ÉLECTRO-PHYSIOLOGIE DES EXTENSEURS DES DOIGTS
les deux dernières phalanges s'étendent sur les premières, puis celles-ci sur les métacarpiens, qui, à leur tour, sont entraînés dans l'extension sur le carpe et sur l’avant-bras. Pendant ce mouvement, les dernières phalanges sont maintenues étendues sur les premières, jusqu'à ce que le métacarpe soit arrivé à une direction parallèle avec l'avant-bras. Mais à l'instant où, le mouvement d'extension continuant, le métacarpe forme un angle avec l’avant-bras, les deux dernières phalanges se fléchissent sur les premières, et cela d'autant que la main se renverse davantage sur l’avant-bras. Quelle que soit alors l'éneroie de la contraction des extenseurs, contraction provoquée par le courant d'induction le plus intense, on ne peut produire le redressement des deux dernières phalanges sur les premières; mais celles-ci se renversent davantage sur les métacarpiens.
Pour bien démontrer combien est faible l’action des extenseurs des doigts sur les dernières phalanges, on maintient le métacarpe d'un sujet fortementrenversé sur l'avant-bras comme dans la figure 20 (il est bon d'expérimenter sur un sujet dont le membre est complétement paralysé ou sur un cadavre dont lirritabilité est encore intacte), et l'on provoque la contraction de ses extenseurs des doigts en plaçant les excitateurs dans un point assez rapproché de leurs attaches à l’épicondyle ; alors on
Fig, 20.
voit les premières phalanges s'étendre sur leurs métacarpiens, tandis que les deux dernières phalanges restent dans la flexion. Il ressort de cette expérience que l'action des extenseurs sur
les dernières phalanges est assez limitée, et que, sices muscles étaient les seuls extenseurs des doigts, ceux-ci prendraient la forme de griffes, sitôt que le poignet se renverserait sur l'avantbras. La flexion des deux dernières phalanges qu'on observe dans ce cas est causée par la résistance tonique des fléchisseurs sublime et profond, que les extenseurs ne peuvent vaincre.
Les faits pathologiques que j'exposerai dans l'article suivant démontreront que l'action physiologique des extenseurs sur les deux dernières phalanges est encore plus faible que semble l'indiquer la contraction électrique de ces muscles.
Il était donc nécessaire que d’autres muscles vinssent en aide aux extenseurs impuissants pour compléter l'extension des deux dernières phalanges. L’expérimentation électro-physiologique nous fera bientôt découvrir quels sont les muscles chargés de cette importante fonction.
Il résulte aussi de l'expérience précédente que les extenseurs des doigts étendent très puissamment les premières phalanges sur les métacarpiens.
Les extenseurs des doigts impriment-ils aux doigts des mou: vements latéraux? Voici les expériences qui jugent cette question :
Pendant le repos musculaire, les doigts demi-fléchis sont rapprochés les uns des autres. Au moment où ils entrent en mouvement par la contraction artificielle de l'extenseur com: mun , on les voit s'écarter les uns des autres.
[l'est possible de faradiser individuellement chacun des faisceaux del’extenseur commun en plaçant des excitateurs à petite surface sur les points où les faisceaux musculaires sont en rap: portavec la peau (avec un peud’habitude on parvient facilementà trouver ces points anatomiques). Au moment de la contraction de chaque faisceau de l’extenseur commun ,on observe en outre des mouvements d'extension décrits précédemment, les phénomènes suivants : 1° le faisceau de l’extenseur qui se rend à l'index rap: proche celui-ci du pouce; 2° le faisceau extenseur du médius ne produit aucun mouvement de latéralité; 3° les deux faisceaux de l'extenseur commun qui vont à l’annulaire et au petit doigt portent ces doigts en dedans, c'est-à-dire vers le cubitus.
Limite-t-on ensuite l'excitation électrique dans chacun des extenseurs propres, l'index se rapproche du médius et le petit