‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 420 sur 543 · II- — Troubles fonctionnels et signes diagnostiques · texte numérisé non relu

II- — Troubles fonctionnels et signes diagnostiques

La main dont les interosseux sont paralysés, non-seulement ne peut plus produire l'adduction ni l'abduction des doigts, mais elle a perdu en outre le pouvoir d'étendre les trois phalanges parallèlement à la direction des métacarpiens. Lorsque le sujet affecté de celte paralysie veut exécuter ce mouvement d'extension des doigts, ses premières phalanges se renversent sur les métacarpiens, et les deux dernières s'infléchissent ; sa main prend la forme d'une griffe (voyez la figure 95, p. 370). Cette attitude difforme qu'elle conserve pendant le repos musculaire s'aggrave progressivement à la longue. Les premières phalanges se subluxent en arrière sur les métacarpiens et les deux dernières en avant. Le mécanisme de la griffe de la main, consécutive à la paralysie des interosseux, s'explique de la manière suivante. Lorsqu'on ouvre la main et que l'on étend les doigts parallèlement au plan des métacarpiens, les extenseurs dits des doigts (des premières phalanges) et les interosseux (extenseurs des deux dernières) entrent synergiquement en action pour produire l'extension, ceux-ci des premières phalanges, et ceux-là des deux dernières. Mais ces muscles sont antagonistes, quant à l'action qu'ils exercent sur les premières phalanges et se modèrent mutuellement, pour donner à celles-ci une direction parallèle à celle des métacarpiens. Dès que les inlerosseux font défaut, pendant l'effort synergique qui doit produire le mouvement dont il est question, les premières phalanges sont relevées d'une manière exagérée sur les métacarpiens par les extenseurs des doigts, et non-seulement l'extension des dernières phalanges ne se fait plus, mais celles-ci s'infléchissent, au contraire, sur les premières en raison directe du degré de renversement des premières phalanges.

La genèse de la griffe de la main, au repos musculaire, s'explique par les (roubles occasionnés, consécutivement à la paralysie des interosseux, dans l'équilibre des forces toniques qui président à l'attitude normale des phalanges. Dès que les interosseux, fléchisseurs des premières phalanges et extenseurs des deux dernières,

ART I1Ti § m. l'ARAL. DES FLÉCUISS. SUBLIME ET PROFOND. 969

ne modèrent plus l'action tonique de leurs antagonistes, ceux-ci (les extenseurs des premières phalanges, d'une part, et les fléchisseurs superficiel et profond, de l'autre) se rétractent progressivement, renversent les premières phalanges sur les métacarpiens et fléchissent les deux dernières d'une manière continue, à tel point que les phalanges se subluxent et que les ligaments se rétractent dans le sens de 'leurs mouvements pathologiques. La main représentée dans la figure 88, p. 327, en était un exemple remarquable.

J'ai observé un autre cas de griffe de la main, consécutivement à la paralysie des inlerosseux, dans lequel la subluxation des phalanges était encore plus prononcée.

Observation CXCIV. — C'était un homme dont les interosseux, les lombricaux et les muscles des deux éminences, paralysés depuis un an, consécutivement à une blessure qu'il s'était faite à la partie inférieure et interne de l'avant-bras, ne donnaient pas le moindre signe de vie, même par la faradisation localisée. Les deux dernières phalanges de tous ses doigts étaient constamment fléchies à angle droit ; les extrémités articulaires supérieures des deuxièmes phalanges avaient glissé en avant jusqu'au-dessus des têtes des premières phalanges, de manière à former une subluxation irréductible. Lorsqu'il voulait étendre ses doigts, ses premières phalanges qui restaient toujours dans l'extension se renversaient encore davantage sur les métacarpiens. Ces désordres si graves avaient pu cependant se développer chez ce malade, malgré l'intégrité de ses muscles extenseurs et fléchisseurs des doigts.

J'ai rapporté quelques faits de paralysie ou d'atrophie des muscles interosseux dans le cours de ce livre (chap. V, voy. fig. Hl, p. 495), et j'ai représenté les déformations qui en sont la suite dans plusieurs figures.

On a pu en suivre le développement et en comprendre la genèse. On a vu aussi quels troubles considérables cette paralysie occasionne dans l'usage de la main. J'ai dit et je répète que lorsque la paralysie est arrivée à son maximum, la main est une griffe plus incommode qu'utile.

§111. — Paralysies des fléchisseurs sublime et profond.

Je n'ai observé l'abolition des mouvements dans les fléchisseurs sublime ou profond que consécutivement à la lésion trauma tique du nerf médian ou d'un de ses filets, et dans l'atrophie musculaire progressive.

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