CHAI'. XY1I1. — PROTHÈSE MUSCULAIRE PHYSIOLOGIQUE
ment ou du défaut d'action des muscles extenseurs de la portion dorso-cervicale sur l'attitude el'sur la conformation de la colonne vertébro-crânienne? Lorsqu'on a vu les désordres occasionnés par la paralysie des extenseurs des vertèbres lombaires, on pourrait s'attendre à observer un pbénomène analogue, consécutivement à la paralysie des extenseurs des vertèbres dorsales et cervicales. C'est cependant le contraire qui a lieu; i'atrophie musculaire progressive mJa fréquemment offert l'occasion de le constater.
Si, en effet, après avoir détruit, en totalité ou en partie, l'écorce musculaire de la portion tboracique du tronc, cette maladie commence à atteindre les extenseurs dorsaux et cervicaux (le grand épineux du dos , les faisceaux dorsaux de terminaison intertransversaires du long dorsal, les cervicaux descendants, les transversales épineux dorsaux et les interépineux du cou), la portion dorso-cervicale du rachis s'infléchit progressivement en avant, en décrivant une courbe à convexité postérieure, qui a été appelée cyphose. J'ajouterai que j'ai constaté, chez les individus dont les extenseurs spinaux dorsaux et cervicaux étaient ainsi atrophiés, que les gouttières vertébrales se creusaient proportionnellement au degré de l'atrophie de ces muscles et que l'exploration électrique n'en pouvait plus révéler l'existence.
L'individu qui présente cette courbure peut la redresser, lorsque l'atrophie n'est pas trop avancée et si on le lui commande; mais il n'essaye jamais de le faire, parce que ce redressement exige de sa part un effort qui le fatigue promptement. Aussi sa colonne vertébrale présente-t-elle toujours, dans la station debout, une cyphose dorso-cervicale, qui ne disparaît que dans le décubitus dorsal sur un plan résistant.
J'ai vu naître et se développer, chez un jeune homme, une cyphose dorso-cervicale par affaiblissement ou paralysie des extenseurs spinaux dorsaux et cervicaux ; en moins de deux ans, elle était arrivée à former une courbe à convexité postérieure considérable. (J'en ai pris la photographie.)
J'ai observé [un autre exemple de cyphose dorso-cervicale, par faiblesse musculaire,survenue depuis trois ans,sans cause apprécia^ ble, chez un homme âgé de soixante-six ans, qui se trouvait à l'Hôtel- Dieu, dans le service de M. Noël Gueneau de Mussy» Tl pouvait re^ dresser un instant sa colonne vertébrale, mais avec un grand effort qui l'épuisait; il retombait ensuite bien vite dans son attitude vicieuse.
Bien que, dans cette espèce de cyphose spontanée, on n'observe pas de paralysie des membres, il me semble rationnel de l'attribuer à une faiblesse ou à un défaut d'action des muscles spinaux dorsaux