CUAP. XVIII. — PROTHÈSE MUSCULAIRE PHYSIOLOGIQUE
Ils rendent raison de la formation des courbures de la scoliose lombaire paralytique, dans lesquelles la convexité et la lace antérieure des vertèbres sont tournées ducôté opposé aux muscles coolracturés.
Quant à l'existence des deux courbures opposées qui embarrassaient tant Morgagni, le mécanisme de leur formation est devenu facile à expliquer pour moi, depuis que l'observation clinique m'a démontré qne les spinaux lombaires et les spinaux dorsaux peuvent être atrophiés ou paralysés isolément, et qu'ils se contractent indépendamment les uns des autres. On conçoit en effet que, consécutivement à la paralysie ou à l'atrophie des spinaux lombaires d'un côté, les vertèbres lombaires et les dernières dorsales ayant été infléchies latéralement par les spinaux lombaires du côté sain, une courbure de compensation puisse être produite par la contraction des spinaux dorsaux du côté opposé. On se rappelle, du reste, que j'ai obtenu ces courbures en sens contraire du rachis, dans mes expériences électro-physiologiques. Ces incurvations , comme je l'ai dit, sont très-peu prononcées, lorsqu'elles sont uniquement dues à l'action musculaire; mais celle-ci étant continue dans la scoliose alrophique ou paralytique, les vertèbres se déforment progressivement, dans le sens de l'incurvation et de la rotation des deux portions du rachis; c'est ce qui explique l'augmentation progressive de cette scoliose.
Est-il besoin de dire que la scoliose paralytique ne peut avoir lieu, lorsque l'atrophie ou la paralysie des muscles spinaux atteint, et du même côté à la fois, la portion lombaire et la portion dorsale du rachis? J'ai vu, dans ce cas, se former une longue courbure latérale lombo-dorsale.
Étant élabli que la scoliose paralytique siège, à son origine, unilatéralement dans les muscles extenseurs de la région lombaire, on est conduit rationnellement à diriger sur eux toutes les ressources de la thérapeutique.
La faradisation associée au besoin à la galvanisation par courants continus des muscles extenseurs des vertèbres lombaires, avec le concours de la gymnastique rationnelle, de la prothèse physiologique du tronc (d'un corset spécial à forces élastiques que je décrirai bientôt), m'a donné des résultats incontestables, dans une période peu avancée de la scoliose.
En général, j'ai localisé l'excitation électrique dans les masses musculaires correspondantes à la convexité de la courbure lombaire, principalement dans le sacro-spinal et le carré des lombes, avec le courant de la deuxième hélice d'une intensité modérée, et avec intermittences éloignées d'une seconde, les séances durant chacune 8 a 10 minutes ont été renouvelées de deux en deux jours.
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ART. IV, § II. — PATUOG. ET PEOTII. DES COURBURES DU RACI1IS. i 093
én action les muscles qui exercent la flexion du tronc en dehors et en arrière, et à imprimer en môme temps un mouvement de rotation aux vertèbres lombaires dans le sens opposé à celui qui est produit par la scoliose.
On sait que, dans la première période de la scoliose, l'omoplate correspondante à la convexité de la courbure dorsale (par compensation) est plus saillante que celle du côté opposé et que la direction de son bord spinal est changée (voy. fig. 249). Quelques palhologïstes ont attribué cette déformation de l'épaule, les uns à la paralysie du grand dentelé, d'autres à la contracture du rhomboïde. J'ai entendu soutenir cette opinion par M. Eulemburg en 1860, au congrès des naturalistes de Carlsrhue. Lorsque j'ai traité de leur diagnostic différentiel, j'ai démontré le peu de fondement de cette hypothèse. Il est donc inutile de compliquer le traitement de la scoliose simple ou sans complications, par celui qu'il convient d'appliquer à la paralysie du' grand dentelé ou à la contracture du rhomboïde.
B. Traitement mécanique. — Arrivons maintenant à l'application de moyens mécaniques propres à redresser la courbure latérale de la scoliose.
1° Il en est un bien simple que je vais indiquer et qui n'exige l'emploi d'aucun appareil prolhélique. On sait que l'habitude de se tenir hanché, qui produit une inclinaison latérale du bassin, peut être l'une des causes occasionnelles de la scoliose. On peut agir de même sur le bassin, mais en sens contraire de l'inclinaison qui a produit ou favorisé le développement de la scoliose, en faisant asseoir le sujet sur un siège dont une moitié est plus élevée que l'autre. On conçoit que la fesse opposée à la courbure latérale lombaire reposant sur la moitié la plus haute du siège, la région lombaire du rachis s'incline nécessairement de son côté; en d'autres termes, la courbure lombaire de la scoliose est alors remplacée par une inclinaison latérale artificielle opposée. J'ai employé avec avantage ce moyen mécanique, plus puissant que les meilleurs corsets orthopédiques, pendant tout le temps que le sujet reste assis; il m'a paru très-utile dans le traitement de la scoliose.
2° Voulant appliquer à la prothèse de la scoliose les données physiologiques qui découlent de mes recherches, j'ai imaginé le corset à forces élastiques représenté dans lafig. 249 et qui exerce une pression latérale en sens inverse sur les convexités lombaire et dorsale.
Il se compose : i° d'un corset divisé en deux parties réutiies par une bande de caoutchouc d'un travers de doigt de hauteur et placé au niveau de l'union de la courbure lombaire avec la courbure dorsale; 2° d'une ceinture A reposant sur le bassin et par-dessus le rorsel; 3° de deux tuteurs métalliques D, E, fixés intérieurement à
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rieurement par des courroies fixées, l'une à un des côtés de la moitié supérieure du corset, au niveau de la partie moyenne de la convexité dorsale B et à la moitié inférieure du corset, et l'autre au niveau de la partie moyenne de la convexité lombaire C ; 4° de bretelles à ressorts, métalliques en spirales F, 67, terminées à leurs extrémités par des courroies percées de trous, au moyen desquels elles
du rachis.
se fixent à des boutons rivés à la ceinture A et à l'extrémité supérieure des tuteurs C, D.
On comprend, à la simple vue, le mécanisme de cet appareil. On peut graduer la force des ressorts F, G, qui agissent sur les tuteurs, de manière à mouvoir en sens contraire, de dehors en dedans, chacune des moitiés du corset doublé par une pièce de toile épaisse
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