‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 45 sur 543 · CL1AP. III · texte numérisé non relu

CL1AP. III

— LES PRINCIPALES MÉTHODES d'ELECTRISATION .

faire passer de l'anus à la bouche, et comme il a élé dit précédemment, le courant d'induction à intermittences rapides, jusqu'à ce que la respiration et les battements du cœur soient rétablis.

2° Admettons que le médecin puisse se servir d'une pile à courants constants, réunissant toutes les conditions désirables (par exemple la pile massive de Siemens, ou la nouvelle petite pile portative de Gaiffe, décrites précédemment, page 57, qui ne se trouvent que dans quelques établissements ou dans les cabinets de spécialistes, comme j'en possède moi-môme), il fera passer un courant continu de la bouche au rectum, suivant les règles prescrites, sans toutefois s'astreindre à la direction du courant, ce qui évidemment, d'après mes propres expériences, est indifférent, au point de vue du résultat thérapeutique.

3° Si, dans la localitéoù il est appelé à secourir un asphyxié, i'on ne trouvait qu'une pile composée d'un trop petit nombre d'éléments pour appliquer utilement, parce même procédé, un courant constant, les piles des stations télégraphiques, ou bien par exemple si l'on n'avait à sa disposition qu'une pile à couranls inconstants, comme la pile de Wollaston, conseillée par S. Leroy d'Étiolles, il fera passer le courant de la bouche à l'anus avec des intermittences pius ou moins rapides sans aller, bien entendu, jusqu'à provoquer des contractions musculaires réflexes, et cela avec autant de chances de succès qu'avec le courant continu d'une pile constante, composée d'un plus grand nombre d'éléments (1).

§ HI, Excitation par action réflexe de l'innervation du cœur et des organes de la respiration (du bulbe) à l'aide de la faradisation cutanée de la région précordiale.

Une longue expérimentation clinique m'a appris que l'excitation de la sensibilité de la peau du thorax et surtout de la région précordiale est l'un des meilleurs moyens de traiter, par action réflexe,

(1) Je n'abandonnerai pas ce sujet sans rappeler un autre procédé de galvanisation imaginé* en ! 824 , par J . Leroy d'Étiolles et préconisé par lui dans le traitement

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nour cet objet longue, de G à 7 millimètres seulement, et terminées par deux d.s- ?ue ou de crochets; elles sont destinées à faire pénétrer le

Suide galvanique sous la peau, à travers les fibres du principal muscle iw rato uj. On enfonce les épingles jusqu'à la plaque entre la septième et « haïtien ie côte. L n des conducteurs est fixé à l'une des épingles, le sauveteur prend 1 autre coa^ J dans la main et, de deux secondes en deux secondes, il touche avec son extrémité fa Se de l'autre épingle placée sur le côté opposé de la poitrine Si 1 on ne trouva, pas les épingles disposées ad hoc, on ferait une piqûre qui ne doit pas dépasser •é'aisseurVla peau, avec une lancette, un canif ou une po.nte de ciseaux pourque la transmission du fluide galvanique ait lieu. Ces piqûres

a été dit précédemment, entre la septième et lalnut.ème côte, surles partie, Ihtfcàléa

ART. n. VALEUR DE L'ÉLECTRISATION PAR ACTION RÉFLEXE . 127

l'asphyxie ou certains troubles graves de l'innervation du cœur et des organes qui président à la respiration. L'exactitude de cette assertion sera démontrée par l'exposition des principaux faits cliniques que j'ai recueillis.

I, Traitement de l'asphyxie.

La respiration artificielle à l'aide de la faradisation des nerfs phréniques est en général le mode d'excitation électrique auquel je donne la préférence, dans le traitement de l'asphyxie; mais entre des mains inhabiles ou peu familiarisées avec le manuel opératoire, il ne serait pas sans danger pour le patient, ainsi que je le démontrerai. Dans ces conditions, je conseille, comme le procédé le plus simple dans son application, la faradisation cutanée de la région précordiale, d'après les principes que j'ai exposés en traitant de ce mode de faradisation).

D'ailleurs il est des circonstances dans lesquelles l'excitation électro-cutanée doit être employée concurremment avec la faradisation du diaphragme. Celle-ci en effet est particulièrement indiquée dans les cas où il est urgent de faire pénétrer mécaniquement l'air dans les poumons, en excitant puissamment la contraction du diaphragme ; l'autre devient utile sinon nécessaire, lorsqu'après avoir rétabli la respiration et la circulation cardiaque, et après avoir dissipé la cyanose, le sujet est menacé de retomber dans le coma symptomatique de l'ischiémie cérébrale, due à l'empoisonnement du sang soit par l'oxyde de carbone, soit par l'acide carbonique qui s'accumule dans le sang, si l'état semi-asphyxique a été d'une longue durée. Alors l'excitation électro-cutanée, surtout lorsqu'elle est pratiquée dans une certaine zone de la région précordiale, réagit sur les points des centres nerveux qui président à l'innervation de la respiration et de la circulation cardiaque.

La valeur thérapeutique de ce mode d'électrisalion, dans le traitement de ce genre d'asphyxie, est mise hors de doute dans l'observation suivante.

Observation VI. — Asphyxie par l'oxyde de carbone ; absence de respiration ; battements du cœur très -faibles, perçus seulement par l'auscultation; guérison par la faradisation cutanée de la région précordiale.

Un garçon pâtissier, âgé de 15 ans, d'un caractère bizarre, avait un jour voulu noyer de prétendus chagrins en s'enivrant; il avait eu l'idée, dans

de la poitrine, dans la direction d'une ligne partant du creux de l'estomac pour faire le tour du corps. Les extrémités des fils conducteurs do la pile seraient mis en contact d'une manière intermittente avec l'une des petites blessures, comme il a été indiqué pour les épingles. » {Instructions sur l'asphyxie, In Journal de la Société des naufrages, t. IV, 1840, 2" div. serv. de santé.)

1 2 S Cn.U». III. — LES HUNCIFALES METHODES D ÉLECTIUSATION.

son délire, d'essayer de s'asphyxier, en s'inlroduisanl, pendant lu nuit, dans une sorte de trou situé au-dessus du four de son patron, où il s'était endormi, pendant qu'il cuvait son vin. Le lendemain malin, au moment où l'on allumait le four, ayant aperçu l'un de ses pieds, on le relira, ne donnant aucun signe de vie, de l'endroit où il avait passé la nuit. Habitant la môme maison que lui, je pus essayer, quelques minutes après, de le rappeler à la vie par lafaradisation. Sa face était cyanosée, il ne respirait plus; une glace placée devant la bouche n'était pas ternie; je ne lui trouvais plus de pouls; je no sentais plus son cœur battre sous ma main; mais, à l'auscultation , j'entendais de très-faibles claquements valvulaires. Mon appareil d'induction avait été mis en action, pendant que je l'examinais, par M.Duchenne fils qui m'assistait. Je me disposais à pratiquer là respiration artificielle par l'excitation du nerf phrénique, lorsque l'on s'aperçut que les rhéophores avaient été oubliés. Le danger étant trèspressant, j'appliquai immédiatement sur son mamelon gauche l'extrémité métalliquedel'undes conducteurs du courant induit de mon appareil à son maximum et marchant avec des intermittences rapides, pendant que je promenais l'autre conducteur au niveau de la pointe du cœur. Après quelques secondes, apparurent des mouvements respiratoires faibles et rares, mais qui augmentèrent progressivement de fréquence et d'étendue; le pouls put être perçu, aprèsune minute environ. Bientôt après se peignit sur la face du sujet une légère expression de douleur; après quelques minutes, il fitenlendreun raible gémissement et agitaun peu ses membres supérieurs, ensuite le tronc, comme pour se soustraire aux excitateurs placés sur sa poitrine ; puis il poussa un grand cri, en allongeant des coups de pieds aux personnes qui l'entouraient, et il répondit aux questions quilui étaient adressées. Enfin en cinq ou six minutes la respiration et la circulation avaient élé rétablies; la coloration de la face était normale et l'intelligence revenue. . , , . , On le crut sauvé. Cependant je prescrivis de lui promener des sina-

pismes sur les membres et sur la région précordiale, en prévenant son patron qu'il était menacé de retomber dans le coma, et dans le même élat aspbyxique, sous l'influence toxique de l'oxyde de carbone. En effet, quelques minutes après la suspension de la faradisation cutanée, il ne répondait plus aux questions qui lui étaient adressées , sa respiration se ralentissait; par moments, il semblait oublier de respirer; sa face se décolorait et ses lèvres blêmissaient; puis sa respiration était devenue sterloreuse ; il ne sentait plus les pincements ; en un mot il s'asphyxiait de nouveau II fut bien vite tiré de cet état par la faradisation cutanée de la région précordiale, pratiquée celte fois plus légèrement, car il sentait vite et fortement. Elle fut continuée pir M.Duchenne fils, pendant une dizaine de minutes, jusqu'au rétablissement complet de la respiration, de la circulation et de ses facultés intellectuelles, jusqu'à ce qu'il pût se tenir

debout et marcher.

Pour moi, celte guérison n'était qu'apparente, je le fis transporter a l'Hôlel-Dicu dans le service du professeur Trousseau, où je devais le retrouver un peu plus tard. - Prévoyant que l'intoxication par 1 oxyde de carbone pouvait encore continuer son action et le faire retomber dans le coma, je lui fis placer des sinapismes sur les jambes et je recommandai,

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