‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 16 sur 140 · LG DE L'ÉLECTRISATION LOCALISÉE · texte numérisé non relu

LG DE L'ÉLECTRISATION LOCALISÉE

arriver au poplité interne,qui est protégé par une grande épaisseur de tissu cellulaire, sans un courant assez intense. Le nerf scialique n'est accessible qu'à son origine dans le bassin, à travers la paroi postérieure du rectum. Le procédé de faradisation qu'il convient d'employer dans ce cas sera exposé plus tard.

Dans les autres régions, la faradisation musculaire indirecte devient plus difficile et plus délicate. A la face, le tronc de Îa septième paire, caché dans l'épaisseur de la parotide, est inaccessible à l'excitation électrique, quelle que soit l'intensité du courant. On peut atteindre le tronc de la septième paire à sa sortie du trou stylo-mastoïdien , en plaçant dans le conduit auditif externe un excitateur conique coiffé d'une peau humide, et en appuyant sur le cartilage inférieur. Dans ce point, le tronc nerveux n'est séparé de l’excitateur que de trois à quatre millimètres. Ses rameaux doivent être faradisés à leurs points d'émergence de la parotide. La contraction des muscles qui sont sous la dépendance de ces rameaux est l'indice certain de leur excitation électrique. Dans la région sus-claviculaire, l'excitateur, placé immédiatement au-dessus de la clavicule, agit sur le plexus brachial ; au-sommet du triangle sus-claviculaire, il se trouve en rapport avec la branche externe du spinal, à un travers de doigt au-dessus de la clavicule et au niveau de l'attache claviculaire du trapèze, l'excitateur agit sur le nerf qui anime le grand dentelé et le deltoïde ; à la même distance de la clavicule et vers l’attache inférieure ducléido-mastoïdien, ce sontles nerfs qui se distribuentaux pectoraux, aux fléchisseurs de l’avant-bras sur le bras et à tous les muscles de la région antérieure de l’avant-bras qui reçoivent l'excitation (1). Enfin, au niveau du scalène antérieur, il porte l'influence électrique dans le phrénique. J'exposerai le procédé qu'il convient d'employer quand on veut faradiser ce dernier nerf, à l'occasion de l'étude électro- physiologique et patholooique du diaphragme. Le grand hypoglosse est presque souscutané au niveau de la grande corne de Fos hyoïde, dans le point

(1) Je suis certain que c’est dans les différents points que j'indique que se trouvent, au milieu du plexus brachial, les fibres nerveuses constitutives de chacun (les nerfs qui en naissent; car j'ai répété des milliers de fois ces expériences et toujours en plaçant les excitateurs sur ces points, j'ai vu entrer en contraction les muscles qui recoivent l’action nerveuse spinale de chacun de ces nerfs.

J'avoue n'avoir fait aucune recherche anatomique sur le cadavre pour vérifier ces faits, mais je n'en suis pas moins sûr de leur exactitude.

FARADISATION MUSCULAIRE. h7 où il s'engage entre le stylo-hyoïdien et l'hyoglosse. C'est là que doivent être placés les excitateurs humides, quand on veut faradtser ce nerf.Je dirai plus tard comment on doit procéder à la faradisation du glosso-pharyngien, du preumogastrique et du récurrent.

C. La faradisation musculaire directe consiste, on le sait, à faire contracter individuellement chaque muscle ou chaque faisceau musculaire, en plaçant les excitateurs humides sur les points de la peau qui correspondent à leursurface. Rien n est facile comme ce mode de faradisation, surtout dans les régions superficielles du tronc et des membres, si l’on possède certaines connaissances anatomiques etprincipalement la connaissancede l'anatomie des surfaces. Pour les muscles des régions profondes des membres, la faradisation musculaire directe offre plus de difficultés, bien que la plupart d'entre eux présentent, sous la peau, un point de leur tissu musculaire par lequel ils sontaccessibles à l'excitation directe.

J'aurais pu indiquer dans un tableau synoptique les points sur lesquels les excitateurs doivent être placés, quand on pratique la faradisation directe et partielle des muscles. Mais un tel travail me ferait sortir des limites que je me suis imposées; il serait peu utile d’ailleurs à ceux qui n'ont pas oublié leur myologie. Cependant le praticien qui désire se perfectionner dans l'art de la faradisation localisée doit étudier la myologie à un point de vue spécial, c'est-à-dire qu'il est tenu de connaître exactement les lieux dans lesquels les muscles des régions superficielles on profondes sont en rapportavec la surface cutanée. Quant à ceux qui sont inaccessibles à la faradisation directe(et ils ne sont pas en grand nombre), on a toujours la ressource de leur communiquer l'excitation électrique par les nerfs quilesaniment.

On ne doit administrer aux muscles qu’une dose d'électricité proportionnelle à leur degré d’excitabilité, qui est variable pour chacun d'eux, ainsi que je le démontrerai plus tard. En conséquence il est nécessaire que l'opérateur ait toujours une main libre, prête à agir sur le graduateur de l'appareil pendant la faradisation. Gette même main sert aussi à opérer les intérmittences du courant. Cette partie de l'opération ne doit jamais être confiée à un étranger, car Le médecin doit ralentir ou presser le mouvement intermittent suivant les indications particulières. Ces indications se présentent à chaque instant, quel-

Page 1