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OBSERVATION CXLVI. — J'observe actuellement (22 juin 4854) un malade nommé Quinquet, âgé de dix-neuf ans, coiffeur, demeurant rue de la Calandre, n° 13, couché au n° 18 de Ja salle Saint-Ferdinand (Charité), qui, s'étant endormi sur l'herbe par un temps froid et humide, se réveilla au bout d’une heure avec une paralysie de l’avant-bras droit (c'était le côté appuyé sur l’herbe), bien qu’il n’y éprouvât aucune douleur. Le len-
"demain, 30 mai 1854, il entra à la Charité où je constatai que tous les muscles qui sont sous la dépendance du nerf radial étaient paralysés, mais les muscles de la région antérieure de l’avant-bras et ceux de la main jouissaient de leurs mouvements. La contractilité électrique des muscles paralysés était intacte, mais leur sensibilité paraissait augmentée. M. Cruveilhier me proposa de le traiter par l'électricité, mais je le priai de vouloir auparavant essayer l’action des vésicatoires, pour expérimenter linfluence de cette médication. Cinq vésicatoires ont été promenés sur la région postérieure de l’avant-bras ; l’un d’eux fut placé sur le cou, au niveau de l'origine du plexus brachial. Vers le dixième jour du traitement, il Yÿ eut un commencement d'action sur les radiaux , dont les mouvements et la force revinrent graduellement. Les extenseurs des doigts et le long su- Pinateur montrèrent plus de résistance. Enfin, ce malade guérit après un mois de traitement.
. Ce fait prouve donc qu'une médication par des vésicatoires peut guérir quelquefois ces paralysies rhumatisinales de l'avant: bras. Mais n'obtiendrait-on pas une guérison plus rapide en les traitant au début par la faradisation localisée ? C'est ce que je n ai pas encore suffisamment expérimenté. Cependant voici en vésumé un premier fait que Je viens de recueillir à ce point de vue. ;
OBSERVATION CXLVII. — Madame Loré, concierge, âgée de cin- Quante ans, demeurant à Paris, quai de Béthune, n° 36, ayant fait un la- Yage dans la journée du 27 avril 1854, s'endort le soir sur sa chaise, par un temps froid et humide. En se réveillant, elle sent sa main et son avantbras du côté droit froids et engourdis, Elle ne peut plus s’en servir, son poignet tombe, ses doigts sont fléchis, et son pouce a perdu ses mouvements. Un vésicatoire est immédiatement appliqué sur la face postérieure de l’avantibras ; fhais huit jours après la paralysie est dans le même état. Elle se présente à la consultation de M. Briquet, qui me l'adresse. Je constate alors que les muscles qui sont sous la dépendance du nerf radial sont seuls paralysés, qu’ils jouissent de leur contractilité électrique normale, mais qu’ils sont plus sensibles à l'excitation que ceux du côté sain..Elle est à l'instant faradisée jour à autre, et en dix séances élle à recouvré ses mouvements.
Ce dernier cas est le pendant de celui qui a été rapporté plus
haut (obs. CXLVI), et dans lequel les. vésicatoires ont été seuls employés. On voit que la guérison n'a pas été beaucoup plus rapide par la faradisation localisée. Mais je le répète, ces faits sont à l'étude, et l’on ne peut encore rien en conclure.
Il ressort, en résumé, des faits que j'ai observés, que la faradisation localisée peut triompher des paralysies rhumatisimoles de l’avant-bras dans lesquelles les médications ordinaires ont échoué. Ce sontles cas où J'ai été le plus souvent appelé à inter: venir.
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