ART. I. — CONTRACTURES DANS LA SEPTIÈME PAIRE
seuls moyens qui puissent la faire tomber : des sangsues appliquées derrière l'oreille, des vésicatoires promenés sur la région malade, des purgalifs, etc. C'est seulement lorsque l'inflammation a dû cesser, quand la force nerveuse centrale peut revenir dans les muscles (après deux ou trois semaines d'un traitement antiphlogistique et révulsif), qu'il me semble indiqué de recourir à la faradisation. localisée, qui constitue le traitement principal de la paralysie.
Bien que j'aie agi jusqu'à présent d'après ces principes et d'après l'hypothèse de l'existence d'une inflammation ou d'un état hyperhémique du nerf, je dois cependant faire mes réserves à cet égard, car jusqu'à présent l'expérience ne m'a pas démontré que ce soit la meilleure manière d'agir, et rien ne prouve qu'en appliquant immédiatement le traitement électrique, dans la seconde comme dans la première période, on n'obtiendrait pas plus facilement la guérison. C'est ce que je me propose d'expérimenter.
B. — On sait que la faradisation musculaire de la face peut être pratiquée, ou en opérant les recompositions des courants dans le nerf de la septième paire, ou en localisant l'excitation dans chacun des muscles paralysés.
a. Le premier mode d'électrisation (la faradisation musculaire indirecte) ne m'a pas donné des résultats aussi satisfaisants que le second (la faradisation musculaire directe), dans le traitement de la paralysie de la septième paire. En voici la cause : tantôtles muscles sont partiellement ou irrégulièrement paralysés ; tantôt la paralysie, primitivement uniforme, est modifiée d'une manière irrégulière pendant le cours du traitement. Ainsi l'on voit, par exemple (et c'est ce qui arrive ordinairement), le grand zygomatique recouvrer plus ou moins sa contractilité, alors que les autres muscles restent paralysés. Plus tard ces derniers recouvrent aussi très-inégalement leur force tonique et leur contractilité volontaire. Il est alors nécessaire d'exciter plus spécialement les muscles dans lesquels la maladie présente le plus de ténacité, sous peine de laisser une difformité ou une irrégularité choquante dans les traits de la face. Or il est impossible, on le conçoit, d'atteindre ce résultat par la faradisation musculaire indirecte, qui porte l'excitation d'une manière égale dans tous les muscles animés par la septième paire.
Quelques exemples feront comprendre l'importance de cette localisation. Parmi les muscles qui, dans l'hémiplégie rhumatismale de la face, restent habituellement plus longtemps paralysés, ou qui résistent davantage aux différents traitements, je signalerai le frontal, le carré des lèvres, le peaucier, l'orbiculaire palpébral et le muscle de Horner. Alors les mouvements expressifs ou autres, qui sont rendus par l'élévation du sourcil ou l'abaissement de la lèvre infé-
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rieure, n'ont lieu que d'un côté, ce qui est disgracieux ou gênant. On n'obtient la guérison dans ces cas qu'en localisant l'excitation électrique dans chacun de ces muscles. J'ai observé, par exemple, un individu, qui, ayant été affecté d'une paralysie rhumatismale de la face, n'avait pas recouvré tous ses mouvements par la faradisation de la septième paire. Il en résultait une grande irrégularité dans les mouvements et dans l'expression de sa face. Il me fallut alors localiser l'excitation dans les muscles qui s'étaient montrés rebelles à celte faradisation indirecte; mais ce qui gênait le plus ce malade, c'était un larmoiement continuel. L'orbiculaire palpébral avait cependant recouvré assez de motilité pour rapprocher ses paupières, et il n'y avait pas de tumeur lacrymale qui expliquât ce larmoiement. Mais le muscle de Horner était resté paralysé : ce que je reconnus aux signes quej'aiexposés précédemment(page 853). La faradisation localisée de ce muscle en rétablit bientôt les fonctions, et je vis le grand angle de l'œil reprendre progressivement sa forme normale, les points lacrymaux recouvrer leurs mouvements et l'épiphora disparaître.
H peut arriver aussi que certains muscles venant à se contracturer, pendant le cours du traitement, il faille alors modifier ou éviter leur excitation. Dans ces cas, la faradisation indirecte (par le nerf) est plus nuisible qu'utile, car elle ne permet pas de localiser l'excitation électrique. Enfin j'ai établi d'une manière générale que les paralysies sont plus heureusement influencées par l'excitation directe des muscles que par l'intermédiaire de l'excitation du nerf qui les anime.
Les considérations qui précèdent démontrent donc l'importance de la faradisation musculaire directe dans le traitement de l'hémiplégie faciale.
b. Rappeler la tonicité musculaire et la contractilité volontaire, tel est le but que l'on se propose dans le traitement de l'hémiplégie rhumatismale de la face. Or, — je l'ai déjà démontré, — les intermittences rapides répondent à cette double indication.
Le retour de la tonicité musculaire, ai-je dit, précède ordinairement l'apparition des mouvements volontaires, de sorte que l'on est forcé de prolonger le traitement électrique quelquefois longtemps encore après que les traits ont repris leur expression naturelle. Il serait imprudent alors de continuer à pratiquer la faradisation localisée avec un courant à intermittences rapides, car on doit se tenir en garde contre la terminaison ordinaire de la paralysie de la septième paire par la contracture que l'on peut provoquer en abu^ sant de ces intermittences rapides qui ont la propriété de conlracturer artificiellement la fibre musculaire, même à. l'état normal. Il faut donc éloigner les intermittences (d'une à quatre par seconde),