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Fig. 14. Appareil primitif.
Le dernier modèle (fig. 15) diffère du premier: par le changement de la roue dentée D, qui, au lieu d’être enfermée
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è | Fig. 45. Appareil perfectionné.
dans le tiroir U, se trouve placée à l'extérieur, sur la base de l'appareil (voy. fig. 15), ce qui a permis de supprimerles contacts trop multipliés ( B,C,E, F, G, H, fig. 14) et de simplifier la fabrication de l'appareil; par l'addition de deux petites vis L, N,
APPAREIL VOLTA-FARADIQUE DE L'AUTEUR. 129 qui assurent toujours le contact parfait des pôles de la pile avec les extrémités du premier fil d'induction; par la graduation opérée au moyen d'un cylindre de cuivre rouse B recouvrant plus ou moins les deux fils de cuivre qui constituent la double induction; enfin, par l'emploi d'un tube F rempli d'eau que j'appelle modérateur, et qui, combiné avec le cylindre graduateur, permet de mesurer les doses électriques plus ou moins petites comme les doses les plus élevées.
B. Voici la description de l'appareil qui a subi les dernières modifications; je me servirai de l’une ou de l’autre des figures 14 et 15 pour décrire chaque partie constituante de l'appareil.
19 La pile contenue dans le tiroir inférieur: est formée comme la pile de Bunsen, d’un charbon et d'un zinc.
Le charbon O, fig. 14, est plat, creusé au centre et rempli de poussière de coke.
Le zinc Z, fig. 14, a la forme d’un petit bac, dans lequel est placé le charbon sans diaphragme. Le zinc est contenu dans le premier tiroir, qui est garni d'un mastic et de lames de verre, de telle sorte que l'humidité ne puisse atteindre le bois. Le fond du tiroir qui se trouve au-dessus de la pile est aussi couvert d'un mastic, qui le garantit des vapeurs dégagées par la pile. Deux lames de cuivre L, N, fig. 14,en contact, l’une avec le ZINC, l'autre avec le charbon, communiquent avec les plaques de platine E, G, fig. 15, au moyen des boutons à vis L, N, fig. 15.
2° La bobine composant le système d’induction est formée de deux fils de cuivre rouge de diamètre inégal, recouverts de fil de soie et superposés.
Le fil de cuivre le plus gros (d’un demi-millimètre de diamètre) est enroulé en hélices sur une botte de fils de fer doux. Les ex- trémités de ce fil, qui produit le courant de premier ordre, communiquent avec les plaques E et G, fig. 15, et les boutons réophores.
Le fil le plus fin (d’un millimètre de diamètre) est enroulé sur le fil précédent. Il donne naissance au courant du premier ordre; ses extrémités sont soudées avec les boutons réophores P, Q, fig. 15.
5° Le graduateur B, fig. 15, est un cylindre de cuivre rouge qui enveloppe la bobine, et à la partie supérieure duquel existe
une échelle de graduation. Le bouton B/, fixé à son extrémité, est destiné à l'attirer ou à le repousser sur cette bobine.
4° Le modérateur se compose d'un tube de verre F, figure 15, terminé à son extrémité inférieure par un fond de métal auquel est soudé un bouton I, et à son extrémité supérieure par une virole de laquelle part un petit crochet qui sert à mettre le modérateur en rapport avec un des boutons P ou X des courants. Dans la virole supérieure ést placé un petit bouchon traversé par la tige J du modérateur. Le tube est rempli d'eau.
5° Le réomètre magnétique mesure l'intensité du courant initial ou le degré d'aimantation du fer doux de la bobine. C'est uné boussole V, fig. 14, placée dans le tiroir supérieur U. Le plateau de la boussole est divisé en quatre parties dont chacune est divisée à son tour en 90 degrés.
60 Le trembleur se compose d’un fer doux mobile A et d’une vis platinéeS, contre laquelle le fer doux est repoussé par un petit ressort.
4° La roue dentée D, fig. 15, est fixée en dehors de la boite sur là base de l'appareil, au-dessus du premier tiroir U. Elle tourne à l'aide d’une manivelle, et présente à sa circonférence quatre dentelures sur lesquelles s'appuie une lame de cuivre D, qui fait ressort. Le courant de la pile passe du ressort dés la roue avant d'arriver à la bobine.
$ II. — Manière de mettre l’appareil en action.
Quand le charbon est neuf, on le charge d'acide azotique (30 à 40 grammes), que l’on verse lentement par l'ouverture rectangulaire, creusée au centre du charbon. L’acide, rapideient absorbé par la poudre de coke contenue dans l’intérieur, est porté par la capillarité dans tous les pores du charbon. Pour . entréténir la puissance de la pile, il n’est besoin que de verser de temps à autre sur le charbon quelques gouttes d'acide azotique.
Ainsi préparé, le charbon est placé au milieu du bac de zinc dans lequel on verse préalablement une ou deux cuillerées d'eau saturée de sel marim qui doit avoir humecté toute la surface du zinc.
La lame de cuivre placée sur le charbon est fixée sur le tiroir au moyen de deux petites pointes, puis on ferme le tiroir.
Si l'on veut alors connaître la puissance du courant initial de la pile, on ouvre le tiroir U jusqu’à la ligne verticale noire tracée sur les parois latérales; on place l'appareil de manière que l'aiguille du réomètre V se dirige transversalement au long diamètre de l'appareil.
On fixe le fer doux du trembleur A en imprimant au bouton de la visC, fig. 15,un demi-tour de droite à gauche, et l’on ferme le courant en tournant les deux boutons à vis L et N, Jusqu'à ce qu'ils soient en contact avec les plaques E et G par lesquelles le courant de la pile est transmis aux extrémités de la bobine d'indnction; alors l'aiguille du réomètre V est déviée de la direction du méridien magnétique, en raison directe de la puissance de la pile. |
Veut-on ensuite obtenir des intermittences à l'aide de la roue dentée D, on ferme le tiroir U, puis on tourne la manivelle de Ja roue D plus ou moins vite, selon les indications à remplir.
Si les intermittences doivent être faites par le trembleur A,
on relâche le ressort qui retient fixée la plaqué mobile du trembleur, en détournant de droite à gauche la vis C, et à l'instant cette plaque s’agite entre la vis et l’aimant temporaire de la bobine ; plus le courant initial est intense, plus le jeu du commurtateur est vif et bruyant.
Lorsque le graduateur B est entièrement enfoncé dans l'appareil, les courants sont à leur minimum d'intensité; il suffit donc, pour les augmenter, de faire sortir ce graduateur ou par millimètres ou par centimètres.
L'appareil étant mis en action, on fixe les conducteurs (les réophores) sur les boutons P et Q du courant du second ordre ou sur ceux du premier ordre, selon les indications à remplir. Aux extrémités libres des conducteurs sont fixées les extrémités libres des excitateurs, cylindres, balais métalliques, etc.
Doit-on faradiser des organes très excitables ou mesurer des doses infiniment faibles, la partie supérieure K du modérateur Fest imise en rapport avec un des boutons du deuxième ou du premier.ordre ; et l’un des réophores est fixé à son extrémité inférieure I. Alors, plus on élève la tige J du modérateur, plus l'épaisseur de la couche d’eau que le courant doit traverser est grande, et plus l'intensité de l'appareil est affaiblie. Dans cet état
d’affaiblissement, les courants de l’appareil peuvent être divisés et mesurés par le cylindre graduateur B.
Dans l'intervalle des faradisations, on interrompt le courant en desserrant la vis L ou N, afin de conserver la puissance de la pile. L'appareil peut marcher douze heures avec la même solution. Après la séance, on nettoie le zinc et le charbon que l’on essuie avec beaucoup de soin; on place entre eux un morceau de toile cirée, et l’on remet la pile dans son tiroir U. Cette petite opération est courte et facile.
Si l’on ne se servait que rarement de l'appareil, 1l serai bien de ne pas laisser le zinc en contact avec le charbon.
$ III. — Théorie de l’appareil.
Si, la pile étant enfoncée dans l'appareil, aucune interruption n'a lieu, soit par le trembleur, soit par la roue dentée, le courant qui est transmis par les boutons L, N au fil de la bobine centrale est continu et ne donne lieu à aucun phénomène d'induction, mais il produit l’aimantation du fer doux de la bobine. C'est sur l’action exercée par cette aimantation sur l'aiguille aimantée qu'est fondé le réomètre que j'ai appelé magnétique. En effet, le fer doux est aimanté différemment à ses extrémités, suivant la direction du courant. Supposons qu'à l'extrémité du fer doux, qui est le plus rapprochée du réomètre, se trouve le pôle boréal, l'aiguille, disposée comme je l’ai indiqué plus haut, sera déviée du méridien magnétique par la force attractive de l'aimant sur son extrémité australe, et comme la force de l'aimantation du fer doux est en raison directe de l'intensité du courant initial, le. degré de déviation de l'aiguille indiquera à la fois la force de l'aimantation de l'appareil et l'intensité du courant de la pile.
Dans cet état de choses, laisse-t-on la liberté à la plaque À du trembleur en desserrant la vis C, cette plaque est attirée par l'aimant de la bobine. A l'instant même le courant étant interrompu, l'aimantation cesse; le fer doux du trembleur est repoussé par un ressort contre la pointe platinée de la vis S et ferme de nouveau le courant, qui produit une nouvelle aiman: tation. Ces aimantations temporaires et ces solutionsde continuité du courant se succèdent avec une extrême rapidité. Quoique la théorie du trembleur soit connue, j'ai dù la rappeler, pour expliquer le mécanisme de ses différentes pièces.
La théorie de la roue dentée est la même que celle du trembleur, seulement ses intermittences peuvent étre accélérées ou rapprochées au gré de l'opérateur.
À l'instant où le courant de premier ordre est interrompu, on observe des phénomènes physiques et physiologiques qui se produisent en vertu de deux forces combinées, savoir : l'action inductrice du courant sur lui-même par l'influence mutuelle de ses spires , et l'influence mutuelle de ce courant et du fer doux aimanté de la bobine.
Si les extrémités du fil fin qui recouvre la bobine centrale sont mises en rapport avec un corps conducteur, un courant de deuxième ordre a lieu et se manifeste par les effets physiques et physiologiques qu'il développe dans les corps placés dans son circuit.
Pour la théorie de la graduation par le cylindre métallique B, voyez plus loin, G, $ IV.
$ IV. — Exposition des principales propriétés de l'appareil volta-électrique à double courant, et des principes qui m’ont dirigé dans sa fabrication,
À. Pile. Les soins difficiles que nécessite l'emploi des piles en général, l'inconvénient de leurs acides et surtout des vapeurs nitreuses, rendent les appareils qui y puisent leur force initiale inapplicables dans le cabinet du médecin ou dans la pratique * civile.
J'ai eu l’idée de construire une pile qui par sa forme puisse faire partie intégrante de l'appareil, et qui ne nécessite pas l’emploi continu des acides ou dans laquelle ces derniers puissent être dissimulés. Ce problème, je crois l'avoir résolu.
Persuadé que la pile de Bunsen fournit à un haut degré d’intensité le courant le plus constant, J'ai adopté ce système de pile en lui donnant la forme d’un tiroir qui puisse faire corps avec l'appareil sans en augmenter considérablement le volume. Cette modification a une grande importance pratique, car elle facilite singulièrement l'usage de l'appareil. Ainsi, dans les hôpitaux, où mes recherches se font sur une grande échelle, je puis me passer d'aides, qui autrefois devaient me suivre de lit en lit, pour transporter les parties détachées de la pile ordinaire de Bunsen et de l'appareil. IL y a, de plus, économie de temps, car il fallait
jadis interrompre et rétablir à chaque instant les communications entre la pile et l'appareil. Dans la pratique civile ou dans le cabinet du médecin, mon appareil peut être conservé en pleine activité sans que la pile blesse la vue ou l'odorat.
Après de nombreux essais sur la qualité de la houille grasse et du coke, sur les proportions de leur mélange, sur la manière de tasser ces mélanges dans les moules, sur la forme de ces derniers, et enfin sur le degré de cuisson nécessaire, Je suis parvenu à fabriquer des charbons plats, durs et sans fissures.
La poudre de coke contenue au centre du charbon absorbe une grande quantité d'acide azotique et en conduit une grande partie dans tous les pores du charbon, de telle sorte que celui-ci en est toujours saturé à peu près autant que s'il plongeait dans l'acide liquide. |
La fabrication de ces charbons plats étant difficile et dispendieuse, j'ai songé à les remplacer par des charbons sciés dans le coke qui provient des usines à gaz. Le coke qui tapisse la paroi interne des cornues des usines à gaz hydrogène est formé, on le sait, par la matière bitumineuse connue sous le nom de pétrole. Gette matière se carbonise et se dépose couche par couche sur la face interne des cornues dans lesquelles on distille la houille grasse. Elle y forme à la longue une croûte épaisse dont il faut les débarrasser de temps en temps. Malheureusement les charbons formés avec le coke des appareils à distillation du gaz hydrogène, excellents quand ils plongent dans l'acide nitrique, et qui, étant très purs et ne contenant pas de matière terreuse comme les piles de Bunsen, paraissent augmenter la puissance des piles, ne conviennent pas au système que j'ai adopté pour mes appareils; car, en quelques minutes (deux ou trois), le courant qu'ils fournissent s’affaiblit de plus des trois quarts quand il est fermé. On observe alors ce singulier phénomène dont j'ai déjà signalé l'existence dans les piles formées de zinc et de cuivre, de recouvrer son intensité première en peu de temps quand le courant est ouvert. J'ai attribué cet affaiblissement rapide à la densité extrême de ce coke dont les interstices sont obstrués partles sels formés par l’action chimique de la pile, sels qui se dissolvent rapidement quand le courant est ouvert assez longtemps. Les charbons que J'ai fait fabriquer, sans être trop mous, ce qui les rendrait peu durables, sont cependant
assez durs. Ce n'est qu à la longue (après cinq ou six mois d’un usage fréquent) que les sels résultant de l’action chimique intérieure de la pile se déposent dans ses interstices et en diminuent la puissance en s ‘opposant au passage des courants.
Il est important d'en être prévenu, car la puissance de l'appareil diminue en proportion, au point que le trembleur ne peut plus marcher. Il faut alors plonger le charbon pendant plusieurs heures dans l'eau, qui en dissout tous les sels; puis, après l'avoir laissé sécher, le charger d'acide azotique, comme sl était neuf. Dans ces conditions, la pile retrouve toute sa force primitive.
Ces charbons ont une puissance presque égale à celle de la pile ordinaire de Bunsen, bien qu'ils ne plongent pas comme dans cette dernière dans l'acide azotique. J'attribue ce résultat à la très petite épaisseur de la couche liquide qui dans ma pile sépare le charbon du zinc, ce qui diminue la résistance des courants propres de la pile, résistance qui, on le sait, est en raisondirecte de 1 épaisseur des liquides qu'ils ont à traverser dans leur intérieur, résistance qui s'accroit dans les proportions géométriques.
J'ai donc évité les inconvénients de l'acide liquide et des vapeurs nitreuses. L'odeur légère conservée par le charbon n'est pas perceptible lorsque le tiroir de la pile est fermé. Le masuc qui recouvre les parois du tiroir de l'appareil garantit si bien ce dernier des atteintes des vapeurs humides et nitreuses dégagées par la pile en action, qu'après huit ou dix mois d'usage, ayant visité toutes les parties de cet appareil, Je n'ai trouvé aucune détérioration, aucune acidation dans les différentes pièces métalliques qui le composent, Rien n’est plus simple et moins dispendieux que l'entretien de cette pile. Quelques grammes d’eau salée lui suffisent, Cette solution a l'avantage de n'exiger aucune préparation et de se trouver partout.
Au début de mes recherches, m'étant servi pendant quelques mois , dans les hôpitaux, de la pile de Bunsen ordinaire, j'avais usé quatre zincs et plusieurs vases poreux, j'avais consommé une assez grande quantité d'acide azotique et sulfurique. Je ne parle pas des brülures et des accidents de toute nature qui me sont arrivés. Pendant le même espace de temps, j'ai usé à peine le quart du zinc de mor appareilet la quantité d'acide consommé est insignifiante.
En résumé, la pile plate a l'avantage :
1° De faire corps avec l'appareil sans en augmenter considérablement le volume; de le rendre ainsi plus parfait et d'une application plus facile et plus rapide;
2° De réduire à néant le seul reproche que l'on puisse adresser aux appareils volta-électriques, reproche fondé sur les graves inconvénients des acides que je suis parvenu à dissimuler ;
3° De fournir au besoin, sous un petit volume, un courant presque égal à celui de Bunsen;
n° De n'exiger qu'un entretien facile et peu dispendieux, et enfin de ne causer aucune détérioration de l'appareil.
B. Bobines d’induction. Obtenir la plus grande puissance d’induction sous le plus petit volume, tel a été, pour la construction de mes bobines, le but de nombreuses expériences. L'art de la fabrication est très peu avancé sur ce point; car la science n'a pas encore décidé quelles proportions on doit observer entre la longueur et la surface du fer doux, entre la longueur du fil et son diamètre, quelle doit être la puissance du courant initial pour obtenir le maximum d’aimantation ou d’induction. Il en résulte que chaque fabricant ne consulte que son caprice et ne produit que des instruments imparfaits. C'est par un défaut de proportion que la plupart des appareils volta-électriques n'ont pas une intensité qui soit en rapport avec la longueur des fils d'induction. |
Je ne rapporterai pas les expériences que j'ai faites dans le but de connaître les proportions qui doivent exister entre la surface et la longueur d'un fer doux, la longueur et la grosseur du fil de cuivre et la puissance du courant initial, expériences que j'ai fait connaître dans le travail que j'ai adressé aux Académies des sciénces et de médecine auxquelles j'ai présenté mes appareils. Ces détails, peu intéressants pour le plus grand nombre de mes
“lecteurs, donneraient trop d'extension à ce chapitre.
* ‘En somme, grâce à mes combinaisons, les bobines de l'appa reil voltä-électrique à double courant possèdent : 1° une puis sance d'induction considérable sous un petit volume; 2° deux courants applicables, dont le premier, courant de premier ordre a une action élective sur la motilité, et dont le second, couran dé deuxième ordre, exerce une action élective sur la sensibilit cutanée.
Malgré la puissance de cet appareil, j'ai pensé que dans certaines paralysies traumatiques des nerfs, où la sensibilité et la contractilité musculaire sont complétement abolies, j'obtiendrais peut-être un résultat plus satisfaisant de l'application d'un courant encore plus intense que celui ci-dessus décrit. C'est dans le but d'en faire l'expérience que jai fait construire une très forte bobine qui me fournit un courant d'une intensité aussi forte que possible. Cette bobine fait partie de l'appareil représenté plus loin dans la figure 16 et dont je donnerai la description. (C'est aussi un appareil dont je me sers pour la démonstration de l'influence des cylindres intérieur et extérieur sur les phénomènes de linduction, comme je l'exposerai bientôt.)
J'ai cherché à donner aux appareils la plus grande puissance possible, parce qu'ils répondent alors à toutes les indications, grace à la facilité de réduire leur force en combinant l’action d'un tube modérateur et d'un cylindre graduateur, ainsi que je le démontrerai. Malheureusement ces appareils de force sont d'un prix plus élevé ; ils sont plus volumineux et moins portatifs. Il est des cas cependant où un petit appareil serait suffisant, pour faire certaines expériences électro-physiologiques, par exemple. J'ai fait construire, pour ces cas particuliers, un petit appareil semblable à celui de M. Keller dont j'ai donné plus haut la description ; je lui ai appliqué la graduation par le cylindre métallique et le système d’intermittences qui se trouve dans mon appareil ci-dessus décrit, c'est-à-dire un trembleur et une roue dentée, à l'aide desquels on obtient des intermittences très rapides ou lentes à volonté. J'ai aussi modifié le trembleur de M. Keller dont les battements s'arrêtent trop fréquemment à cause des mauvaises proportions de son fer doux mobile. Ce petit appareil, graduant exactement le courant et donnant des intermittences lentes ou rapides, est infiniment préférable à celui de M. Keller.
C. Graduation des courants d'induction. — Réquiateur du courant initial. — Réomètre magnétique.
I. Graduation des courants d'induction. Si un appareil très puissant est nécessaire au traitement de certaines affections, comme Je l'ai démontré, cemême appareil est impropre aux études physiologiques et pathologiques, et devient dangereux,
si ne peut distribuer l'électricité à chacun des organes, peur le degré d’'excitabilité qui lui est propre.
J'ai déjà dit aussi qu'on doit-à M. le docteur Rognetta un procédé de graduation qui permet de doser l'excitation électrique d'une manière exacte. Il consiste, on le sait, à enfoncer ja bobine centrale dans l'intérieur de. la bobine externe ou à l'en retirer, et à induire de cette facon une plus ou moins grande quantité de spires de la dernière bobine. J'avais adopté ce procédé de graduation, pour mes premiers appareils volta-électriques, avec cette seule différence que, dans ces derniers, la bobine externe était mobile et que la bobine centrale était fixée, afin qu’elle püût recevoir le système du trembleur. Maïs j'ai bientôt reconnu que ce procédé de graduation n'était pas sans inconvénients, car la bobine mobile nécessitait aussi l'usage des contacts mobiles qui se dérangeaient sans cesse, compliquaient la fabrication des appareils, et en s’oxydant diminuaient l'intensité des courants.
Un hasard me fit heureusement découvrir un mode de graduation beaucoupplussimple et quejene tardai pas à appliquer àmes appareils de préférence à la sraduation par l'influence mutuelle des hélices. Voici comment je fis cette importante découverte.
Au début de mes recherches, J'avais recouvert d’un cylindre de cuivre une forte bobine dans le but d'en garantir les fils. Quelle fut ma surprise, quand je m'aperçus que la bobine avait perdu presque toute sa puissance. Mais J'observai, en retirant ce cylindre, que plus je découvrais la bobine, plus le courant de cette dernière augmentait. Ce fut pour moi un trait de lumière; car, dès ce moment, la graduation par le cylindre métallique était trouvée. En effet, je remarquai après quelques expériences, que le cylindre mesurait l'intensité du courant dans sa dernière moitié avec autant d’exactitude que dans la première moitié, et que le courant diminuait ou augmentait, suivant quon enfonçait ou qu'on retirait plus ou moins le cylindre dans des proportions arithmétiques.
Voicicomment un second hasard me fit aussi découvrir que le cylindre fendu perd son influence sur le courantdela bobine qu'il recouvre. La coiffe métallique du petit appareil dont j'ai parlé plus haut, étant trop juste pour glisser facilement sur la bobine, Je fendis le cylindre dans toute sa longueur, et je vis qu’il ne graduait
APPAREIL VOLTA-FARADIQUE DË L'AUTEUR. 139
pas le courant.Je ne m'attendais pas à ce phénomène, car j'avais attribué son action seulement au voisinage de la plaque métallique ; alors je soudai à l’une des extrémités du cylindre un fil de cuivre très fin qui en réunit les bords, et à l'instant mon CYlindre recouvra ses propriétés.
Je fis plusieurs autres expériences desquelles il résulta que plus la distance qui séparait de la bobine les paroïs du cylindre ainsi réunies par un fil était grande, plus son influence diminuait. J'en conclus donc que, pour obtenir le plus grand dépouillement par le cylindre métallique, il fallait le rapprocher autant que possible du fil de la bobine.
Mais le cylindre extérieur ne neutralisait pas entièrement les courants d'induction : et en effet, lorsqu'il recouvrait entièrement la bobine, celle-ci possédait encore une force très notable, de telle sorte que si l'appareïlétait d'une grande puissance, cette force augméntait dans des proportions considérables. 11 était cependant de toute nécessité de graduer ce reste de puissance, sur laquelle le cylindre extérieur n'avait aucune action.
Je songeai alors à essayer l'influence d’un second cylindre de cuivre que je fis glisser dans l’intérieur de la bobine et au centre duquel je plaçai une botte de fils de fer doux. L’excès du courant d'induction qui n'avait pas été neutralisé par le cylindre extérieur fut considérablement diminué dans cette dernière expérience par l'influence du cylindre intérieur, et si je retirais lentement ce dernier, je sentais ce courant augmenter proportionnellement. Pour savoir si cette action du cylindre intérieur tenait à sa puissance neutralisante plus grande que celle du cylindre extérieur, je plaçai alternativement chacun des cylindres à l'intérieur ou à l'extérieur de la bobine, et comparant leur influence sur la puissance de l'induction, je constatai qu’en effet le premier diminuait beaucoup plus ti puissance physiolopique des courants de premier et de deuxième ordre que le cylindre extérieur. Il semblait donc que le cylindre intérieur une fois enfoncé dans la bobine, le cylindre extérieur ne devait plus exercer d'action sur le courant d'induction; cependant il n'en fut pas ainsi, car je sentis que la puissance assez grande que le courant possédait encore , bien que le cylindre intérieur eût pénétré en entier dans l'appareil, diminuait très sensiblement au fur et à mesure que le cylindre extérieur enveloppait la bobine.
Dans toutes ces expériences, je n'ai pas remarqué que laimantation de la botte de fils de fer placée au centre de la bobine eût diminué parallèlement à l’affaiblissement de la puissance physiologique des courants d’induction. Ainsi, une boussole étant placée à une certaine distance de l'extrémité de la bobine, de manière que l'axe de cette dernière était perpendiculaire à la direction du méridien magnétique, on voyait l'aiguille considérablement dévier à l'instant où le fer doux s'aimantait, quand le courant était fermé; mais elle n'éprouvait même pas la plus légère oscillation, lorsqu'on enfonçait les cylindres sur la bobine, ou alternativement , ou simultanément. Cette expérience prouvait que si l’aimantation avait diminué sous l'influence des cylindres, cette diminution devait être bien faible, Il ne m'a pas été possible non plus d'apprécier cette diminution de l'aimantation en faisant porter des poids inégaux à l’électro-aimant pendant que la bobine était placée sous l'influence des cylindres de cuivre. Ce n’est que par les battements plus ou moins forts et rapides du trembleur que j'ai pu constater que l'aimantation du fer doux central diminue réellement sous l'influence des cylindres. Cette influence sur l’aimantation est extrémement faible par le cylindre extérieur, car le bruit du trembleur est très peu diminué, lorsqu'il recouvre entièrement la bobine; le cylindre intérieur, au contraire, diminue assez l’aimantation pour troubler la marche du trembleur et diminuer la vitesse et la force de ses battements.
Puisqu'il m'était démontré que les cylindres de cuivre placés intérieurement ou extérieurement sur la bobine influencaient si faiblement l’aimantation des fils de fer doux placés au centre de cette bobine, il fallait donc que ce füt directement sur les courants d'induction que leur ‘influence neutralisante s’exerçât. C'est, en effet, ce que l'expérience confirme: pleinement; cest ce quil est facile.de constater en répétant les expériences précédentes sur Ja même bobine à laquelle on a enlevé la botte de fils de fer doux. On voit, en effet, que les cylindres agissent sur les courants d'induction comme lorsque:le fer doux est placé au centre de la bobine, c'est-à-dire qu'ils neutralisent d'autant plusges courants d'induction qu'ils s'enfoncent davantage sur cette bobine. Cen'est pas seulement la puissance physiologique du: courant qui diminue alors, c'est aussi l'éclat des étincelles produites par les intermittences, c’est-à-dire
APPAREIL VOLTA-FARADIQUE DE L'AUTEUR. lA4
par l'action calorifique du courant. Évidemment dans ce cas l'intensité du courant d'induction diminue, ce qu'on prouve encore par d'autres expériences, en faisant passer, par exemple, le courant à travers une couche de liquide dont on lui voit vaincre plus ou moins la résistance, selon queles cylindres recouvrent plus ou moins les fils de la bobine. (Il va sans dire que, par le fait de l’enlèvement de la botte de fils de fer du centre de la bobine, l’intensité des courants à graduer par les cylindres était beaucoup moins grande dans ces dernières expériences que dans les premières.)
Chacun des cylindres influence plus spécialement le courant dont il se trouve plus rapproché : ainsi, lorsque la bobine est privée de fer doux, l’action du cylindre intérieur se fait sentir très fortement sur le courant de premier ordre, tandis qu'elle est à peine appréciable sur le courant de second ordre. Le cylindre extérieur agit sur les courants de deuxième ordre dans un sens opposé. Cette expérience rendraison dela différence exercée par les cylindres sur la vitesse et l'énergie des battements du trembleur. On comprend, en effet, que l’aimantation du fer doux central de la bobine étant produite par le courant de premier ordre, cette aimantation doit être plus affaiblie par le cylindre intérieur qui agit spécialement sur le courant de premier ordre que par le cylindre extérieur dont l'influence sur ce courant de premier ordre est presque nulle. Je ferai bientôt ressortir l'importance pratique de la connaissance de ce phénomène.
J'ai fait construire un appareil à double cylindre graduateur', dont le fer doux est mobile. Cet appareil est représenté dans la figure 17. 11 peut servir à répéter toutes les expériences que Je viens de relater.
Le système d'induction de cet appareil se compose de deux fils de cuivre de grosseur mégale et superposés, et d’une botte de fils de fer doux placée au centre de la bobine, comme dans mon appareil volta-faradique, déjà décrit (page 128), avec cette différence cependant : 1° que la bobine A , fig. 11, a plus de longueur (15 centimètres) (les lignes ponctuées représentent la longueur de Ja bobine); 2° que les fils des deux hélices sont beaucoup plus longs; 3° que la botte de fils de fer est plus grosse, et qu on la retire à volonté de l'intérieur de la bobine. Un cylindre de cuivre rouge B glisse sur la bobine, comme dans l'appareil déjà décrit (fig. 15), et un cylindre également
4h19 DE L'ÉLECTRISATION LOCALISÉE.
de cuivre rouge, C, est placé au centre de la bobine (à la face interne du courant de premier ordre); il peut en être retiré graduellement. Enfin, dans l’intérieur de ce cylindre interne on fait pénétrer une botte de fils de fer soudés ensemble de manitre à faire une masse solide, A, fig. 16). Cette botte est mobile et peut être retirée de L'Atérténr du cylindre C au moyen d'un manche de bois, B, fig. 16, dont l'extrémité D se trouve en dehors du ésiHaré intérieur C, dans la figure 17.
Fig. 16.
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Fig. 417.
Veut-on étudier l'influence du cylindre externe B sur les courants , le cylindre interne C est tiré en dehors de la bobine, comme dans la figure 17. On fait le contraire pour éxpériménter l'action du cylindre C.
Un mécanisme d'une grande simplicité permet dé fixer l’un à l'autre le cylindre intérieur et le cylindre extérieur, et dé les faire marcher ensemble de manière à couvrir ou à découvrir les surfaces interne et éxterne de la bobine. Il en résulte , on le conçoit, qué les courants d’induction sont plus complétement neutralisés que lorsque les cylindres fonctionnent isolément. Enfin , la botte de fils étant mobile, on peut facilement expérienter l’action alternative ou iianée des cylindres avec où Sans le concours de sa puissance magnétique.
Il serait superflu de décrire les autres parties de cet appareil
qui sont disposées comme dans l'appareil ci-dessus (fig. 17). Je me réserve toutefois de revenir plus loin sur la disposition de son trembleur qui présente quelques particularités importantes. J'ai déjà fait ressortir les avantages de la grande puissance de cet appareil à double cylindre graduateur.
En résumé: 1° Un cylindre de cuivre placé à l'intérieur ou à l'extérieur d'une bobine composée d’un courant de premier ordre et d’un courant de deuxième ordre, et dans l’intérieur de laquelle il n'existe pas de fer doux, neutralise d'autant plus l'induction qu'il recouvre une plus grande quantité de spires, en sinduisant sans doute lui-même à la manière d'un conducteur fermé. 2° Le cylindre extérieur agit spécialement sur le courant de deuxième ordre, tandis que le cylindre intérieur affecte principalement le courant de premiér ordre. 3° Les cylindres diminuent davantage l'intensité des courants de premier et de second ordre, en marchant simultanément dans le
gunême sens, que lorsqu'ils agissent isolément. 4e La présence d'une botte de fils de fer doux dans l’intérieur de la bobine ne modifie en rien la propriété que possèdent les cylindres intérieur et extérieur de neutraliser l'intensité des courants parallèlement à leur progression sur la bobine, et vice versé; car, si d’un côté l'influence magnétique du fer doux sur les hélices augmente l'intensité de léurs courants, d’un autre côté les cylindres neutralisent cette intensité proportionnellement et aussi bien que lorsque la bobine est privée de son fer doux. 5° L'aimantation de la botte de fils de fer placée à l’intérieur de la bobine diminue extrêmement peu, quand les cylindres de cuivre recouvrent les hélices ; d’où l’on doit conclure que ces cylindres agissent directement sur les courants des hélices , comme le prouvent d'ailleurs les expériences ci-dessus, et que ce n'est pas la neutralisation de l’aiman tation de la botte de fils de fer par le cylindre qui empêche l'mduction de se produire (1).
(1) Avant la publication de l'important ouvrage de M. De la Rive; où l'état de la science est savamment exposé, et qui est intitulé: Traité de l'électricité théorique et appliquée , j'ignorais, je l'avoue, que M, Dove, physicien d’un très grand mérite, professeur de météorologie à Berlin, eût fait en 1842 des recherches sur l'influence qu’exerce un cylindre de cuivre introduit dans l’intérieur d'une hélice, et au centre de laquelle est placée une botte de fils de fer doux. Je croyais donc, quand je présentais à l’Académie de médecine le travail qui fait le sujet de ce chapitre, être le premier qui eût étudié l'influence des cylindres mé-
Ces faits étant bien établis, j'arrive à leur application. Je n'ai pas besoin d'entrer dans de nouveaux développements pour faire ressortir Jes avantages de l'application des cylindres métalliques A la graduation. I] suffit de l'indiquer pour en faire comprendre l'importance et l'utilité pour la pratique de la faradisation localisée. La double graduation par les cylindres intérieur et extérieur est certainement préférable à la graduation par un seul cylindre, puisque la neutralisation des courants est plus complète lorsqu'on les fait marcher ensemble, et qu'en les enfonçant successivement sur les hélices, on peut disposer au besoin d’une échelle de graduation d’une double étendue. Mais les avantages de cette double graduation ne m'ayant pas paru valoir les frais de fabrication qu'elle nécessiterait, je lui ai
talliques sur les phénomènes de l'induction. Les physiciens que j'avais rendus témoins de mes recherches et que j'avais consultés sur ce point m’avaient entretenu dans cette pensée. Après avoir lu dans le traité de M. De la Rive l'exposé tres clair des recherches de M. Dove sur l'influence des masses métalliques introduites dans l’intérieur d’une hélice , et après avoir pris connaissance du travail original de M. Dove, je ne crois cependant pas devoir modifier aujourd’hui les termes dans lesquels j'ai rendu compte de mes recherches dans mon Mémoire adressé en 1851 à l’Académie de médecine. En effet: 1° M. Dove n’a pas étudié l'influence exercée par les cylindres métalliques sur les hélices, dans l’intérieur desquels on n'avait pas introduit des fils de fer doux. 2° S'il est vrai que cet expérimentateur a découvert qu’un cylindre métallique introduit dans l’intérieur d’une hélice, et au centre duquel se trouve placée une botte de fils de fer doux, diminue la puissance de l'induction, il est incontestable aussi qu'il n’a pas dit que cette influence du cylindre augmente en raison directe de sa progression dans l'intérieur de la bobine, et s’il avait connu ce phénomène il l'aurait signalé sans aucun doute en raison de son importance pratique ; 3° M. Dove n'a pas expérimenté l'influence d'un cylindre métallique extérieur, c’est-à-dire recouvrant le courant de deuxième ordre, et n’a pas, en conséquence, comparé la différence d'action que le cylindre intérieur ou le cylindre extérieur exerce soit sur chacun des courants, soit sur laimantation des fils de fer doux. 4° Enfin ce célèbre physicien ne paraît pas être arrivé aux mêmes résultats que moi dans les expériences qu'il a faites sur les appareils magnéto-faradiques ; car, suivant lui, on ne voit pas l'intensité du courant d'induction diminuer en introduisant un cylindre métallique dans une hélice inductrice et enveloppant les fils de fer qui occupent le centre de cette hélice, lorsque pour aimanter ces fils on en approche un aimant au lieu de faire circuler des courants voltaiques dans l'hélice. Mes expériences m’ont prouvé cependant que les cylindres métalliques neutralisent, en s’indüisant, les courants de premier et de deuxième ordre des appareils magnéto-faradiques, quand ils enveloppent leurs bobines , tout aussi complétement que les courants des appareils voltafaradiques, On verra dans l’article suivant ces faits démontrés et appliqués à la graduation de mon appareil magnéto-faradique.
APPAREIL VOLTA-FARADIQUE DE L'AUTEUR. 145 préféré la graduation par un seul cylindre. J'ai donné la préférence au cylind re extérieur pour la graduation de mes appareils en général, parce que le cylindre intérieur troable la régularité de la marche du trembleur en modifiant plus que ne le fait le CYlindre extérieur l'état magnétique du fer doux central.
[. Régulateur du courant initial. — Le cylindre oraduateur ne dépouille pas complétement les courants aux dépens desquels il s'induit, de sorte que la graduation par le cylindre ne commence pas par zéro. Le faible courant qui reste à graduer est insignifiant quand on a à faradiser les muscles du tronc et des membres. Mais il n'en est pas de même pour les opérations délicates, comme la faradisation de la face, de la membrane du tympan, et je me sers alors du tube modérateur, dont j'ai donné précédemment la description, et qui sert à fixer ou à réoler l'intensité de l'appareil. Après avoir diminué plus ou moins l'intensité du courant, en le faisant passer par la couche d’eau plus ou moins épaisse que contient le tube modérateur, on peut, à l’aide du cylindre graduateur de l'appareil, diviser en doses infiniment petites ce courant déjà réduit au minimum.
Cette combinaison de l’action du graduateur et du modérateur m'a permis de mesurer le degré d'excitabilité de chacun des muscles de la grenouille.
IT. Réomètre magnétique. — Le cylindre graduateur divise en doses exactes le courant de premier ordre et le courant de deuxième ordre ; mais il ne mesure pas l'intensité du courant initial, intensité variable pour une foule de causes, et qui en conséquence doit produire des irrégularités dans la puissance de l'induction. Vouloir donc'doser l'électricité seulement à l’aide du graduateur, me paraît tout aussi absurde que de vouloir peser les médicaments avec une balance juste, mais dont les poids seraient faux.
J'ai trouvé un procédé très simple pour mesurer la puissance du courant initial. Ce procédé fait connaître en même temps la puissance de l’aimantation du fer doux de la bobine centrale. Je lui ai donné le nom de réomètre magnétique; j'en ai exposé déjà la description et la théorie. Le réométre me sert à mesurer et à conserver au même desré de puissance le courant initial. Les causes d'affaiblissement du courant des piles sont sinombreuses , qu'aucun de ces appareils ne mérite à coup
1n6 DE L'ÉLECTRISATION LOCALISÉE.
sûr d'une manière absolue le nom de pile à courant constant. Choisissons pour exemple la pile de mon appareil, etl’on verra que la solution salinese décompose, que l'acide azotique en s'étendant d'eau s’affaiblit, comme le prouvent les expériences suivantes :
Après avoir fait fonctionner un appareil pendant quatre à citiq heures, le réomètre était tombé de 50 à 48 degrés. Renouvelänt alors la solution saline après avoir enlevé le dépôt qui recouvrait le zinc, l'aiguille du réomètre est remontée à 50 degrés.
Le même charbon fonctionnant chaque jour quatre à cinq heures a perdu en huit jours 18 à 20 degrés. L'’aÿant chargé de nouveau d'acide azotique, de manière à [ut donner une force de 50 degrés, j'ai entretenu sa force, en versant chaque fois que je me suis servi de l'appareil quelques gouttes du même acide.
Le même charbon donnant 50 degrés au réomètre, n'ayant pas été employé pendant trois semaines , et étant resté enfermé nue une boîte pendant ce laps de temps, avait perdu seulement
à 5 degrés.
I Eu expériences démontrent : 1° que le réomètre sert non seulement à connaîtré la force du courant initial, mais aussi à le régler de manière à opérer toujours dans les mêmes conditios ; 2° que l’action combinée du réomètre et du graduateur permet de doser avec précision l'excitation électrique.
La simple énonciation de cette proposition me paraît suffi- Sante, et je ne pense pas qu'il faille entrer dans dé nouveaux développements pour démontrer que si le graduateur seul ne mesure rien, au point de vue de l'application à la médecine, il présente en combinant son action avec celle du réomètre magnétique, toutes les conditions de précision et d'exactitude nécessaires à l'étüdé dé l'art de formuler les doses électro-physiotogiques et thérapeutiques.
IV. Roue dentée et trembleur. — Pendant la faradisätion, les intérmittences doivent être rares ou fréquentes , lentes ou rapides, selon l'indication physiologique où thérapeutiquë à remplir, ainsi que je l'ai prouvé äu commencement de ce mé: moire. Tout appareil qui ne peut remplir ces conditions variées est incomplet et même dangereux. C'est dans lé but de répondre à toutes ces indications que j'ai adapté à mon appareil deux systèmes de réophores : une roué dentée et un trembleur.
La roue qui fait partie de l'appareil répond à ces différentes
APPAREIL VOLTA-FARADIQUE DE L'AUTEUR. 4u7 conditions, puisque, selon la volonté de l'opérateur, elle donné des solutions plus ou moins rapprochées,.
Les intermittences éloignées , äi-je dit, permettent de pratiqüer la faradisation musculaire Säns froduire des Sensations trop douloureuses. Mais pour attemdre ce buüt, il faut que Ja solution du courant d’induction soit faite néttéient ét &ne vibration. Or, il peüt arriver que lä lämme de cuivre (fig. 15) Vibre ét fasse plusieurs ressaurs (rebondissemetits) très rapides en tombant sur urie dent de lä roue C; après avoir äbahdonnéla dent précédente. Il en résulte que dans cès conditions les cotittictions musculaires produites par la roue dentée ; bien qu'elles ‘ë6ient éloignées, s’accompagtient de serisätions détlo tds produites par ces vibrations du ressort: J'ai évité ces vibrations en rbidissant le ressort de la läme de cuivre D, qüi, appuyant fortement sur les dents de la roue, ne peut plus fairé de ressaut lots: qu'elle passe d’une roue à une autre: Maïs j'utilise quelquefois les intermittences lentes à vibrations, corimie je le dirai plus loin.
J'apprécie peu en gétiéral les systèities d'intermittence qui ne sont pas réulés selon les besoins de l'expérimentation où de la thérapeutique. J'ai construit plusieurs petits appareils à cofitacts variés, et dont le moteur était un ressort teñidü qui produisait des intérmittences pendant plusieurs heures. L'expérience m'a bien vite appris que ces mouvemerits mécaniques ne pouvaient pas retiplacer ceux qui sont us rationnellement et par la volonté du médecin; et; malgré la commodité de leur emploi, j'en - Shis revenu à ma roûe dentée.
B. Trembleur. — Quelque rapprochées que puissent être les iñtermittences de la roue; elles re peuvent jamais attéihidre Ja rapidité du trembleur, rapidité telle que c'est presque üñ mou- Veiient cofitinu. Les propriétés spéciales de ce mouvement, l'énerpique inflüence qu'elle « sur la sensibilité me l'ont fait adopter commé moyen précieux pour l'étudé dé Cértams phénomènes électro-physiologiques, pour le traiteinent de certäines lésions dynamiques. Mais ce mécanisme ne saurait remplacer la roue, car il peut occasionner dans quelques cas des accidents d'une certaine gravité. Je pense donc qu'un appareil doit être tiüuni d'une roue dentée et d’un trettibleur.
Les trembleurs ; et j'en ai étudié de toutes les formes, se défangent si souvent, s'arrêtent si capriciéttsement, pour &ihsi
dire, quil faudrait renoncer à les appliquer aux appareils d'induction, si l'on ne pouvait y porter remède. Ainsi, il m'est souvent arrivé, avec les appareils allemands et anglais, de devoir renoncer à une expérience ou à une application thérapeutique à cause de l'irrégularité ou d’un caprice de leur trembleur, caprice dont je ne pouvais trouver immédiatement la cause.
En augmentant la puissance d’aimantation du fer doux de la bobine et de la plaque de fer mobile qui exécute les intermittences, en rendant plus facile et plus simple le jeu du trembleur au moyen de la force combinée de son ressort et du poids de son fer doux mobile, j'ai si bien régularisé son action, qu'il ne m'a jamais fait défaut dans mes appareils.
On peut faire des trembleurs avec ou sans vibrations ; ainsi, dans celui du petit appareil de M. Keller, que j'ai déjà décrit page 125 , la lame métallique mince qui forme le trembleur vibre après chaque battement et produit les sensations très désagréables. La cause de ces vibrations est. la même que celle qui produit les vibrations des intermittences éloignées. Il m'a été facile de les éviter en roidissant le ressort qui repousse la plaque mobile À, fig.15, contre la vis platinée S. La sensation désagréable occasionnée par le trembleur à vibrations rendait plus difficile mes expériences électro-musculaires, même quand J'agissais à un degré modéré. Cependant le trembleur à vibrations peut être très utile dans les cas où il est indiqué d'agir très vivement sur la sensibilité et sur la nutrition.
Vi J'ai imaginé un trembleur dont ù \ les battements peuvent être ralentis ut 1 | | | ou accélérés à volonté; ainsi ,il peut
| I] ne donner que quatre intermittences FN | par seconde ou bien donner un nom- | él: bre incalculable d'intermittences sl (0 dans le même espace de temps, en nn {I ‘ passant par tous les degrés de vitesse intermédiaires. J'ai adapté ce trembleur'à mon appareil à double cylindre graduateur représenté dans la figure 17.
La figure 18 représente le plan antérieur de cet appareil où se
Fig. 18.
trouve le trembleur à intermittences lentes où rapides, dont voici le mécanisme. L'une des extrémités du fil de premier ordre communique l’une avec le bouton E, l’autre extrémité avec la vis C; la pièce mobile de cuivre A qui est repoussée par un ressort placé au-devant d'elle contre la vis C communique avec le bouton F.On comprend qu'à l'instant où les boutons E, F sont mis en rapport avec les pôles d’une pile, le courant passe dans le fil de premier ordre, et aimante le fer doux central de l’hélice qui attire le fer doux mobile G.
Ce fer doux entraîne avec lui la pièce de cuivre A qui était appliquée contre la vis C à l’aide d'un petit carré d'ivoire D qui est fixé sur lui. Il en résulte une solution de continuité et conséquemment la cessation de l'aimantation et le retour de la pièce A contre la vis C.
Alors le courant passe de nouveau dans l'hélice , produit les phénomènes ci-dessus décrits,et ainsi de suite. Jusqu à présent, on le voit, ce trembleur diffère peu de celui de l'appareil représenté dans la fig. 15. Mais voici les modifications qui l'en distinguent: le fer doux mobile G, fig. 18, est assez éloigné du fer doux placé au centre de l'hélice pour avoir une course beaucoup plus grande à parcourir, quand il est attiré par l’aimant temporaire du fer. Dans cet état , il ne bat que quatre fois par seconde. Mais en tournant graduellement de droite à gauche la vis H, l'étendue de la course du fer mobile G diminue de plus en plus et conséquemment la rapidité du trembleur va progressivement au gré de l'opérateur, qui peut, par ce moyen simple, régler la marche du trembleur, selon les effets qu'il désire obtenir. Pour que l'action magnétique püt s'exercer avec assez de force à une telle distance entre l'aimant temporaire de l'hélice et le fer doux mobile G, il m'a fallu augmenter la masse de ce dernier. C'est ce que j'ai obtenu en articulant le fer mobile G avec un barreau de fer doux de 14 centimètres de longueur, et qui s'étend sur la face supérieure de la bobine,comme on peut le voir dans la figure 17. L'aimantation de la plaque mobile G par l'influence du fer de l'hélice augmente alors considérablement, comme si elle faisait corps avec le barreau sur lequel elle est articulée. Lorsque la vis G est serrée, le ressort qui repousse la pièce A contre cette vis C est assez tendu pour que les intermittences se fassent sans vibrations. Mais quand on relâche ce ressort en détournant la
vis C, chaque battement ou intermittence est suivie d'une vibration dont j'ai exposé plus haut l’action spéciale sur la sensibilité. Cette vibration est telle au maximnm de rélâchement du ressort de la pièce À, que les intermittences les plus rares du trembleur (quatre intérmittences par seconde) produisent des contractions musculaires doulonreuses , quoique éloignées. Ces intermittences éloignées à vibrations sont très utiles, quand il est indiqué d'agir à Ja fois sur la contractilité, la sensibilité on la nutrition des muscles ; et alors que les intermittences rapides ne peuvent être supportées par les malades, Ainsi, quand les intermittences rapides produisent des crampes et ne peuyent être appliquées, je les remplace par les intermittences éloignées à vibrations qui, sans offrir cet inconvénient, agissent encore avec assez d'énergie sur la sensibilité et la nutrition.
Ces intermittences rares à vibrations sont contre-indiquées daps les cas où il est dangereux de surexciter la sensibilité. En conséquence, l'appareil pourvu d'un trembleur qui les produit doit avoir en outre un réophore qui donne des intermittences éloignées sans vibrations. C'est pour cette raison que J'ai ajouté à mon appareil à double cylindre une roue (fig. 18) semblable à celle qu'on voit dans la figure 15, et qui produit des intermittences bien nettes et sans vibrations.
Dans les trembleurs, la pointe de la vis est platinée et se trouve en contact avec une plaque platinée, soudée au fer doux mobile, afin que l'oxydation nuise le moins possible au contact parfait de ces conducteurs ; mais le platine, brulé par l'étincelle électrique, s'oxyde à la longue quoi qu'on fasse ; l'oxyde deposé sur les surfaces platinées s oppose au passage du courant, d'où il résulte un affaiblissement plus ou moins considérable de la puissance de l'appareil ; le jeu du commutateur ou se ralentit ou s'arrête tout à fait. J'ai remédie à ce défaut en augmentant l'épaisseur de la plaque de platine et en la rendant mobile, de sorte que lorsque, après quelques mois d’un travail de plusieurs heures par jour, elle a été traversée dans un point, on peul la fixer un peu à droite ou à gauche. Il faut aussi avoir soin de frotter de temps à autre sur du drap ou du linge l'extrémité platinee de la vis du trembleur pour en enlever l'oxyde. C'est ainsi qu'un appareil peut marcher huit à dix ans sans qu'il soit nécessaire de renouveler le platine du trembleur (1).
(1) Le travail qui fait le sujet de ce chapitre n’avait pas encore été publié. Il
L'appareil dont je viens d'exposer la description et les propriétés me sert depuis plusieurs années à des recherches électrophysiologiques et pathologiques et au traitement des paralysies ou de certains troubles de la sensibilité. 11 a subi cette épreuve avec bonheur; son utilité m'est au;ourd'hui parfaitement démontrée. Malheureusement la préparation de sa pile, toute simple qu ‘elle soit, n'en exige pas moins une certaine manipulation. Ce seul inconvénient a suffi pour déconsidérer, aux yeux de quelques médecins, le nouvel appareil volta-électrique que je désire intro-
en est résulté que les praticiens qui, jusqu’à présent , ont fait usage de mon appareil volta-électrique n’ont pas connu la cause d’affaiblissement que je viens de signaler, et celle qui provient du mauvais état du charbon de la pile. On sait maintenant combien il est facile d’y remédier. C'est pour avoir ignoré ces causes d'affaiblissement que l’auteur d'un traité récent et estimable sur l’histoire de l'électricité médicale, M Guitard, a commis une erreur en comparant l'intensité d'un petit appareil nouveau, fabriqué par M. Legendre, à celle de mes appareils volta-faradiques. Si mon appareil, dont mon honorable confrère dit avoir fait usage, avait été en bon état, et qu'il se fût servi du tube à eau pour en juger l'intensité, il aurait vu que cet appareil est une fois plus intense , c’est-à-dire qu’il pénètre les tissus au moins une fois plus profondément que ce petit appareil. Ge dernier agit très vivement sur la sensibilité, parce que son trembleur est à vibration. J'ai cherché à éviter ces vibrations pour des raisons que je viens de faire connaître ; c'est ce qui sans doute a trompé M. Guitard, qui a pris cette action spéciale sur la sensibilité pour l'intensité réelle du courant d’induction. Je suis forcé de dire que ce petit appareil est la copie, malheureuse sous certains rapports, de l’appareil de M. Keller, de Wurtzbourg, dont j'ai donné la description (page 125). Cet appareil est renfermé comme ce dernier dans une petite boite à deux compartiments. La pile et la bobine ÿ sont disposées de la même manière. Voici pourquoi j'ai dit que cet appareil : n’est qu'une copie {malheureuse de celui - de M. Keller: r° Son tembleur placé au- -dessous de la bobine est caché dans l’intérieur de l'appareil, de sorte qu'on ne peut nettoyer les surfaces métalliques entre lesquelles se font les battements des trembleurs, comme je Vai démontré plus haut, ce qui est une Cause inévitable d' affaiblissement du courant et d'arrêt du trembleur. On sait que au contraire le trembleur de M. Keller. est placé à à l’extérieur et au- -dessus de la bobine ; on peut en entretenir la propreté. à 2% La pile est une petite pile d' Archeraud, c'est-à- -dire « dont le charbon est placé au centre, que j'ai décrite page 134. Les inconvénients de cette pile, qui nécessite l'emploi de l'acide CUT concentré dans lequel plonge le charbon, sont tels, comme je l'ai déjà dit, qu’on est bientôt forcé d'y renoncer dans la pratique. Je ne comprends pas les motifs qui ont porté M. Legendre à modifier ainsi la pile de M. Keller, pile qui est si commode. Ce qui distingue l'appareil de M. Legendre de celui de M. Keller, ce sont la graduation par le cylindre métallique et ses intermittences lentes ou rapides à à volonté. C’est un perfectionnement dont } je | le loue; mais ce n’est qu’une imitation dé mon appareil volta-faradique. En somme, si j’étais partisan des appareils d'intensité moyenne, je préférerais encore mon petit appareil en boîte qui a été décrit, page 122, à celui de M. Legendre.
duire dans la pratique médicale. On lui préfère encore généralement les appareils magnéto-électriques, dont j'ai fait connaître l'insuffisance et les dangers, et dont l'emploi rendrait impossibles les progrès que j'espère imprimer à l’art de la faradisation localisée.
C'est pour ce motif que J'ai essayé de doter je appareils magnéto-électriques des propriétés que je crois indispensables au la pratique de l'art de la faradisation.
Je vais en donner la description dans l'article suivant.
ARTICLE IV
$ Ier. — Description de l’appareil.
Mon appareil magnéto-faradique se compose: D'un aimant; d'une armature mise en mouvement par un mécanisme particulier; d'un régulateur de l'armature à la fois modérateur
Fig. 49,
des courants et tenseur magnétique ; de deux bobines recouvertes de fils de cuivre de grosseur inégale; d’un commutateur; d'un graduateur de deux courants; d'un régulateur des inter mittences,.
A. Aimant artificiel. —T'aimant est formé de deux branches
parallèles réunies à l'une de leurs extrémités par un fer doux transversal. Chacune de ces branches de forme cylindrique de 3 centimètres et demi de diamètre et de 20 centimètres de longueur, est divisée en trois lames et se fixe an fer doux au moyen d'une vis.
L'aimant ainsi formé, est posé à plat et horizontalement sur un support haut de 3 centimètres, et fixé par une forte vis à la base de l'appareil. À son extrémité antérieure , l’aimant est soutenu par une bobine comme on le verra plus loin.
B. Armature et son système moteur. — L'armature (fer doux) C qui, par son mouvement de rotation, forme les intermittences du courant magnétique, a 12 centimètres et demi de longueur, 3 centimètres de hauteur et 1 centimètre et demi d'épaisseur. Elle est traversée dans sa partie moyenne par un axe horizontal terminé à ses extrémités par une pointe d'acier très dur, reçue dans deux pièces également d'acier et vissées dans deux montants de cuivre. Ces montants sont solidement fixés au moyen d'arcs-hboutants à une plaque mobile et quadilatère de cuivre F, qui repose sur la base de l'appareil. Entre ces deux montants et à leur extrémité supérieure se trouve adaptée une grande roue A, dont l'arbre traverse d'un côté un des montants dans lequel il peut exécuter des mouvements de rotation, tandis que son extrémité terminée en pointe est reçue dans une pièce fixée au second montant. La manivelle M, qui met la grande roue en mouvement, se retire à volonté. Le diamètre de la grande roue À est de 11 centimètres; sa circonférence est divisée en 64 dents qui, au moyen d'une chaîne à la Vaucanson, mettent en action une petite roue à pivot armée de 8 dents, et fixée sur l'axe de l’armature C, de manière qu'à chaque révolution de la grande roue, cette armature tourne 8 fois sur son axe et produit en conséquence 32 intermittences du courant d'induction. Comme il est possible d'imprimer 2 révolutions par secondes à la grande roue, on obtient donc encore 64 intermittences dans le même espace de temps.
C. Régulateur de l'armature.—La plaque mobile F, sur laquelle sont établis armature C et son système moteur, est rapprochée ou éloignée de l’aimant au moyen d’une forte vis de rappel N appelée régulateur de l'armature, Cette vis tournant dans un écrou
fixé à l'appareil, agit surla base d’un des montants faisant corps avec la plaque F qu'elle attire ou repousse.
Pour que l’armature exerce une tension sur l'aimant, on tourne la vis N, de manière que l'aiguille arrive à la partie moyenne de l’arcde cercle O appelé indicateur. Alors l'armature G placée transversalement est rapprochée de l’aimant et se trouve en contact parfait avecses extrémités, puis on le charge, comme je lindiquerai bientôt (page 105).
Je dirai plus loin comment ce régulateur de l’armature sert aussi à modérer les courants d’induction.
D. Bobines d'induction.—Une bobine de 9 centimètres et demi de longueur, et sur laquelle sont enroulés en spirales 24 mètres de fil de cuivre recouvert de soie et d’un demi-millimètre de diamètre, est fixée à chaque bras de l’aimant, de manière à ce que son bord antérieur se trouve au niveau du bord libre del aimant. La rondelle que forme l'extrémité antérieure de la bobine repose sur un support qui maintient l'aimant dans une position parallèle au plan de l'appareil.
Un second fil de cuivre, d'un tiers de millimètre de diamètre, de 600 mètres de long et recouvert de soie, est enroulé sur le fil gros. Celui-ci (courant de premier ordre) est inducteur relativement au fil fin (courant de deuxième ordre) qui est induit par lui. |
Les deux fils de cuivre superposés sont enroulés dans le même sens, et l'extrémité de l’un est soudée au commencement de l’autre, tandis que les autres bouts se rendent, celui du fil de premier ordre, dans les ressorts S qui forment Fe intermittences sur le commutateur B, et celui du fil de deuxième ordre, dans les boutons auxquels s'attachent les excitateurs. Des ressorts S partent des fils conducteurs qui se rendent aux boutons Q qui recueillent le courant de premier ordre.
E. Commutateur et son réqulateur. — Le commutateur se compose € d'une petite bobine B et de deux ressorts S. Cette bobine de bois est fixée sur l’axe du fer doux GC. Un des ressorts mis en rapport avec une extrémité du fil de premier ordre, appuie sur un anneau métallique, fixé sur la petite bobine. De cet anneau partent quatre dentelures, dont deux sont plus courtes. Le second ressort $ du commutateur qui communique : avec le second bout du fil de premier ordre est mis en contact avec les quatre « ou les
deux dents au moyen du bouton A, appelé régulateur du commutateur, fixé à la gauche de l'appareil, et qu'on tourne à droite on à gauche, et vice versa.
F, Graduateur des courants. Deux cylindres de cuivre rougeH,
reconvrant les bobines qui sont placées sur les bras de l'aimant et réunies par une traverse à leur extrémité postérieure, sont attirés ou repoussés en glissant sur ces bobines au moyen d une tige quadrilatère R. Cette dernière. fixée à la traverse, terminée par un bouton, d'une longueur égale à celle des bobines, est divisée en 90 degrés. Lorsqu'elleentre entière dans l'appareil, les cylindres recouvrententièrement les bobines, etles courants sont à leur minimum d'intensité. Ses courants sont au contraire à leur maximum, quand la tige est complétement en dehors de l'appareil. Les HAE de force intermédiaires sont en raison directe de la progression de la tige etuice versä. Cette tige mérite en conséquence la dénomination de graduateur des courants. . G. Régulateur des intermittences. Une pièce de cuivre est fixée sur la base del appareil, en avant et à sauche de la grande roue. Elle est traversée par une vis D sur al est soudé un ressort de laiton I. A l'aide de cette vis, le ressortexécuteun mouvement de bascule qui le met en contact, tantôt avec des goupilles qui se trouvent sur la face antérieure de la grande roue A, tantôt avec la plaque F qui supporte celle-ci. Une des extrémités du fil de deuxième ordre communique avec cette plaque F. Le ressort de laiton l'est en rapport, par un fil de cuivre, avec les boutons PetQ.
$ II. — Théorie de l'appareil magnéto-faradique.
Les Imtermittences simultanées du courant magnétique et du courant de l'hélice centrale, produites par le mouvement rotatoire de la roue À, qui met en action l'armature C et le commutateur B, ces intermittences diverses développent des phénomènes d'induction dans le fil de cette hélice centrale. La théorie de ces phénomènes étant la même que celle de l'induction de tous les appareils magnéto-faradiques, je crois pouvoir me dispenser de la développer.
A l'instant où l'induction se produit dans l'hélice centrale, sous l'influence du courant magnétique temporaire, si la réunion des deux bouts du fil de deuxième ordre en fait un conducteur
fermé, il se développe dans ce dernier, ainsi qu'on le sait, un contre-courant dont la direction a lieu en sens inverse du courant de premier ordre.
Une extrémité du fil de lhélice de premier ordre et de deuxième ordre se rendant directement au bouton excitateur des courants, et l’autre extrémité de ces hélices communiquant avec la plaque F qui supporte la grande roue, il devient nécessaire de mettre cette plaque en rapport avec le second bouton excitateur du courant de premier ordre ou de deuxième ordre. Le régulateur des intermittences D remplit parfaitement cette condition, puisqu'il communique par un fil de cuivre avec le second bouton P ouQ,et qu'il est mis en contact ou avec la plaque F ou avec les goupilles de la grande roue A, fixée sur cette plaque au moyen d'un mouvement de bascule opéré par la vis D du régulateur des intermittences.
Veut-on faire passer les courants rapides dans les excitateurs attachés aux boutons P ou Q, il est évident que la vis devra mettre le ressort I en rapport avec la plaque F, qui elle-même est en rapport avec une extrémité des deux fils. Mais si le ressort Ï ne communique avec la plaque G que par les goupilles de la grande roue A , les courants n'arriveront aux boutons P ou Q que quatre, ou deux, ou une fois par révolution de la grande roue A. En conséquence, les excitateurs attachés aux boutons ne reçoivent que quatre, ou deux, ou une intermittence par révolution de la grande roue, lorsque le ressort touche les goupilles, ou bien ils reçoivent le courant rapide (32 ou 64 intermittences par révolution de la roue), lorsque le ressort touche la plaque métallique F. Je désigne la vis D, qui fait mouvoir le ressort, sous le nom de régulateur des intermittences.
Je renvoie, pour la théorie de la graduation des deux courants, à celle que J'ai exposée à l'occasion de l'appareil volta-faradique à double courant. J'exposerai bientôt comment on peut praduer des doses fortes ou très faibles avec mon appareil magnétofaradique. |
L'armature à tension continue a les mêmes propriétés que celle dont l'action est entretenue par la force graduée de la pesanteur, je reviendrai plus loin sur ce suJét.
$ III. — Exposition rapide des principales propriétés de l'appareil magnétofaradique à double courant, et des différentes combinaisons qui ont présidé à sa construction.
A. Double induction.— Bien qu'avant moi la double induction découverte par Henry, de Philadelphie, n’eût jamais été appliquée aux appareils magnéto-faradiques , je n'avais aucun doute sur la possibilité de l'obtenir. Qui ne voit cependant que dans ces appareils la source productive des phénomènes d'induction est bien faible, si on la compare à celle dont on peut disposer dans les appareils volta-faradiques?
En effet , l'induction, dans tous ces appareils , est principalement le produit de la modification apportée par l'intermittence du courant dans l’état de leur aimantation, et sa puissance est aussi en raison directe du degré de cette aimantation. Or, comme dans mon appareil volta-faradique la force d’aimantation temporaire est de 30 à 40 kilogr., je pensai que pour donner à un appareil magnéto-faradique une double induction aussi puissante que celle de cet appareil volta-faradique, il fallait que son aimant portât 30 à 40 kilogr., ou, en d'autres termes, qu'il pesât 30 à 40 kilog. Un appareil aussi puissant, on le conçoit, ue serait pas plus applicable dans la pratique que celui de Pixii. Telles étaient mes préoccupations lorsque je songeai à ajouter la double induction aux appareils magnéto-faradiques. Cependant mes recherches m'apprirent bientôt qu'avec un aimant faible il n’était pas impossible de donner à la double induction une force au moins épale à celle des appareils volta-faradiques. Voici donc le problème que j'ai résolu : étant donné un aimant faible, produire une double induction puissante. En effet, l'aimant de mon appareil magnéto-faradique ne porte que 4 kilogr. et demi (1), et cependant sa puissance d'induction est bien supérieure à celle de tous les appareils magnéto-faradiques.
Ce résultat n'est pas le produit du hasard: il est dû, je le crois du moins, à certaines combinaisons de structure, soit aux proportions observées dans le diamètre et la longueur des fils
(1) M. Deleuil est aujourd’hui parvenu à doubler au moins la puissance des aimants de mon appareil sans en augmenter le volume, ce qui a augmenté considérablement la puissance de l'induction de ses hélices,
superposés, soit à la longueur des DU qui s'étendent sur les bras de l’aimant.
Voici, par exemple ; utie Exfiérhéncs que j'ai faite däris le But de déterminer la longueur des bobines la plus favorable à l'intensité de l'induction. Wat
Ayant enroulé, tantôt dans une étendue de 4 centimètres, tantôt dans une étendue de 9 centimètres, une même longueur de fil de cuivre, recouvert de soie, sur chaque bras d'un aimant de mon appareil, jai observé que les fils qui s’enroulaient dans une étendue de 9 centimètres sur les bras de l’aimant, donnaient le maximum de l'induction. Cette expérience m'a conduit à étendre les bobines sur les bras de laimant aussi loin qu'il existe une action magnétique suffisante: C'est pourquoi, en donnant à mes bobines une longueur de 9 centimètres et demi, j'ai utilisé une force magnétique qui avait été néglisée avant moi. Pour les diamètres des fils de cuivre, ceux de mes appareils volta-faradiques m'ont paru les plus favorables.
J'ai obtenu une augmentation de puissance d'induction non seulement en disposant les fils de ces hélices, comme je l'ai dit: plus haut, mais aussi en calculant la force neutralisante du fer doux (de l’armature), de manière à faire entrer dans le courant le plus possible de fluide libre accumulé aux pôles de l'aimant. Je ne rapporterai pas ici toutes les expériences que jai faites dans ce but (je les ai soumises à l’Académie), et qui ne peuvent intéresser que le fabricant. Je dirai seulement qu'ayant fait construire différents fers doux de dimension et d'épaisseur diverses, Jai donné la préférence à celui qui neutralisait davantage la force magnétique de l'aimant, quand je le mettais en contact avec ses pôles. Je me suis servi pour apprécier ces influences diverses d’une boussole, comme je l'indiquerai plus loin , à l'occasion du graduateur.
É ‘appareil de Ciark pouvait, avec de légères modifications ; recevoir la double induction ; mais son prix élevé, son défaut de graduation me fit songer à d’autres combinaisons.
Lorsque M. Dujardin eut la pensée de placer l'hélice sur l’aimant et de remplacer l'électro-aimant par un fer doux, son but unique fut de simplifier les appareils magnéto- faradiques. Cette modification devait avoir une plus grande portée, et je suis heureux de le dire ; elle m'était nécessaire: C'éét à M. Du:
APPAREIL MAGNÉTO-FARADIQUE DE L'AUTEUR. 159 jardin seul que revient l'honneur de cette invention , qui marquera dans la Science comme transition nécessaire entre les appareils magnéto-faradiques à un seul fil et le mien. Le systèmé Dajardin m'a donc permis de placer les deux fils de prenier et de second ordre sur les bras de l’aimanit.
Les bobines quadrilatères donrient lieu à de telles difficultés dé fabrication pour l'enrouleinent régulier des spires des hélices, ét compliquent tellement l'appareil, que Je leur äi donhé une forme cylindrique. C'est pourquoi, dans la construction de Väimanht, j'ai remplacé le faisceau quadrilatère de lames superposées par un faisceau cylindrique composé de trois lames (4), bien que cette modification me fit perdre un peu de surface ét cofiséquemment un peu de force rnagnétique.
Je n'ai pas donné à l'aimant la forine d'un fer à cheval, parce que lécylinidre graduateur dont il sera question plus loin, devant glisser sur la double bobine et la découvrir complétement, il étäit nécessaire que ses bras fussent parallèles et d'une étendue double de la longueur de ces bobines.
Enfin, le courant de premier ordre est assez puissant pour être recueilli et appliqué quand son emploi est indiqué.
B. Commutateur. — Dans mon appareit, les intermittences peuvent avoir lieu deux fois ou quatre fois par révolution du fer doux, selon les indications particulières au moyen d'un mécänisme appelé régulateur du commutateur. Pour bien apprécier l'importance de cette disposition au point de vue pratique, il faut se rappeler la théorie des phénomènes d'induction qui se produisent dans les appareils magnéto-faradiques. Cette théorie à été exposée dans le chapitre premier {page 12). Il a été détontré, en effet, 1° que deux interinittences du commutateur par révolution du fer doux, produisent quatre inductions, dont déux puissantes ont lieu au moinent des intermittences ; 2° que quatre intérmittences du cominutateur par révolution du fer doux développent quatre inductions égales en force ; 3° que les coùrants qui naissent de cés différentes inductions marchent en sens contraire et de manière à alterner.
Si donc on färadise avec deux intérmittences par révolution
(1) Depuis la présentation de mon appareil à l'Académie des sciences, M. Deleüil à réussi À fabriquer pour nes apparéils dés aimants de fonte d’une grahde puissance,
de l'armature, on aura deux actions puissantes, et le courant se dirigera chaque fois dans le même sens. Les deux autres actions dont les courants ont lieu en sens contraire, sont tellement faibles, que chez l'homme elles ne donnent lieu à aucun phéno; mène physiologique appréciable, même lorsqu'elles s'exercent sur les organes les plus excitables. En conséquence, à l'aide de son résulateur, le ressort du commutateur sera placé de manière à donner deux intermittences, quand il y aura indication de diriger les courants toujours dans le même sens. Ainsi on peut faire servir les appareils magnéto-faradiques, dont les bobines sont fixéessur les bras de l’aimant, et dont les intermittences n'ont lieu que deux fois par révolution de l’armature, à l'étude de la direction des courants sur la contractilité ou sur la sensibilité (1). Les mêmes études ne pourraient être faites avec quatre intermittences par révolution de l'armature, car les quatre inductions agiraient, avec une égale force et avec des alternatives en sens contraire, c'est-à-dire avec des alternatives voltianes. |
Les quatre intermittences par révolution de l'armature produisent un courant une fois plus rapide. Leur emploi trouvera donc de nombreuses indications, soit quon veuille agir spécialement sur la sensibilité ou étudier les fonctions musculaires à l’aide de la faradisation. Bien qu'avec quatre intermittences, le courant soit une fois plus rapide que dans les appareils de Clark, qui ne donnent que deux intermittences par révolution du fer doux, J'avoue que sa vitesse n’est pas encore assez grande pour étudier les fonctions musculaires de la face. Cette circonstance rend l’action de ces appareils sur la sensibilité cutanée beaucoup moins puissante que celle des appareils volta-électriques.
C. Réqulateur des intermittences. — Je puis affirmer que sans le système qui permet d'éloigner les intermittences au point de donner par demi-seconde une, ou deux, ou quatre excitations faradiques, au lieu d'une action presque continue dans le même espace de temps, il n'est pas un seul appareil magnéto-faradique applicable à la médecine. C'est ce système que J'ai imaginé pour
(1) On sait que M. Matteucci a tiré des déductions thérapeutiques applicables
à l'homme, des phénomènes Asctre-PRMAATEIAUES, produits par les courants dirigés sur les troncs nerveux des animaux.
mon appareil magnéto-faradique dont j'ai donné la description plus haut, et qui permet de l'employer dans tous les cas. Son mécanisme est des plus simples. Il suffit de l'indiquer pour faire sentir son utilité ou plutôt sa nécessité.
L'action du régulateur des intermittences doit être combinée avec celle du régulateur du commutateur. Le premier est placé de manière à produire un courant très rapide, et le second de manière à toucher les quatre dentelures du commutateur. Si, au contraire, le régulateur des intermittences ne doit produire que des intermittences éloignées, le ressort du commutateur est placé de manière à toucher seulement les deux dentelures. En voici la raison: Pendant que le ressort des intermittences touche une des goupilles de la grande roue, le contact dure quelquefois un peu plus longtemps , et alors il arrive que deux ou quatre inductions se produisent coup sur coup au moment du contact, suivant la position du commutateur. Si ce dernier touche les quatre dentelures, les quatre inductions redoublées qui se produisent alors excitent une sensation plus forte. Si, au contraire, le ressort du commutateur ne touche que deux dentelures, il est évident que ces actions rapprochées ne pourront avoir lieu au moment où le contact sera opéré sur les poupilles de la grande roue. Alors les intermittences éloignées et les sensations qu'elles produisent seront plus régulières.
D. Graduation des courants. — Le cylindre praduateur de mon appareil magnéto-faradique mesure les doses électriques tout aussi exactement que l'appareil volta-faradique. Les détails dans lesquels je suis entré à l'occasion de ce dernier me dispensent d'entrer dans de nouveaux développements.
Ce système de graduation est le seul qui permette d'administrer aux organes des doses électriques proportionnelles à leur degré d'excitabilité, qui est très variable pour chacun d'eux, ainsi que je l'ai démontré. |
Cependant la force initiale des appareils magnéto-faradiques nest-elle pas elle-même trop variable pour que l'on puisse compter sur une mesure égale? Ainsi, il est établi qu'un aimant qui a subi des arrachements ou des frottements successifs perd Presque complétement la faculté de porter un poids donné. Get affaiblissement diminue-t-il aussi la puissance de l'induction
de
dans les mêmes proportions? Pour résoudre cette question, J'ai fait les expériences suivantes :
a. L'appareil ayant été en repos pendant vingt-quatre heures et étant gradué au minimum, j'ai placé les deux excitateurs entre mes lèvres (il faut avoir soin de ne leur pas laisser toucher les dents), pendant que l'appareil était en action. Ce procédé permet d'apprécier exactement les plus petites variations dans l'intensité d’un courant, Ayant ensuite arraché l'armature une vingtaine de fois de suite, j'ai mis de nouveau les excitateurs -dans la bouche, et j'ai fait marcher l'appareil, La sensation produite dans ces deux expériences à été absolument la même, J'ai faradisé des sujets avant et après les arrachements de l'armature et dans aucun cas je n'ai observé que l'action physiolopique ait été diminuée.
bsil ‘appareil étant placé dans la direction du méridien ma: pnétique ; ] ‘ai placé une boussole à sa partie postérieure, de manière que l'extrémité boréale correspondit à la partie moyenne! de son aimant. Alors l'armature étant en croix avec l’aimant, l'aiguille s'est déviée, son extrémité australe étant attirée vers! le pôle sud de l’aimant. Le degré de déviation mesure alors l'intensité de l’aimant. Telle est l'expérience que j'ai faite pendant! plusieurs mois. J'ai tenu note chaque Jour des degrés de dévias! tion produits à l'aide de cette expérience que je fais après avoirs laissé l'appareil longtemps en repos, ou après l'avoir épuisé, soit! en arrachant son armature, soit en ne mettant pas cette arma-|
ture au contact, et Jamais Je nai observé de variation dans!
l'angle de déviation. |
Ces expériences me paraissent démontrer: 10 que l'aimant desl appareils magnéto-faradiques n'est pas affaibli réellement par! l’arrachement ou les frottements de son armature, ainsi que! l'indique leur influence sur l'aiguille aimantée et la conserv ation!
de leur puissance d'induction ; 2° que l’on peut compter sut l'égalité de leur force initiale Hantoup plus qu ‘avec les appa-! reils volta-faradiques.
E. Modéraieur des courants et tenseur magnétique.
I. Modérateur des courants. — Dans les appareils magnétofaradiques, comme dans les appardls volta-f faradiques, les Cylindres graduateurs ne neutralisent pas entièrement les courants!
des élit qu'ils recouvrent, de telle sorte qu'ils seraient inapplis.
cables aux organes très excitables ou aux expériences délicates, si l'on ne pouvait recourir à un modérateur des courants, analogue à celui des appareils volta-faradiques, J'ai trouvé dans l'appareil même les éléments d'un excellent modérateur.
a. L'armature et $on systèmé moteur pouvant être éloignés de l’aimant de 2 centimètres et demi par la vis de rappel N appelée régulateur de l’armature, on comprend qu'à cette distance l'influence du fer doux sera considérablement diminuée, Ce simple modérateur répond à toutes les opérations pratiquées sur l'hommé, et permet, en combinant son action avec celle du graduateur, de lui administrer des doses très faibles. | b. Mais les recherches ou les expériences plus délicates éncore ; celles qu'on pratique par exemple chez la grenouille, peuvent exiger l'emploi de doses électriques beaucoup plus petites en raison du degré d'excitabilité des organes de cet animal: Voici ce que jai imaginé pour rendre l'appareil magnétoélectrique infinnnent plus sensible, En tournant de droite à gauche une petite vis À placée sur la base d’un des ressorts qui font les interruptions du courant de l'hélice centrale sur les dentelures du commutateur , jempêche le courant de cette hélice de se réunir sur le commutateur. On comprend qu'alors l'induction ne peut plus avoir lieu que par l'influence du fer doux sur l'aimant. Je ne sais si cette expérience a Jamais été faite dans les mêmes conditions , mais je puis dire que l'induction des appareils magnéto:faradiques ainsi privée des intermittences simultanées pratiquées dans le fil de l'hélice qui recouvre immédiatement l'aimant, est tellement faible que le courant de mon puissant appareil n'est appréciable qu'en mettant les excitateurs entre les lèvres. Si donc après avoir placé le fer doux à son plus grand éloignement, on suspend encore par le procédé ci-dessus les intermittences qui se font sur le commutateur, l'appareil ne produira plus qu'une induction infiniment faible, qu'on pourra diviser en degrés de plus en plus petits en faisant marcher les Cÿlindres graduateurs sur les hélices. C'est ainsi que le même appareil qui est capable de mesurer des courants d’une intensité énorme peut servir à mesurer le degré d’excitabilité des muscles de la grenouille.
16h DE L'ÉLECTRISATION LOCALISÉE.
IT. T'enseur magnétique. — Les aimants en général perdent en peu de temps une grande partie de leur puissance, et cette déperdition est d'autant plus rapide dans les appareils magnétofaradiques, qu'on en fait un plus fréquent usage.
Comment réparer cet épuisement continuel causé par les mouvements rotatoires du fer doux et l'affaiblissement naturel qui s'opère sous l'influence du temps? Lies armatures ordinaires des appareils construites sans aucune proportion sont conséquemment impuissantes.
Exercer une tension continue sur l’aimant à l’aide d'une armature bien proportionnée, ainsi qu’on le fait dans les cabinets de physique pourles aimants libres, tel était le moyen enseigné par l'expérience , d'entretenir, de nourrir, selon la juste expression de M. Pouillet, l'aimant de mon appareil. Les proportions du fer doux calculées d’après les expériences que j'ai exposées plus! haut étant excellentes, je n'avais plus qu'à exercer sur l'aimant une tension continue après l'avoir mus en contact avec lui. La construction de la vis de rappel N, qui peut à volonté éloigner lei fer doux de l’aimant, rendit facile à résoudre cette dernière partie du problème. Le fer doux étant donc placé en contact avec l'aimant, je fixai dans un trou pratiqué sur la circonférence de la! vis N un petit levier courbe O à l'extrémité duquel je plaçai un petit seau P dans lequel Je plaçgai une plus ou moins grande quantité de balles de plomb. Ainsi chargé, le seau tend à faire tourner la vis N de gauche à droite, et par conséquent à séparer le fer doux de son aimant, ce qui arrive quand la charge du seau est trop grande. Je ne manque jamais de placer ainsi en. tension continue mon appareil magnéto-faradique dans l'intervalle de ses applications.
S IV, — Manière de mettre l'appareil en action,
LA
L'usage de l'appareil magnéto-faradique est heureusement d’une extrême simplicité, comme on le verra plus bas. Ne comprit-on pas sa description, sa théorie, qu'il suffirait encore aux médecins de connaître les courtes indications que Je vais exposer sur la manière de le mettre en action, pour en faire l'application: Je ne saurais donc trop les engager à lire attentivement et avant tout les lignes suivantes :
Pour mettre l'appareil en action, on tourne le régulateur N de l’armature de gauche à droite, jusqu’à ce que le fer doux n'éprouve plus de frottements contre l’aimant pendant son mouvement rotatoire.
Est-il indiqué d'employer un courant rapide, on tourne le régulateur des intermittences D de gauche à droite, jusqu à ce que l’on sente un point d'arrêt. Est-il, au contraire, nécessaire de produire des actions éloignées, on tourne ce même régulateur D en sens contraire, et l'on s'arrête quand l'aiguille de l'indicateur marque le nombre d'intermittences que l'on veut obtenir par révolution dé la grande roue. La manivelle doit toujours faire deux révolutions par seconde.
Pour graduer les courants, il suffit de se rappeler que lorsque la tige est rentrée dans l'appareil, le courant est à son minimum. La division de cette tige en 95 millimètres permet de fractionner’ les doses électriques, proportionnellement aux desrés d’excitabilité des organes et suivant les besoins de la thérapeutique. | = La région sur laquelle on opère est-elle très excitable, ou, en d'autres termes, est-il nécessaire de mesurer des doses très faibles, on éloigne plus ou moins l'armature de l'aimant en tournant de sauche à droite son régulateur N.
Veut-onenfin expérimenter sur la grenouille, on éloisne le plus possible l’armature de l’aimant, et l'on empêche le courant d'arriver au commutateur, en détournant la petite vis placée sur la base du ressorts.
Après avoir ainsi affaibli l'appareil, on peut mesurer des doses infiniment petites avec autant d'exactitude que les doses puissantes.
Lorsqu'on ne se sert plus de l'appareil, on remet l’armature en tension en plaçant le fer doux dans une direction transversale, en tournant la vis de son régulateur N de droite à gauche jusquà ce que l'aiguille soit arrivée à la partie moyenne de l'indicateur O. Alors on met l’aimant en tension continue en chargeant le régulateur de son petit seau, comme je l'ai indiqué précédemment.
Il n'est pas nécessaire d'arouter que les conducteurs des excitateurs doivent étre placés sur les boutons du courant de
premier ordre, ou sur ceux du courant de deuxième ordre, selon les indications.
S V. — Résumé.
L'exposition des propriétés que possède mon appareil ma: gnéto-faradique démontre que son invention constitue un progrès réel, non seulement au point de vue de ses applications aux sciences médicales, mais encore au point de vue purement physique.
A. Au point de vue pratique. — Il est établi qu'il possède plus que les appareils anciens : 1° deux courants (l'un de premier ordre, l'autre de deuxième ordre) qui jouissent de propriétés spéciales ; 2° des intermittences lentes ou rapides à volonté; 3 des courants, ou sans changement de direction, ou avec. alternatives voltianes ; 4° une graduation exacte et vraiment médicale, graduation qui mesure également des doses très fortes ou des doses infiniment petites, grâce à la combinaison des cylindres graduateurs et d'un mécanisme appelé modérateur des courants,
B, Au paint de vue physique. — 1. I démontre que les cylin: dres métalliques sont induits par les hélices aussi bien dans un appareil magnéto-faradique que dans les appareils volta-faradiques, et de plus que l'influence mutuelle des hélices et des cylindres ne s'exerce que dans les parties des hélices recou: vertes par les cylindres, d'où il résulte que l’action de ces derniers a lieu d’une manière progressive et dans des proportions arithmétiques,
II. Dans cet appareil, on voit qu'il est possible d'entretenir la puissance de son aimant artificiel, au moven de son armature, aussi facilement et aussi sûrement que si l'on agissait avec des poids sur un aimant libre.
JIL. Quand à la longue, et surtout par l'usage, [obus finit par s'affaiblir, il n'est pas nécessaire de démonter l'appareil pour lui rendre sa puissance magnétique, L’enroulement du gros fil qui fournit le courant de premier ordre sur les bras de l'aimant permet de rendre à ce dernier sa puissance magnétique primitive, en faisant passer le courant d'une batterie voltaïque dans les hé
lices formées par ce fil. Voici comment il faut agir alors: on met l'armature en contact avec l'aimant, puis on fait passer dans le courant du premier ordre le courant d'une batterie de huit à dix piles de Bunsen, dont on place le pôle positif sur celui des ressorts des intermittences qui correspond au pôle boréal de l'aimant, tandis que le pôle négatif est mis en rapport avec le ressort du côté opposé, A l'instant où.le courant passe dans l’hélice de premier ordre, l'aimant augmente considérablement de puissance (il porte jusqu'à 40 kilogr.), et lorsqu'on ouvre ce courant l'aimant perd une grande partie de la force magnétique qu'il devait au courant voltaïque, mais il conserve lé maximum d'intensité magnétique dontil jouissait en sortant des mains du fabricant. Place-t-on ensuite les pôles de la pile dans un sens contraire à celui de l'expérience précédente, l'aimant est désaimanté presque complétement. Mais on peut lui rendre immédiatement toute.sa puissance en agissant comme la première fois. J'ai répété bien dés fois cesexpériences, et notamment en présence du rapporteur de la commission de l’Académie de médecine chargée d'examiner ce travail; en un mot, je me fais un jeu d'aimanter et de désaimanter mon appareil.
IV. Grâce à la réunion des deux hélices superposées et dont les fils sont de srosseur différente, on n'a pas seulement l'avantage d'obtenir des courants de deux ordres différents dont les propriétés phvsiologiques sont spéciales, mais on peut encore montrer dans les cours de physique le phénomène de la décomposition de l’eau par le courant de premier ordre, dont le fil est assez gros pour produire cette action chimique, sans avoir à changer de hobines comme dans l'appareil de Clark.
V. Enfin, mon appareil peut servir à démontrer l'énorme différence qui existe entre l'induction produite dans les appareils magnéto-faradiques par la seule influence de l’action de l'armature sur l’aimant, et celle qui est le résultat de solutions de continuité pratiquées dans le circuit de premier ordre, au moment où l’armature s'éloigne ou se rapproche de l'aimant. Le mécanisine qui permet ces expériences est des plus sunples , puisqu'il suffit de tourner en sens contraire la vis placée sur la base d'un des ressorts pour faire passer ou pour arrcter le
courant dont les solutions se font sur l'anneau à dentelure placé sur la petite bobine.
De tels résultats constituent, je le HÉDÈtE: un progrès incontestable. Et cependant comment se fait-il que cet appareil ait été méconnu, pour ne pas dire plus, par quelques physiciens? C'est que ne connaissant pas les besoins des études physiolopiques, pathologiques et thérapeutiques auxquelles ilest destiné, ils ne peuvent se faire une idée de l'utilité des propriétés dont il jouit; c'est qu'ils n'ont pas même vu fonctionner ou appliquer cet appareil, et qu'ils ne le connaissent que par la description qu'ils en ont lue. Ils l'ont trouvé trop compliqué. Que la description que jen ai donnée leur ait paru difficile à comprendre, je l'accorderai volontiers, mais cela tient à l'insuffisance de, l'exposition, peut-être, et non à la complication de l'appareil. Je puis affirmer, en Let, qu'il n'est pas plus difficile à com. prendre que les autres appar eils. Un grand nombre de physiciens l'ont examiné, etil ma suffi de le leur exposer une seule. fois pour quils en comprissent parfaitement le mécanisme, qu ils ont exposé ensuite eux-mêmes dans leurs cours ou dans leurs ouvrages.
Quant aux personnes qui ne sont pas familiarisées avec les études physiques, elles auront sans doute plus de peine à en bien saisir la théorie, mais il n'y aura à cela que demi-mal, car la mise en action de cet appareil est simple et facile, et l’on peut en faire l'application sans en connaître parfaitement le mécanisme.
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