‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 74 sur 543 · ART. L PROPRIÉTÉS QUE DOIVENT POSSÉDER LES APPAREILS · texte numérisé non relu

ART. L PROPRIÉTÉS QUE DOIVENT POSSÉDER LES APPAREILS

ordre? L'application d'un appareil dont les intermittences sont rapides et excitent vivement la sensibilité n'en est donc que plus, dangereuse, dans le traitement des paralysies cérébrales. Je dois avouer que j'en ai fait la triste expérience, au commencement de mes recherches.

De tout ce qui précède il ressort que, pour les paralysies cérébrales, on doit être très-circonspect dans l'emploi de la faradisation localisée et qu'il faut éviter d'exciter trop vivement alors la sensibilité générale, sous peine d'exposer le malade à de graves accidents. Or, — on le sait, — la faradisation par les intermittences rapides provoque vivement la sensibilité.

De ce que les courants à intermittences rapides soient dangereux ou inapplicables dans le traitement des paralysies cérébrales, il ne faudrait pas en conclure que ces paralysies ne doivent pas être soumises à la faradisation localisée. Que l'on se rappelle, 'en effet, qu'il est possible de provoquer par la faradisation localisée les contractions les plus énergiques, sans produire des sensations trop douloureuses, pourvu que les intermittences soient suffisamment éloignées les unes des autres (une ou deux par seconde, par exemple). Pratiquée ainsi avec de rares intermittences, la faradisation localisée ne fait courir aucun danger aux malades ; elle peut, au contraire, leur être d'une grande utilité.

La faradisation musculaire rapide est nécessaire seulement lorsque les muscles ont perdu, à des degrés divers, leur sensibilité, ou lorsqu'ils sont menacés dans leur nutrition. Or, la sensibilité des muscles est rarement atteinte dans la paralysie cérébrale, et, quant à leur nutrition, j'établirai plus tard que la fibre musculaire reste intacte dans cette affection ; car on ne peut pas considérer comme une lésion de nutrition l'amaigrissement qui se produit quelquefois alors, à la longue et uniquement par défaut d'exercice.

b. Quand bien même l'état des centres nerveux ne conlre-indiquerait pas l'emploi des intermittences rapides, il n'est jamais indifférent de pratiquer la faradisation musculaire avec ou sans douleur, car il est des sujets qui, soit par défaut d'énergie, soit en raison de leur excitabilité nerveuse, ne peuvent la supporter. Je citerai comme exemple les femmes et les enfants.

Si, d'un côté, la propriété que possèdent les intermittences rapides d'augmenter la puissance tonique des muscles et de produire souvent leur contracture, est quelquefois utilisée en thérapeutique, d'un autre côté, elle peut occasionner de grands désordres. Ainsi j'établirai, par des faits, qu'appliquée à la face elle provoque, dans certains cas, des contractures qui entraînent après elles des difformités incurables.

c. Enfin il est une foule de circonstances où les besoins théra-

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peutiques ne demandent que l'application d'un très-petit nombre d'intermittences isolées, comme lorsqu'il s'agit d'exciter la membrane du tympan dans le traitement de la surdité, etc.

En résumé, ces considérations démontrent surabondamment que la faradisation à intermittences rapides trouve de nombreuses et utiles applications en physiologie et en thérapeutique, mais que, dans certains cas où elle est appliquée à l'excitation musculaire, elle est dangereuse, à cause des accidents ou des difformités qu'elle peut occasionner et qu'alors elle est remplacée avantageusement par la faradisation à rares intermittences.

§ III. — Dans un grand nombre de cas, les appareils faradiques ne sauraient être trop puissants.

Que doit-on entendre par puissance d'un appareil d'induction? Comment la mesurer?

Un appareil est puissant, s'il agit avec énergie sur la contractilité musculaire, sur la sensibilité de la peau, des muscles et d'autres organes sous-cutanés, sur la sensibilité de la rétine ; enfin s'il peut traverser une grande épaisseur de tissus, c'est-à-dire si les recompositions électriques peuvent se faire profondément dans les organes.

On sait maintenant, après les faits et les considérations qui ont été exposés précédemment (art. III, chap. Ier), que les actions différentielles des courants d'induction, applicables à la pratique, se trouvent réunies seulement dans un appareil à double induction, dont les hélices sont construites dans certaines proportions; que l'énergie de ces actions différentielles, exercée spécialement, les unes par la première hélice (l'extra-courant), les autres par la seconde hélice (le courant induit), est en raison directe de la longueur des fils. On comprend donc que la puissance d'un appareil d'induction est nécessairement proportionnée à son volume et à son poids. (On n'a malheureusement pas encore découvert le moyen de produire une induction très-puissante avec peu de longueur de fil de cuivre.)

Cependant on s'exposerait a se laisser tromper par les apparences, en jugeant de la force d'un appareil d'après son volume et son poids, si l'on ne mesurait pas sa puissance réelle. Nous ne sommes plus au temps où, pour décider de la force d'un appareil, on se contentait de prendre un rhéophore dans chaque main. Il faut, si l'on veut connaître exactement son degré de puissance sur telle ou telle fonction, diriger et limiter l'un ou l'autre courant de cet appareil dans les organes, et procéder, dans ce genre d'expérience, comme je l'ai indiqué précédemment.

Je vais maintenant prouver, par quelques exemples, la vérité

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