ART. IV, § U. — PATD0G. ET PROTD. DES COURBURES DU RACB.IS
conscrivent ces pièces B, C. L'attache de ces ressorts à la partie supérieure du levier à mouvoir permet d'agir au besoin avec une force considérable.
Ce corset rappelle celui d'Hossard (ceinture à inclinaison de Hossard pour les déviations du rachis (voy. fig. 250 ). qui agit en sens contraire sur les convexilés dorsales et tend à les redresser(I). Je cite ici la ceinture Hossard comme point de comparaison avec mon corset à forces élastiques, de préférence à d'autres qui n'en sont que des imitalions ou plutôt un perfectionnement, entre autres la ceinture à flexion de /p M. J. Guérin, pour les déviations la- A /j térales du rachis. Le mien en diffère ' essentiellement en ce qu'il est conçu suivant les principes de la prothèse physiologique que j'ai posés précédemment. En effet, la ceinture Hossard est seulement un appareil contentif qui emprisonne fixement la cage thoracique. Au contraire, les forces élastiques du corset que j'ai imaginé, agissant à la manière de la force tonique, lui permettent de venir en aide aux muscles paralysés et de neutraliser ainsi la prédominance de la force tonique de leurs muscles antagonistes; en outre, grâce à celte force élastique, ce corset ne gène en rien les mouvements naturels du rachis; enfin, en raison de sa division en deux moitiés indépendantes, l'une dorsale et l'autre lombaire, il ne comprime pas la poitrine circulairement. Ce corset offre l'avantage d'être léger et de ne gêner en rien l'habillement des jeunes filles. Grâce à sa division en deux parties indépendantes, il n'exerce que des pressions latérales et n'occasionne aucun trouble dans l'acte de la respiration. Cette légèreté lui donne une apparence de faiblesse; c'est ce qui a fait dire que ce corset, « utile pour les jeunes personnes chez lesquelles se manifeste une tendance à la déviation par faiblesse musculaire, serait impuissant â modifier une scoliose avec altération dans la conformation du squelette (2). n
A cette objection, je répondrai que je puis à volonté augmenter
(1) Celte figure est empruntée au livre de MM. Gaujot et Spillmann, Arsenal de la chirurgie contemporaine. Paris, 1867, l. I, p. 557.
Fig. 250. — Ceinture à inclinaison de ossard pour les déviations du rachis.
1 096 CIIAP. XVIII. — l'ROTHÈSE MUSCULAIRE PHYSIOLOGIQUE.
énormément la puissance de l'action latérale de ce corsel, en doublant ou en triplant le nombre et la force des ressorts, et en donnant plus de fixité à la ceinture à l'aide de cuissards ou d'un caleçon auxquels on la relie. Je ne crois pas d'ailleurs que l'on puisse parvenir à redresser les scolioses, lorsque le squelette est arrivé à un haut degré de déformation, quelque moyen que l'on emploie, et encore moins avec ces appareils mécaniques puissants et à forces fixes qui exercent des pressions dangereuses ou nuisibles, surtout pour les fonctions n spiraloires. S'il est permis, dans ces circonstances, d'obtenir une amélioration, c'est principalement à l'aide de forces élastiques plus douces et agissant d'une manière continue.
APPENDICE
ARTICLE III
ÉTIOLOGIE. — DIAGNOSTIC (I).
§ I. — Étiologie.
L'atrophie musculaire progressive est, en général, une maladie de l'adulte ; c'est la règle. J'ai démontré précédemment (p. 518, § II) qu'on la rencontre quelquefois dans l'enfance ou dans l'adolescence. Elle atteint le sexe masculin dans la majorité des cas.
I. — ÉTIOLOGIE DE l'ATIIOFIUE MUSCULAIIIE PROGRESSIVE DE L'ADULTE.
Elle me paraît naître dans tous les pays et sous tous les climats. On m'en a adressé en effet de Russie (de Moscou, de Saint-Pétersbourg), de différents points de l'Allemagne, de l'Espagne, de l'Afrique, de la Turquie, des États-Unis, du Brésil. Toutefois la trèsgrande majorité m'est venue de la France; j'en ai observé le plus grand nombre à Paris.
J'ai vu quelquefois le froid et l'humidité prendre une certaine part à son développement, mais le plus souvent l'excès de travail musculaire a été la cause occasionnelle, dans la classe ouvrière.
(I) A la page 637, au lieu do Diagnostic, lisez : Article III, Èliolnyic. — Diagnostic. — Le § I, Etiolooie, ayant clé Ogaré, a été placé ici eu appendice.
ART. TU DU CDAP. V, § I .— ÉTIOLOGIE DE L'ATROPDIE MUSC. PROG. 1097
Ces causes, auxquelles on pourrait en ajouter d'autres (les cha- °rins profonds, les bouleversements sociaux ou politiques, l'onanisme, l'abus des plaisirs vénériens), en un mot, tout ce qui jette le sjslème nerveux dans un état d'épuisement, sont seulement occasionnelles.
Des faits trop nombreux, hélas! prouvent que l'atrophie musculaire progressive se développe sans cause connue, comme on l'a vu plus haut, chez plusieurs membres d'une môme famille, et quelquefois pendant plusieurs générations» « En moins d'une année, écrivais-je dans la précédente édition, j'ai vu l'atrophie musculaire progressive atteindre une dizaine de personnes de la classe riche ou aisée, chez lesquelles il m'a été impossible de découvrir une cause occasionnelle quelconque qui aurait pu provoquer le développement de celte maladie. Le sujet représenté dans la figure 124 en est un exemple très-frappant (I). On peut se faire une idée des désastres occasionnés chez ce malheureux jeune homme, à la vue des figures 124 et 125. Eh bien! il m'a été impossible de découvrir la cause de sa maladie. Il n'a jamais été malade avant 1846; il n'a jamais éprouvé la moindre douleur; il affirme n'avoir jamais abusé des plaisirs vénériens, ni s'être livré à l'onanisme. En sortant du collège, il ne s'accordait d'autres occupations, d'autres plaisirs que la chasse à laquelle il s'est livré, sans abuser de ses forces. Enfin, personne dans sa famille n'a été atteint d'une maladie semblable à la sienne.
J'ai également recueilli un cas d'atrophie chez un homme qui ne s'était livré qu'à des éludes littéraires, qui n'avait subi aucune espèce de privations, qui n'avait jamais souffert, qui n'avait pas eu d'autre maladie, chez lequel, en un mol, il étail impossible de découvrir la moindre cause qui eût pu provoquer cette affection.
Depuis 1855 (époque où fut publiée la première édition de ce livre), combien d'histoires, toutes aussi déplorables, pourrais-je ajouter aux précédentes ! Elles démontrent que l'atrophie musculaire progressive se déclare souvent sans cause connue ou occasionnelle, et qu'il n'existe pas de classe privilégée qui ne soit pas exposée aux atteintes de celle maladie.
Enfin, je rappellerai ici ce singulier principe héréditaire enverlu duquel, depuis plusieurs générations, l'atrophie musculaire progressive est transmise aux aînés d'une même famille. (Ce fait a été rapporté précédemment, obs., Cil, el représenté dans les figures 144, 145, 146).
(1) Voir pour la relation de ce fait clinique chuis Êtectrisation localisée, 1855,
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APPENDICE