ÉLECTRICITÉ D'INDUCTION, — THÉRAPEUTIQUE
sensation cutanée la plus aiguë, qui cesse subitement avec l'opération, qui se gradue depuis le simple chatouillement jusqu’à la douleur la plus vive, soit en passant par tous les degrés intermédiaires, soit en passant subitement d'un extrême à l’autre, sans jamais désorganiser la peau, ne laissant d'autre trace à sa surface qu'un léger érythème ou de petites élevures dues à l'érection des papilles. On conçoit qu'un tel agent répond à une foule d'indications, soit qu'on veuille rappeler la sensibilité, comme dans les anesthésies, soit qu'on veuille seulement produire une révulsion où une perturbation sur un point quelconque de la peau, comme dans les névralgies, les douleurs rhumatoïdes, etc., etc. Cette excitation cutanée peut être renouvelée fréquemment et portée sur tous les points de la surface du corps, même à la face, car elle ne laisse aucune trace visible après elle, et elle s’approprie au degré d'excitabilité de chaque individu, et même de chaque région du corps.
L'action chimique de l'électricité d'induction est tellement faible, qu'elle ne saurait servir à la coagulation du sang, dans le traitement des anévrysmes.
L'action élective de la sensibilité du courant de deuxième ordre sur la sensibilité de la peau est utilisée dans les cas où il est nécessaire de produire une vive révulsion cutanée, instantanée, par exemple, dans les anesthésies profondes et rebelles, et cela sans y laisser aucune trace visible après l'opération.
Le courant de deuxième ordre de l'appareil électro-magnétique, dont l'action spéciale sur la rétine a beaucoup d’analogie avec celle du galvanisme, ne doit, selon moi, être appliqué à la face, que dans les cas où il est indiqué d'exciter la rétine, sous peine de compromettre la vue des malades, ainsi que je l'ai dit précédemment. L'appareil volta-électrique et le courant de premier ordre de l’appareil magnéto-électrique, excitant faiblement la rétine, sont peut-être insuffisants dans le traitement de l'amaurose; mais, en raison même de leur peu d'action sur la vue, ils me semblent devoir être préférés dans toutes Îles opérations électriques pratiquées sur la face ou sur le cuir chevelu.
L'électricité d'mduction est celle qui convient le mieux à l'excitation musculaire dans le traitement des paralysies du mouvement, ainsi que Je l'établirai par la suite ; on peut l'appli-
quer à la contractilité musculaire, sans produire de douleurs, sans craindre de surexciter le sujet, à quelque dose qu'on agisse, pourvu que les intermittences du courant soient assez éloignées les unes des autres, et que les excitateurs soient toujours maintenus très rapprochés.
Il est souvent besoin d'un courant des plus intenses dans le traitement de certaines affections musculaires, ainsi que je lai déjà dit. Dans ces cas, l'électricité d'induction est la seule applicable, parce qu'elle n'exerce pas d'action calorifique, comme l'électricité de contact.
Enfin, les appareils d'induction peuvent, sous un petit volume, agir sur la contractilité avec une puissance considérable ; ce qui facilite singulièrement leur application.
Il résulte des considérations précédentes que chacune des sources électriques, dont je viens d'exposer les propriétés physiologiques et thérapeutiques, répond à des indications spéciales ; il devient alors nécessaire d'introduire dans le langage des expressions différentielles qui indiquent clairement leur emploi respectif.
Le mot électrisation ne devrait être employé que d'une manière générale.
L'application de l'électricité de tension, de frottement, pour-rait être appelée électrisation statique, et celle de l'électricité de contact conserverait le nom de galvanisation. Mais, sous cette dernière dénomination, on a jusqu'à présent désigné indifféremment, dans la pratique médicale, l'emploi de l'électricité de contact et de l'électricité d'induction. On comprend les conséquences fâcheuses d'une telle confusion après les considérations électro-physiologiques et thérapeutiques que je viens d'exposer.
Puisqu'il est nécessaire de créer un mot qui désigne exactement l'électricité d’induction où son application, n'est-il pas permis de le tirer du nom du savant qui a découvert cette espèce d’électricié? Ainsi, de même que Galvani a laissé son nom à l'électricité de contact, de même aussi devrait-on, selon moi, donner à l'électricité d'induction le nom de Faraday. En conséquence, cette électricité serait appelée faradisme, les appareils qui la produisent appareils faradiques, et son application serait désignée par le mot faradisation. Gette dénomination me paraît d'autant plus heureuse, qu'elle établit une distinction bien tran-