CHAPITRE IT
Exposition de la méthode d’électrisation localisée,
ARTICLE PREMIER. — PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA MÉTHODE D'ÉLECTRISATION LOCALISÉE.
Au début de mes recherches, je m'étais conformé aux-principes d'électrisation formulés dans les traités spéciaux , et mes premiers essais ayant été, sinon malheureux, du moins peu encourageants, je vis bientôt que ces insuccès pouvaient être attribués à l'imperfection des procédés opératoires en usage dans la pratique et auxquels j'avais eu recours jusqu'alors. Bien que je me réserve d'en faire l'examen critique dans le chapitre suivant, je puis dire actuellement que leur plus grand défaut est de ne pas permettre d'agir sur l'organe malade sans exposer les organes sains, et quelquefois le système ner. veux tout entier, aux inconvénients ou aux dangers de la stimulation électrique. De plus, il est impossible avec ces procédés de se livrer avec quelque exactitude à la moindre étude électrophysiologique ou patholosique.
Il me parutalors qu'on obtiendrait des résultats peut-être plus importants et plus réguliers, s'il était possible ou d'arrêter l'électricité dans la peau, sans stimuler les organes qu'elle protége, ou de traverser ce tissu, sans l'intéresser, pour concentrer cette puissance dans un nerf, dans un muscle, enfin de faire pénétrer l'agent électrique dansies organes profondément situés.
$ Ier. — Comment gouverner à travers les organes un agent aussi puissant, aussi rapide que l'électricité? Comment lui imposer des limites?
Ce problème, si difficile en apparence, était cependant des plus simples. 11 suffisait, pour le résoudre, d'analyser avec
soin des phénomènes qu'on produit chaque jour dans la pratique, en appliquant sur la peau sèche ou humide des excitateurs d'un appareil à induction.
Voici les principaux faits qui m'ont permis de remplir avec succès la tâche que je me suis imposée. Ils servent de base à l'électrisation localisée. |
1° Si la peau et les excitateurs sont parfaitement secs et l'épiderme d'une grande épaisseur, comme cela s'observe chez certains sujets que leur profession expose souvent au contact de l'air, les deux courants électriques provenant d'un appareil d'induction se recomposent à la surface de l'épiderme, sans traverser le derme, en produisant des étincelies et une crépitation particulière, et sans donner lieu à aucun phénomène physiolosique.
2° Met-on, sur deux points de la peau , un excitateur humide et l’autre sec, le sujet soumis à l'expérience accuse , dans le point où le dernier excitateur n'avait développé que des effets physiques, une sensation superficielle, évidemment cutanée. Les électricités contraires, dans ce cas, se sont recomposées dans le point de l’épiderme sec, mais après avoir traversé la peau à l'aide de l'excitateur humide.
3° Mouille-t-on très lésèrement la peau, dans une résion dont l'épiderme offre une très grande épaisseur, il se produit, dans les points où sont placés les excitateurs métalliques secs , une sensation superficielle, comparativement plus forte que la précédente, sans étincelles ni crépitation. Ici, la recomposition électrique a lieu dans l'épaisseur de la peau.
4° Enfin, la peau et les excitateurs sont-ils très humides, on n'observe ni étincelles, ni crépitation, ni sensation de brûlure ; inais on obtient des phénomènes de contractilité ou de sensibilité très variables, suivant qu'on agit sur un muscle ou sur un faisceau musculaire, sur un nerf ou sur une surface osseuse. Dans ce dernier cas, on détermine une douleur vive, d’un caractère tout particulier : aussi doit-on éviter avec soin de placer les excitateurs humides sur les surfaces osseuses (1).
(1) Je vais essayer de théoriser ces phénomènes , en les soumettant aux prin cipes de la physique.
On sait que l'électricité de tension a une grande tendance à s'échapper par les pointes. N'en serait-il pas de même de l'électricité dynamique, quand les recom-