‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 106 sur 140 · PARALYSIES SATURNINES ET VÉGÉTALES · texte numérisé non relu

PARALYSIES SATURNINES ET VÉGÉTALES

Jeur brosse. Comme il a fallu déja un temps assez long pour obtenir ce résultat, les chefs de service des hôpitaux perdent patience et renvoient les ma'ades avant que leur guérison soit comp'e e. Ces malades sont forcés de reprendre leur travail ; mais n'ayant pas encore la force et habileté nécessaires, ils ne tardent pas à rechuter, Aussi, atje fait venir dans mon cabinet ceux d'entre eux que j'ai pu décider à renoncer à la pro- fession'qui les ex posait à intoxication par le plomb, pour leur rendre l’usase de leur main. J'ai suivi ces malades depuis leur guérison, et jai eu la satisfaction de constater que n'étant plus exposés à l'intoxication saturnine, ils n'ont pas essuyé de rechute.

J'ai toujours vu, dans la paralysie saturnine, le muscle deltoïde opposer très peu de résistance à l'action thérapeutique de la faradisation localisée.

M. X... (obs. LXXXIX) qui, depuis deux ans, était privé de l'élévation des bras, avait déjà recouvré à peu près entièrement cette fonction après une dizaine de séances. J'en puis dire autant de ceux que j'ai eu l'occasion d'observer dans les mêmes conditions que lui.

J'ai démontré que lors même que la paralysie saturnine s'est généralisée, cette alfection spéciale conserve encore son caractère disuncuf en privant de leur contractilité électrique les muscles dans lesquels eile établit son siége d'élection. Dans ces paralvsies sénérales, les mouvernents et la nutrition reviennent assez vite dans les muscles qui ne sont pas le siége habituel de la paralysie saturnine partielle. Ainsi, les trois malades atteints de paralysie saturnine générale dont j'ai rapporté ou analvsé les observations (obs. LV, LVE, LVIT, p 463), ont recouvré rapidement et sans l'intervention de fa faradisation localisée , tonus leurs mouvements, à l'exception de ceux du deltoïde et de certains muscles de la révion postérieure de l'avant-bras; il a fallu un temps assez long. et méme recourir à la faradisation localisée, pour rappeler les mouvements et la nutrition dans ces derniers muscles. |

J'ai eu l'occasion de traiter trois paralvsies consécutives à la colique dite végétale, par la faradisation localisée, et ai constaté que cette médication se comporte dans ces cas comme dans la paralysie saturaine, c'est-à-dire qu'elle exerce son action

710 APPLICATION DE LA FARADISATION A LA TIHÉRAPEUTIQUE. thérapeutique d'abord sur la nutrition et sur la tonicié DusCu= laure, puis.sur les mouvements volontaires, et qu'e le obtient la guérison de ces paralysies lors même qu'elles se sont montrées reielles aux autres traitements. Je n'en rapporterai qu'un cxemple.

OBSERVATION CXXXVT. — Parnlysie végétale des avant-bras ct des mains abee atrophie considérable des muscles paralysés datant de six mois, quérie par lu faradisation localisée.

Brchion (François), trente-deux ans, salle Saint-Charles, 18, cuisinier sur un nasite de l'É at, fit uu voyage à la Guadeloupe en 4851. Arrivé à la Basse Terre, séjour du gouverneur, etapiè: avoir eu un refroidissement tant en sueur, il eut une courbature, Le troisième jour des coliques se déclarérent avec tous les phénomères qui caractérisent a colique sèche végétale. Ces coliques durèrent cinq mois avec des intervalles d'un jour ou denx. Quatre mois après l'apparition des coliques sèches, tremblement dans les bras pendant deux Jours, puis paralysie complète des membres supérieurs, Revenu en France en mat 1852, il entra à l'hôpital Saint- Aütoine, 6ù il prit des bains sulfureux. Après trois mois de ce traitement, les mouvements de lPavant-bras sur Ile bras et des bras sur l’omoplate étaient revenus, mais les mouvements de la main et des doigts étaient restés paral;sés. — Entré à la Charité dans la sa'le Saint-Charles, je constatai chez lui les phénomènes suivants: Ta région postéricure de lasantLras estteflement atrophiée de chaque côté, que la j'exu est littéras Jument appliquée sur les os; les poignets sont constamment dans la flexions les premières phalanges sant féchies sur les métacarpiens: lorsqn’on les soutient, le malade peut étendre les deux dernières; le pouce a perdu tous ses Mouvements, Aucun des muscles de la région postérieure de l'avant bras, à lexception des supinateurs, ne répond à l'excitation électrique, et fe mala le témoigne peu de sensbilité lorsque je les faradise. Les muscles des éminences thénar sont atrophiés surtout à gacche {ce phénomène ne

mL rve pas dans la paralysie saturnine).

La faradisation localisée fut pratiquée trois ou quatre fois par semaine, avec un Courant intense et rapide. Én trois semaines, la nutrition apparut d'une nianière notab'e dans les muscles paralysés, puis les mouvements revinrent dans les radiaux et dans le cubital postérieur ; l'extension des premières phalanges etles mouvements d’abduction et d'extension du pouce sc firent un peu plus longtemps attendre.—Le 26 mai, Brebion se crut capab'e de prendre le service de valet de chambre et je constatai avant sa sertie de l'hôpital que la masse musculaire des avant-bras était très déve- Jopye, que l'extension du poignet, des doigts et du pouce se faisait norma- Jement,, mais encore avec peu de force. Les petits muscles des éminences thénar commençaient à se développer, mais ils n’exécutaient pas encore

complétement l'opposition. Cet homme, avant abusé de ses forces, dut rentrer de nouveau à la Charité, où il est venu compléter sa guérison.

Le mode de faradisation qne j'ai employéavee le plus d'avantage dans le traitement de la paralysie saturnine, est à peu près celui que j'ai appliqué dans Îles paralysies consécutives aux lésions traumatiques des nerfs mixtes. Ainsi,ondevra se servir d’un courant à intermittences rapides et aussi intense que possible, dirigé principalement sur les muscles dont la contractilité et la sensibilité électrique sont le plus affaiblies; le courant rapide est celui qui agit le pius puissamment sur la nutrition musculaire, en méme temps quil rappelle le mouvement volontaire. Les séances ne dureront pas plus de dix minutes; plus longues, elles pourraient occasionner des courbatures, être suivies de douleurs et produire l'effet contraire à celui qu'on veut obtenir. Les malades que j'ai guéris se sont bien trouvés des séances répétées de deux jours l'un. [is ont été traités seulement par la faradisation localisée; cependant l'association des bains sulfureux, de la strychnine à l'intérieur,de la gymnastique nerveuse et des différentes pratiques du massage, ne peut que hâter leur ouérison.

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