LS DE L'ÉLECTRISATION LOCALISÉE
quefois mêine pendant la faradisation d'un seul muscle. Une seule main (la main opposée à celle qui exécute la graduation
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Fig. 6.
ou les intermittences) doit tenir et manœuvrer les excitateurs; la poignée de l’un étant placée entre le pouce et l'index et celle de l'autre entre le médius et l’annulaire ; les doigts sont fléchis de manière à les maintenir dans la paume de la main. Ce procédé permet de pratiquer la faradisation avec une grande rapidité. Les fisoures 6 et 7 sont destinées à montrer la manière de tenir les excitateurs d'une seule main. Dans la figure 6,les excitateurs cylindriques garnis d'éponges humides sont placés dans la main gauche, l'autre main exécute les intermittences rares en imprimant des mouvements de rotation en sens opposé à la vis G.
La figure 7 represente les excitateurs coniques coiffés d'une peau
humide, tenus dans la main gauche et posés sur le triangulaire du menton.
Fig. 7.
FARADISATION MUSCULAIRE. h9
Il faut toujours placer les excitateurs au niveau de la masse charnue des muscles, et jamais au niveau de leurs tendons; car la stimulation de ces derniers ne peut produire la contraction musculaire.
Pour faradiser complétement un muscle, il serait nécessaire queles excitateursrecouvrissent toute sa surface ; ou s'ils n'étaient pas assez larges, ils devraient être appliqués successivement sur tous les points de cette surface. En effet, lorsqu'on pose un excitateur humide sur la partie supérieure d’un muscle long, on voit cette partie se gonfler, et on la sent se durcir ; si le même excitateur est placé sur la partie inférieure du même muscle, c'est cette dernière qui se gonfle et se durcit à son tour. Un excitateur placé sur un point de la surface d'un muscle large fait contracter seulement les fibres qui se trouvent en rapport avec lui, tandis que les fibres voisines restent dans le relâchement. Il résulte de ces faits que l'excitation d'un muscle n’a lieu que dans les points qui sont en rapport avec les excitateurs.
Plus un muscle est épais, plus le courant doit être intense; car si ce courant est faible, l'excitation n’a lieu que dans les fibres superficielles. Mes recherches m'ont appris, en effet, que, sous l'influence d'appareils très puissants, l'électricité pénètre profondément les tissus. Voici quelques expériences à l'appui de cette proposition. Dans la paralysie saturnine, certains muscles de la région postérieure de l'avant-bras sont atrophiés et ne se contractent pas sous l'influence de la faradisation. C'est ce que Je démontrerai par la suite (III° partie). Si le courant est modéré, on nobserve aucun mouvement dans le membre, quand les excitateurs sont placés au niveau des muscles paralysés; si le courant est très intense, on voit les muscles situés audessous des muscles paralysés entrer en contraction. Dans le premier cas, l'excitation électrique a été limitée dans les muscles paralysés; dans le second, elle les a traversés pour agir sur les muscles qu'ils recouvrent. Chez les sujets très gras ou infiltrés, l'électricité ne peut arriver aux muscles qu'à l'aide d'un courant très intense. Il me paraît résulter de ces faits que pour la faradisation musculaire , l'intensité du courant doit être proportionnée à l'épaisseur des muscles et des tissus à traverser, en tenant compte toutefois du degré d’excitabilité de chacun d'eux, comme Je le démontrerai plus loin.
Les excitateurs humides ne se trouvant en rapport qu'avec la face externe des muscles, et les filets nerveux n'arrivant à ceux des résions superficielles que par leur face profonde, on est certain que les contractions musculaires n'ont pas lieu par l'intermédiaire des filets nerveux. A la face, la faradisation partielle des muscles est plus difficile à cause des rameaux nerveux. nombreux qui croisent leur direction. On peut cependant parvenir presque toujours à éviter ces raiéaux nerveux ; car on est averti par la contraction simultanée de plusieurs Rates que l’excitateur a porté sur l’un des rameaux d'eux. Alors on place cet excitateur un ou deux millimètres plus haut ou plus bas, en le maintenant toujours sur la direction du muscle à faradiser, L'habitude, d’ailleurs, et une connaissance exacte de l'anatomie apprennent à éviter ces filets nerveux. C'est ainsi qu'on me voit limiter l’action électrique dans chacun des muscles du visage, et produire les jeux de physionomie les plus variés, ou obtenir des mouvements d'ensemble, en excitant chacun des rameaux nerveux de la septième paire.
D. Faradisation musculaire localisée par courants dérivés. — 1] peut arriver qu'on ait à faradiser plusieurs muscles à la fois, par exemple deux muscles homologues de la face (les deux grands ou petits zygomatiques , les deux triangulaires des lèvres, etc.), ainsi que je l'ai pratiqué pour l'étude des fonctions des muscles de la face , au point de vue de l'expression. Voici comment il faut agir alors. Quatre excitateurs sont mis en rapport avec l'appareil d'induction au moyen de quatre cordons conducteurs fixés, deux à l’un des boutons où aboutit le courant d'inductioh, et les deux autres au second bouton. Des excitateurs étant tenus dans chaque main , comme dans la figure 6, de manière que les électricités contraires se trouvent réunies par la méme main, je place ceux que je tiens de la main droite sur le 2ygomatique , le triangulaire , etc., etc., du côté gauche et ceux qui sont dans ma main gauche sur le muscle homologue du côté opposé. Voici ce qui arrive alors : si les conducteurs sont de srosseur et de lon. sueur égales, si les excitateurs sont également humides, le courant de l'appareil se partage et arrive à chaque muscle avec une égale intensité; mais en se divisant ce courant diminue de moitié. Ainsi, un courant d'induction qui aurait une intensité représentée par 100, s'il avait été concentré dans un muscle avec
FARADISATION MUSCULAIRE. 51 deux excitateurs seulement, aura perdu Ja moitié de son intensité sera représenté par 50, sil arrive à ce muscle par quatre excitateurs. J'appelle ce mode d'électrisation : faradisation localisée par courants dérives. | … J'emploie ce mode de faradisation sur les muscles du tronc:
et des membres dans différents buts. Ainsi, je m'en sers, à l'avant-bras, pour étudier l'action synergique de tous les extenseurs du poignet; à l'épaule, pour faire contracter ensemble le deltoïde et le grand dentelé dans le but d'imiter artificiellement l'élévation physiologique du bras sur l'épaule, etc.
Ce mode d’électrisation est encore utile pour faire contracter simultanément toutes les portions d’un muscle à large surface (le grand pectoral, le deltoïde, etc)., ou les muscles homologues des membres et du tronc.
Si tous les muscles possédaient le même degré d’excitabilité, ce mode de faradisation serait très utile pour l'étude de leurs fonctions synergiques ;il serait aussi très commode lorsqu'on aurait à faradiser chez un malade un grand nombre de muscles paralysés,; car on aurait par là un moyen d’abréger les séances qui, lorsqu'elles sont trop longues, occasionnent des courbatures électriques. Mais je vais prouver plus loin que chaque muscle possède un degré d’excitabilité qui lui est propre, et qui est d'ailleurs considérablement modifiée encore par la maladie; en sorte qu'il faut administrer à chacun de ces muscles une dose électrique proportionvelle à l’état de leur excitabilité naturelle ou acquise.
Or,on le comprend, la faradisation localisée par courants dérivés n’est applicable qu'aux muscles qui possèdent à peu près le même degré d’excitabilité, comme les muscles homologues et quelques autres muscles (le deltoïde et le grand dentelé, les extenseurs du poignet, etc.), puisque les courants dérivés sont tous d'une intensité égale.
Il m'est arrivé, dans des affections musculaires généralisées, de vouloir faradiser un #rand nombre de muscles à la fois ; je multiplini alors le nombre des excitateurs (car on comprend qu'on peut les tripler ou quadrupler), et je chargeai plusieurs aides d’exciter en même temps chacun des muscles des membres, pendant que je fadarisais le tronc par courants dérivés. De cette facon , l'opération qui m'aurait demandé trois quarts d'heure, si J'avais agi seul, était terminée en dix minutes, un quart d'heure.
Mais voici ce que jobservai dans cette électrisation par courants dérivés: 1° quand je n avais pas trop multiplié les courants dérivés, si je n'en avais employé que deux, par exemple, mon appareil dont la puissance est considérable, conservait en général une force suffisante, quoique diminuée par les courants dérivés; mais comme plusieurs muscles étaient toujours excités à la fois,' il arrivait que les uns recevaient une dose trop élevée, et les autres une dose trop faible. Ici, en effet, était un muscle trop atrophié ou qui avait perdu son excitabilité, et auquel il eût fallu faire arriver un courant au maximum et à intermittences rapides, tandis que le muscle qui recevait en même temps que lui l'autre courant dérivé, possédant son excitabilité normale, n'avait besoin que d'une dose modérée et d'un courant à rares intermittences ; là, un tissu adipeux sous-cutané plus abondant, ou plus infiltré de sérosité , opposait une plus grande résistance aux courants, et exigeait une graduation différente dans telle ou telle région, ce qui ne permettait pas l'égalité absolue de chaque courant dérivé. 2° Avais-Je triplé, quadruplé ou quintuplé le nombre des courants dérivés pour les faire arriver à la fois sur un grand nombre de muscles, ces courants, affaiblis en raison directe de leur muluüplication, suffisaient à peine aux muscles les plus excitables.
Après avoir expérimenté l'influence thérapeutique de Ja faradisation localisée par courants dérivés, j'abandonnai ce mode d'électrisation parce qu'il ne permet pas de distribuer aux muscles la dose électrique proportionnelle au degré d'excitabilité de chacun d'eux ou à leur degré de maladie, et surtout parce qu'il pe m'a pas donné de résultat satisfaisant.
E. Faradisation musculaire par actions réflexes et par courants dérivés. — Je ne saurais dire ce que je n'ai pas imaginé au début de mes recherches pour exciter à'la fois toute la surface du corps. Il est un moyen surtout duquel j'attendais, au premier abord, de grands effets thérapeutiques, et que je fus forcé bientôt de reconnaître comme le plus pitoyable procédé de faradisation. Je vais l'indiquer, maloré sa nullité, pour éviter à d’autres des frais d'imagination inutiles. J'appliquais au niveau des masses musculaires du bras, de l'avant-bras, des cuisses, des jambes, de la poitrine et de l'abdomen, des plaques de laiton qui s'adaptaient aux formes de chacune de ces régions. Des compresses humides étaient interposées entre la peau et
les plaques métalliques; alors je mettais chacune de ces plaques en rapport avec chacun des pôles des courants dérivés. Ainsi, le pôle positif d'un des courants dérivés était mis en contact avec la plaque métallique d’une jambe, tandis que le pôle négatif de ce courant communiquait avec la plaque de la jambe opposée. Les autres courants dérivés communiquaient de la même manière avec les plaques des cuisses et avec celles du membre supérieur et du tronc; tous ces courants dérivés étaient tellement affaiblis que les sujets qui y étaient soumis (j'ai fait aussi cette expérience sur moi-même) en éprouvaient des effets peu appréciables, et qui échappaient à l'analyse. La nullité de ce procédé opératoire m'était bien démontrée, ce qui s'accorde, on le voit, avec les expériences précédentes.
Mais j'eus l’idée d'employer cinq appareils d'induction dont chacun desservait deux plaques, de manière que les courants passaient de la jambe gauche à la jambe droite, et ainsi de suite, à une dose assez bite pour être bien sentie. Oh! dès lors, il se manifesta des phénomènes analogues à ceux qu'on éprouve, lorsqu'on tient les excitateurs dans chaque main, ou lorsqu'on plonge les mains et les pieds dans deux bassins remplis d'eau, et dans chacun desquels on fait arriver l'un des courants de l'appareil d'induction, c'est-à-dire qu'il se produisit des contractions générales irrégulières douloureuses, contractions en partie produites par une sorte d'action réflexe de la moelle, dont j'apprécierai la valeur au point de vue thérapeutique dans le cha: pitre suivant.
Je n'ai pas besoin de dire que j'ai renoncé depuis longtemps à ces expériences compliquées, insignifiantes, quand onlesfaitavec les courants dérivés d'un seul appareil, et souvent dangereuses, comme on en verra bientôt un exemple, lorsqu'on agit à une dose un peu élevée, c'est-à-dire avec plusieurs appareils.
F, Excitabilité des nerfs et des muscles. — Ta faradisation d'un nerf ou d'un muscle produit toujours, à l’état normal. une contraction et une sensation. Il importe surtout à celui qui veut étudier l’art de la faradisation localisée de bien connaître le degré d'excitabilité du nerf ou du muscle sur lequel il dirige le stimulant électrique. En effet, si tous les organes jouissaient du même degré d’excitabilité, la pratique de cette méthode de faradisation serait des plus faciles. Il suffirait de savoir dans quelles