ART. II. — YALEUR DE LÉLECTIUSATJON PAR ACTION RÉFLEXE
faradisalion cutanée, mais, coite foh, beaucoup plus long à obtenir. Enfin un quart d'heure après l'asphyxie reprit définitivement le dessus, et l'enfant succomba.
H. — Traitement de désordres fonctionnels graves de la circulation cardiao/je et DE LA respiration, symptomatiques d'une lésion nerveuse dynamique centrale.
L'excitation par action réflexe du bulbe, à l'aide delà faradisation cutanée de certaines zônes du thorax, peut modifier ou guérir : 1° des troubles graves de la circulation cardiaque, symptomatiques d'un état paralytique du nerf vague, produisant des syncopes quelquefois mortelles, par arrôt du cœur; 2° des désordre de la respiration, par exemple, la parésie ou la paralysie des muscles expiraleurs ou muscles bronchiques de Reissessen (ia paralysie du poumon); 3° l'apnée simple ou l'apnée comateuse, qui produisent consécutivement une accumulation d'écume bronchique et l'asphyxie.
A. — Le fait clinique suivant est la preuve des deux premières assertions.
Observation VIII. — Désordres graves de l'innervation cardiaque et de l'exviration par intoxication diphtérique.
Sommaire. — Angine couenneuse envahissant une vaste surface, chez une dame âgée de 21 ans; intoxication diphthérique produisant, le 16e jour, une paralysie du pharynx et du voile du palais, et vers le 27e jour, après une fausse couche de 3 mois et demi, d'autres phénomènes paralytiques, symptomatiques dune lésion du bulbe, à savoir: 1° troubles graves de la circulation cardiaque, propres à la paralysie du nerf vague, et qui ont été dissipés par la faradisation cutanée légère de la région précordiale ; 2° deux jours après, diplopie temporaire (pendant une heure), suivie immédiatement de la paralysie hémiplégique de la sensibilité et de la motilité du côté gauche, qui a été guérie en une heure par la faradisation cutanée des régions envahies par la paralysie ; 3° deux à trois heures après, retour des troubles fonctionnels graves de la circulation cardiaque, guéris de nouveau après deux jours de faradisation cutanée, pratiquée jour et nuit à des intervalles assez rapprochés sur la région précordiale 4° troubles fonctionnels graves de la respiration, symptomatiques de la paralysie des muscles expirateurs intrinsèques (muscles bronchiques du Reissessen), en d'autres termes, de la paralysie du poumon, dissipée momentanément (pendant une demi-heure à une heure) et à différentes reprises par la faradisation cutanée de la face dorsale du thorax; 5° enfin formation d'écume bronchique par faiblesse ouparalysie de l'expiration; mort le 38e jour, à 2 heures du matin.
Madame X***, âgée de 2 1 ans, enceinte de 3 mois, avait été atteinte, le 22 février 1869, d'une angine couenneuse, consécutivement à un refroidissement. Il me paraît superflu d'exposer les symptômes de cette angine qui, soignée par MM. Barlh,Ricord, H. Roger et Descroi-
132 CI1A T. III. — EXAMEN DES PRINCIPALES MÉTHODES d'ÉI.ECTR.
zilles chargé spécialement de rester jour et nuil près de la malade, a suivi une marche régulière, jusqu'au moment de la convalescence où, le 10 mars, était survenue une paralysie du pharynx et du voile du palais. Il en était résulté que l'alimentation était difficile et ne pouvait se faire qu'avec des liquides, des potages ou des bouillies. Néanmoins madame X***commençail à recouvrer ses forces, et l'on croyait que la convalescence était franche, lorsque, dans la journée du 21 mars, de fortes douleurs utérines annoncèrent un avorlement prochain. Bien que le travail de l'accouchement eût été régulier et n'eût pas provoqué d'hémorrhagie, il fut suivi de troubles de la circulation cardiaque et de la respiration, d'une extrême gravité. MM. Barlh, Ricord, H. Roger, Campbell et Descroizilles , qui avaient dû passer la nuit près de la malade, et avaient combattu avec succès, à l'aide d'excitants diffusibles, un état syncopal qui avait mis plusieurs fois sa vie en danger, n'avaient pu cependant triompher des désordres circulatoires et respiratoires les plus graves.
Le lendemain matin, le 22 mars, mes honorables confrères songèrent à faire appel à l'électrisalion et me demandèrent: 1° si dans ce cas l'application de ce traitement offrait quelque chance de succès; 2° à quel procédé il fallait recourir alors pour en diriger l'action thérapeutique sur les fonctions ou sur les points du centre nerveux atteints par l'intoxication diphtérique; 3° comment, par la faradisation ou la galvanisation, nous pourrions combattre la syncope ou l'asphyxie qui étaient imminentes.
Avant de répondre à ces questions, j'examinai la malade. Voici les principaux phénomènes morbides que je constatai alors : face extrêmement pâle, lèvres décolorées, léger refroidissement du nez et des extrémités; anxiété précordiale avec étouffement ; respiration un peu haletante bien que le rhythme des mouvements respiratoires fût normal, et qu'il n'y eût ni paralysie du diaphragne, ni emphysème, ni râles; petitesse et fréquence extrême du pouls (136 à 140 pulsations), avec une irrégularité et des intermittences telles, qu'il arrivait souvent que six à huit pulsations manquaient successivement; à l'auscultation du cœur, impossibilité de reconnaître le rhythme de ses claquements valvulaires ; je n'entendais qu'une succession de petits bruits sourds, inégaux, les plus désordonnés; pas d'augmentation de température annonçant un étal lébril. Il existait en outre une paralysie du voile du palais et du pharynx bien antérieure aux accidents graves pour lesquels j'avais été appelé à intervenir.
Je reconnus, dans l'ensemble de ces troubles fonctionnels cardiaques et respiratoires, les phénomènes caractéristiques d'un état paralytique des pneumogastriques. J'admis donc que, chez notre malade, l'intoxication diphtérique exerçait une influence mor-