II. — DÉDUCTIONS APPLICABLES AU MÉCANISME DE LA DÉGLUTITION
Ces faits électro-physiologiques étant bien connus, voyons maintenant quel doit être le mécanisme du second temps de la déglutition, c'est-à-dire, ce qui se passe après que le bol alimentaire a franchi l'isthme du gosier. Alors le péristaphylin interne élève le voile du palais en lui donnant la forme d'une espèce de voûte dont le sommet est à peu près un centimètre au-dessus de son attache à l'os palatin. La capacité du pharynx s'en trouve ainsi augmentée pour recevoir le bol alimentaire. M. Debrou avait démontré par une autre expérience que le voile du palais s'élevait pendant la dégluti-
tion; l'expérimentation électro-musculaire vient aussi de le prouver.
Il faut en démontrer l'utilité. Au moment de la contraction du péristaphylin interne, la conslriction supérieure du pharynx doit se contracter, car sans cela une partie du bol alimentaire repasserait par l'ouverture postérieure des fosses nasales. J'ai en effet constaté que pendant la contraction du péristaphylin interne, il restait un espace vide assez grand entre le bord libre du voile du palais et la paroi postérieure du pharynx, tandis que dès que je faisais contracter le constricteur supérieur du pharynx, en même temps que le péristaphylin interne, la paroi postérieure du pharynx se tendait au niveau de ce muscle en s'avançant sur le bord libre du voile du palais contre lequel il s'appliquait.
Pour se rendre bien compte de cette action du constricteur supérieur du pharynx, on se rappellera que son bord antérieur et supérieur s'attache à la partie inférieure de l'aile interne de l'apophyse plérygoïde. C'est surtout au niveau de ce point, qui se trouve situé au-dessus du voile du palais, que j'ai senti avec mon doigt les fibres courbes du constricteur supérieur se tendre fortement transversalement comme une corde en devenant rectilignes, pendant la contraction de ce muscle.
Au mouvement d'élévation du voile du palais, que je viens de décrire, succède son abaissement, dont le mécanisme des plus curieux est éclairé par l'expérimentation électro-musculaire. Ce mouvement d'abaissement, méconnu jusqu'ici,. est opéré par le péristaphylin externe et ensuite par le pharyngo-staphylin. Le péristaphylin externe, en tendant transversalement le voile du palais et en l'abaissant jusqu'au niveau du crochet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde, le ramène à une direction horizontale; ce mouvement d'abaissement est continué, sinon exécuté synergiquement, avee plus de force parle pharyngo-staphylin. J'ai démontré en effet ci-dessus, expérimentalement, que le pharyngo-staphylin, en se contractant, abaisse avec force le voile du palais, jusqu'à lui donner une direction oblique de haut en bas et d'arrière en avant. Ainsi donc le voile du palais, que l'on avait cru jusqu'à présent passif dans la déglutition, est au contraire actif pendant que le bol est refoulé de haut en bas vers l'œsophage.
Mais le bol alimentaire, pressé alors d'avant en arrière par la base de la langue qui s'applique contre lui d'arrière en avant, par le constricteur du pharynx, et de haut en bas par le voile du palais qui est abaissé, pourrait s'échapper en partie en passant par le bord libre du voile du palais et la paroi postérieure du pharynx. Heureusement cettesolulion de continuité du canal pharyngien est empêchée par le mouvement de rideau des piliers postérieurs du voile du