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La paralysie ou l'atrophie des extenseurs des doigts rend difficile et incomplète la flexion des deux dernières phalanges; elle occasionne un grand trouble fonctionnel dans les mouvements des doigts chez les écrivains, les peintres, les dessinateurs, etc,
Consécutivement à la paralysie des extenseurs des doigts, surtout lorsqu'à cette paralysie se Joint celle des extenseurs du poignet, la flexion des dernières phalanges sur les secondes devient difficile, sinon impossible. Dans ces cas, le poignet est constamment fléchi sur l’avant-bras, et les premières phalanges sont inclinées sur les métacarpiens. Si alors le malade vient à fermer la main, les secondes phalanges se fléchissent sur les premières, et les troisièmes phalanges restent dans l'extension; la pulpe des doigts s'applique sur la partie moyenne des régions thénar et hypothénar. La flexion des secondes phalanges se fait même sans force , comme on peut le constater en se faisant serrer la main par le malade.
L'impossibilité ou la difficulté de fléchir les troisièmes phalanges et l'affaiblissement du mouvement de flexion des se: condes phalanges sont uniquement, dans ces cas, le résultat du raccourcissement dans lequel les fléchisseurs se trouvent placés par le fait de la position du poignet et des premières phalanges. En effet, si l'on maintient le poignet et les premières phalanges dans l'extension, le malade peut fléchir les dernières phalanges sur les secondes, comme à l'état normal, et fermer la main avec plus de force, par la contraction de ses deux fléchisseurs. Ces faits pathologiques confirment la théorie du
mécanisme des mouvements de flexion des deux dernières pha- Jlanges des doigts, flexion qui, physiologiquement, nécessite l'extension des premières phalanges par la contraction synerpique des extenseurs des doigts.
La paralysie des extenseurs des doigts n’empêche pas les malades d'écrire en petits caractères ; ils peuvent, à la rigueur, tracer des lettres de 1 centimètre à 1 centimètre et demi, mais ils éprouvent alors une gêne considérable. Les dessinateurs , les peintres (1), perdent, avec l'usage de leurs extenseurs des doigts , la possibilité d'exercer leur profession.
La connaissance du mécanisme des mouvements exécutés par les phalanges des doigts qui dirigent la plume, le pinceau ou le crayon, etc., rend parfaitement compte de ces phénomènes pathologiques. On se rappelle, en effet, qu'il résulte de mes expériences électro-physiologiques que, chez l'adulte, le trait tracé par les doigts qui conduisent le crayon, la plume, le pinceau , et dont le maximum est, terme moyen, de 5 centimètres , est dû , en grande partie, au mouvement d'extension et de flexion des premières phalanges. Il est clair que, si les premières phalanges restent immobiles par suite de la paralysie des extenseurs, la longueur du trait sera nécessairement très limitée. C'est pourquoi les sujets privés de l'action de leurs extenseurs écrivent encore très facilement en petits caractères, tandis que les peintres , les dessinateurs, ne peuvent plus manier avec la même habileté le pinceau ou le crayon (2).
6 IV
La paralysie où l'atrophie des fléchisseurs sublime et profond n'empêche pas la flexion des premières phalanges qui se fait alors avec force par les interosseux et les lombricaux.
Mes recherches électro-physiologiques ont établi que les fléchisseurs sublime et profond agissent faiblement sur les premières phalanges , que les interosseux et les lombricaux fléchis-
(1) I n’est pas ici question des peintres en bâtiments, qui peuvent tenir encore très solidement leur brosse dans la main, et s'en servent très habilement, pourvu que l'extension du poignet soit conservée.
(2) Les sujets qui ne jouissent plus des mouvements de flexion et d'extension des phalanges sont forcés d'écrire, de dessiner ou de peindre, en faisant exécuter des mouvements au bras ou à l'avant-bras. |
sent les premières phalanges avec plus d'énergie. Ce fait est encore mieux démontré par la pathologie.
OBSERVATION X.— Un homme, nommé Viole, demeurant rue Sainte- Marguerite, n° 36, couché au n° 10 de la salle Saint-Félix {Charité, ser= vice de M. Briquet), avait perdu un grand nombre de muscles sous l'influence de latrophie musculaire progressive. Quand ilne faisait aucun mouvement volontaire, c’est-à-dire à l’état de repos, les deux dernières phalanges de son index et de son médius conservaient une attitude d’extension, et étaient même renversées sur les premières phalanges, qui étaient, au contraire, demi-fléchies sur le métacarpe. Les mouvements. d'extension et de flexion volontaires des premières phalanges de l'index et du médius étaient conservés ; mais la flexion des deux dernières pha= langes était perdue sous l'influence de l'excitation volontaire, comme par la faradisation. Il était donc évident que les faisceaux fléchisseurs profond et sublime de l'index et du médius, atrophiés, n’exerçaient plus aucune action appréciable sur les deux dernières phalanges, et, en conséquence, que les premières phalanges ne se trouvaient plus sous leur influence Quels étaient donc les muscles qui fléchissaient alors les premières phaz langes de ces doigts? En plaçant les excitateurs sur les interosseux ou les: lombricaux de l'index et du médius, on constatait que c'était la contracz tion de ces petits muscles qui produisait la flexion des premières phalanges, malgré l’atrophie des faisceaux des fléchisseurs sublime et profond.
Pour juger de la puissance des interosseux et des lombricaux comme fléchisseurs des premières phalanges, je plaçai entre le pouce et les deux premiers doigts du malade mes doigts réunis en faisceau, et l’engageai à les serrer avec force. Alors, je sentis que ma main était assez fortement pressée.
J'établirai plus loin, par des faits pathologiques, que les fléchisseurs sublime et profond n'exercentqu'une action infiniment faible sur les premières phalanges (si toutefois physiologiques ment cette action existe).
La pathologie établit que si l’action des interosseux, comme extenseurs des deux
. dernières phalanges, n’était pas modérée par les fléchisseurs sublime et profond; ces phalanges pourraient se fléchir sur les premières en sens inverse de leur flexion naturelle.
Les fléchisseurs sublime et profond maintiennent, par la prédominance de leur force tonique, les deux dernières phalanges inclinées sur les premières pendant le repos musculaire
PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DES MUSCLES DE LA MAIN. 207 iais s'ils viennent à s'atrophier, ces deux dernières phalanges, obéissant à l'action tonique des interosseux, s'étendent d'autant plus, pendant le repos musculaire, sur les premières phalanges que l'atrophie est plus avancée. L'observation de ce phénomène ne manque pas d'importance, car ce changement dans l'attitude des dernières phalanges est un signe qui peut faire reconnaître le degré d'atrophie des fléchisseurs sublime et profond.
Lorsque les fléchisseurs sublime et profond sont entièrement atrophiés, non seulement les deux dernières phalanges restent constamment dans l'extension, mais encore on voit quelquefois la seconde phalange s'inclinér sur la première en sens inverse de sa flexion naturelle. Le mécanisme de ce phénomène est facile à expliquer. Chez certains sujets, les phalanges ont une tendance naturelle à se renverser en arrière pendant l'extension des doists, en vertu d'une disposition anatomique que J'expliquerai par la suite (article [{1). Alors la force tonique des intérosseux, qui nest plus modérée par celle des fléchisseurs sublime et profond, augmente nécessairement cette courbure postérieure, et à la longue l'extrémité inférieure de la seconde phalange se luxe en arrière sur la première pha.
lange, de imanitre que
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celle-ci fait une saillie
considérable en avant. ne 7 » . . 7 El en J'ai vu plusieurs fois ce : 7 phénomène pathologique EN à des degrés variables.
è grés variables. La Fig. 97.
figure 27, qui représente le degré le plus avancé de cette difformité dans le médius et lannulaire , a été dessinée d'après nature.
ORSERVATION XI. — Le sujet qui présentait cette difformité était un pauvre malade soigné par M. Lemaire, ancien chef de clinique de la Faculté. C’est à son obligeance que je dois l’observation de ce fait pathologique. On voit (figure 27) les deux dernières phalanges de son médius et de son anvulaire renversées sur la première, et la tête de la première phalange faisant une saillie en avant, J'ai constaté par l'exploration électromusculaire, en présence de M, Lemaire, que les deux faisceaux fléchisseurs
du médius et de l’annulaire avaient entièrement disparu ; les autres muscles de l’avant-bras et de la main étaient intacts, bien que le malade fût atteint
depuis quelque temps d'un marasme général, occasionné par une autre affection, ,