‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 33 sur 140 · ÉLECTRO-PHYSIOLOGIE DES FLÉCHISSEURS DES DOIGTS · texte numérisé non relu

ÉLECTRO-PHYSIOLOGIE DES FLÉCHISSEURS DES DOIGTS

doigt s'écarte de l'annulaire beaucoup plus que par la contraction du faisceau qui lui vient de l’exienseur commun.

L'excitation isolée des extenseurs propres est assez difficile à pratiquer. Cependant il est des sujets chez lesquels les fibres musculaires descendent beaucoup moins sur les tendons de l'extenseur commun, et alors on atteint facilement la fibre des extenseurs propres placés à la région profonde, sans exciter les muscles de la région superficielle. Et, d'ailleurs, m'eût-il été impossible d'obtenir, à l'état normal, ces actions isolées des extenseurs propres, l'atrophie graisseuse progressive m'aurait fourni l’occasion de pratiquer cette opération, car il n'est pas rare qu'elle détruise les muscles de la région superficielle, sans toucher à la résion profonde.

Les expériences précédentes démontrent que l'extenseur commun et les extenseurs propres des doiots sont non seulement extenseurs des premières phalanges, mais encore qu'ils écartent les doigts du médius qui reste fixe. On voit que le médius est vraiment l'axe de la main, ainsi que l'avait Justement supposé M: le professeur Cruveilhier pour faciliter l'étude des muscles interosseux. |

Ces expériences établissent encore que les deux faisceaux musculaires qui étendent la première phalange de l'index produisent en même temps l'abduction ou l'adduction de ce doigt, quand ils agissent isolément. Ces faits seront rendus plus évidents par les faits électro-pathologiques qui en feront aussi ressortir en même temps l'uulité.

Je démontrerai, dans le paragraphe suivant, combien il est heureux, pour certains mouvements de la main, que l'extension des premières phalanges puisse être produite indépendamment de l'extension des deux dernières par les extenseurs des doigts.

Fléchisseurs sublime et profond (épitrochlo-phalanginien commun, cubito-phalangettien commun).

La contraction artificielle du fléchisseur sublime et du fléchisseur profond produit les mouvements de flexion des deux dernières phalanges qui ont été décrits par tous les auteurs; mais Ja flexion dans laquelle ils entraînent les premières phalanges est très faible, très secondaire, parce que ce mouvement

n’a lieu ordinairement que lorsque ces muscles se trouvent déjà dans un état de raccourcissement. Voici quelques expériences qui démontrent cette proposition.

Si on limite l’action électrique dans les fléchisseurs des doigts alors que le poignet et les deux dernières phalanges sont maintenus dans l'extension, les premières phalanges sont fléchies sur les métacarpiens avec une très grande force. Les doigts sont-ils, au contraire, abandonnés alors à eux-mêmes, les deux dernières phalanges s'inclinent en s'enroulant sur les premières, qui, à leur tour, se fléchissent sur les métacarpiens, mais avec peu d'énergie. Ce mouvement de flexion des premières phalanges s’affaiblit d'autant plus que le poignet est moins renversé sur l'avant-bras ; il s’annule même à peu près compléte: ment, quand le poignet estarrivé au plus haut degré de flexion.

L'expérience suivante démontre combien les extenseurs des doists l'emportent sur les fléchisseurs dans leur action sur les premières phalanges. Qu'on fasse contracter à la fois et avec un courant d'égale intensité les extenseurs et les fléchisseurs des doigts, et l’on verra les premières phalanges s'étendre sur les métacarpiens, pendant que les deux dernières seront fléchies sur les premières.

Si ces expériences sont trouvées insuffisantes, les recherches électro-pathologiques que Jexposerai bientôt compléteront, j'espère, la démonstration de cette proposition, à savoir : que les fléchisseurs n’ont pas assez d'action sur les premières phalanges pour être les antagonistes ou les modérateurs des extenseurs des doigts. Quels sont donc les fléchisseurs réels des premieres phalanges ? C'est ce que l'expérimentation électro-physiologique établira bientôt.

Lorsque le fléchisseur profond se trouve déjà dans un état. d’accourcissement au moment où il entre en contraction, l'action de ce muscle sur la dernière phalange diminue considérablement et peut même être annulée. En effet, si ayant placé le poignet ou les doigts dans la flexion extrême, on fait contracter ce muscle, soit artificiellement, soit volontairement, on voit que la dernière phalange se fléchit à peme, et plus souvent encore qu'elle ne se fléchit pas du tout sur la seconde phalange, qui seule est entraînée dans la flexion sur la première. On constate aussi, dans cette expérience, que la flexion de la seconde pha-

lange sur la première s'exécute avec peu d'énergie er exige de grands efforts ; la contraction musculaire est alors douloureuse.

Cest.sans doute pour prévenir ce raccourcissement des fléchisseurs des doigts, et pour mettre ces derniers dans les meilleures conditions de force, que les muscles extenseurs des premières phalanges se contractent synergiquement , sitôt que la volonté envoie une décharge nerveuse aux fléchisseurs des dernières phalanges.

L'étude du mécanisme de la flexion volontaire des deux dernières phalanges démontre que, pendant ce mouvement de flexion, la première phalange se place involontairement dans l'extension, si cette phalange se trouvait auparavant fléchie sur son métacarpien. Le degré de contraction de l’extenseur est alors en raison directe de la force qui produit la flexion des phalanges.

Ces mouvements des phalanges en sens inverse sont nécessités par la plupart des usages de la main. On les observe, par exemple, quand les doigts dirigent la plume, le pinceau, le burin , etc. Je reviendrai sur le mécanisme de ces divers mouvements à l'occasion des interosseux, des lombricaux et des muscles qui meuvent le pouce.

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