‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 377 sur 543 · I. — ACTION INDIVIDUELLE DES MUSCLES DU VOILE DU PALAIS · texte numérisé non relu

I. — ACTION INDIVIDUELLE DES MUSCLES DU VOILE DU PALAIS

A. — Pharyngo-staphylin. — Le pharyngo-staphylin a une triple action : il rapproche à l'instar d'un rideau le pilier postérieur du voile du palais de celui d'un côté opposé, laissant entre eux, au niveau de r'isthme, un intervalle d'environ un centimètre. Il abaisse puissamment le voile du palais, en môme temps il élève le pharynx.

Le rapprochement des piliers du voile du palais, sous l'influence du pharyngo-staphylin, avait été signalé per Gerdy (1) et encore mieux décrit par Dzondi (2). Cependant il n'était pas admis par tous tes physiologistes, et entre autres par M. Martin-Magron, qui dans ses cours ne manquait jamais de combattre l'opinion de Gerdy et de Dzondi. Je l'ai rendu témoin de mes expériences, et, en présence de cette action évidente des pharyngo-staphylins, il est convenu très-loyalement que sur ce point il s'était trompé jusqu'alors. Plaçant en elfet un excitateur sur chacun de ces muscles, au niveau de l'isthme, il a vu les piliers se rapprocher l'un de l'autre en s'élargis-

(1) Gerdy. Bulletin universel, janvier 1830, page 33, et Dictionnaire de médecine en 30 volumes, article Digestion.

(2) Dzondi, Die fonclionem des weichen Gaumeus, 1831.

ARX. IL PARALYSIE DES NERFS MOTEURS DE L ŒIL. sai

sant à la manière de deux rideaux. Mais quelque puissant que fût ce courant, les piliers ne se rapprochaient pas complètement, il restait toujours entre eux un intervalle d'un centimètre à peu pré.*. On verra bientôt l'importance de ce fait.

Au moment où se produisait le mouvement précédent, le voile du palais était abaissé de manière à présenter un plan oblique d'avant en arrière et de haut en bas, et avec une telle force, qu'en voulant l'empêcher avec mes doigts appliqués contre le voile du palais, je craignais de le rompre. Enfin pendant que le voile du palais était ainsi abaissé, je voyais le pharynx s'élever.

B. — Palato-staphylin. — Le palato-staphylin ne raccourcit pas seulement la luette, ainsi qu'on l'a dit; il la redresse avec force en la portant horizontalement d'avant en arrière. Ce fait était des plus évidents chez un sujet sur lequel je faisais celte expérience, en présence de M. Martin-Magron (parce que sa luette était longue et que la paralysie de la sensibilité et de la motilité de cette région et même du pharynx permettait d'en exciter tous les muscles, sans provoquer des mouvements réflexes). On voyait alors la luette se raccourcir, et puis se redressant d'avant en arrière, sa pointe aller s'appliquer contre la paroi postérieure du pharynx. Si alors j'essayais de l'abaisser avec un petit crochet, je sentais qu'elle résistait assez fortement. La luette, en se contractant sous l'influence de l'excitation électrique, entraîne la partie moyenne du voile du palais.

G. — Péristaphylin interne. — Les périslaphylins internes élèvent le voile du palais en agissant principalement sur sa partie moyenne, de telle sorte que cette membrane décrit une courbe à concavité inférieure. Au maximum de contraction de ces muscles, la partie la plus élevée de celte espèce de voûle formée alors par le voile du palais s'élève un centimètre environ au-dessus de la direction horizontale, et alors il ne ferme pas l'orifice postérieur des fosses nasales, bien qu'il en diminue un peu l'ouverture.

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