter la volonté aux muscles, et la sensation au cerveau ; mais que, pour la régularité de l'action musculaire, deux nerfs distincts sont nécessaires: d'abord un nerf de sensibilité, pour porter au sensorium la connaissance de la condition des muscles, et puis un nerf de mouvement, pour porter au muscle le message de la volonté (1). »
Comme Ch. Bell avait eu l'occasion d'observer un sujet qui, ayant perdu la sensibilité de l'un des membres supérieurs, bien qu'il eût conservé la puissance musculaire, laissant tomber les objets qu'il portait à l'aide de ce membre, il en avait attribué la cause à la perte de la sensibilité musculaire. En voici la relation.
Observation. CL. — « Une mrre, dit-il, nourrissant son enfant, atteinte de paralysie, perd la puissance d'un côté du corps et en même temps la sensibilité de l'autre, circonstance extraordinaire et fâcheuse. Aussi longtemps qu'elle regardait son enfant, elle pouvait le présenter à son sein, du bras qui avait conservé la puissance musculaire; mais si les objets environnants venaient à détourner son attention de la position de son bras, les muscles fléchisseurs de ce dernier se relâchaient peu à peu, et l'enfant courait le risque de tomber. »
« Nous voyons d'abord clans ce cas, (ajoute-l-il), que les nerfs du bras jouissent de deux propriétés distinctes , qui disparaissent ou sont conservées, selon la perte des uns et l'intégrité des autres; ensuite, que ces deux propriétés doivent l'existence à un ordre spécial de nerfs, et enfin que la puissance musculaire est insuffisante pour régler les mouvements des membres, si la sensibilité musculaire n'est là pour l'accompagner. »
« Dans mes lectures (leçons), dit-il ailleurs, j'ai toujours exposé les mêmes vues. Je me suis attaché à prouver que, pour l'exercice parfait du sens du toucher, le mouvement de la main et des doigts, et
(1) Sir Charles Bell, The liand; its mechanism and vital endowmenis, acevincin§ design, fiftli édition; 1852. Ch. ix. Of the muscu/ar rense, p. 21 i.