VI PRÉFACE
sins en reçoivent la stimulation. On se tromperait également, si l'on croyait qu'il suffise d’avoir à sa disposition tel ou tel appareil plus ou moins perfectionné, pour pratiquer convenablement l'électrisation localisée. Ce serait une idée tout aussi fausse que de croire que celui-là est capable de faire une opération de chirurgie, qui possède les instruments propres à la pratiquer. L'électrisation localisée ne peut être appliquée que par des médecins, car elle exige avant tout des connaissances exactes en anatomieet en physiologie. C'est, en outre, un art qui est soumis, comme tous les autres, à des règles fixes, et dont la pratique repose sur un ensemble d'études spéciales et demande une certaine habitude.
Avant d'arriver à pouvoir formuler les principes de cette méthode, j'ai dû rechercher quelles sont les propriétés physiologiques et thérapeutiques des différentes espèces d'électricité. Ces recherches m'ont conduit à la découverte de phénomènes très importants au point de vue électro-physiologique et thérapeutique; il en est ressorti en particulier ceci : qu'on ne saurait employer indifféremment dans la pratique médicale ces diverses espèces d'électricité, bien qu'elles constituent une classe commune d'excitants.
L’électricité d'induction est celle qui convient le mieux à l’électrisation localisée ; mais les appareils d'induction en usage dans la pratique médicale ne possédaient pas l'ensemble des conditions nécessaires à ce genre d'application, et ne répondaient pas aux besoins de la thérapeutique; c'est ce que j'ai cherché à démontrer dans un mémoire adressé à l’Académie des sciences en 1849, et dans un second travail communiqué à l’Académie de médecine en 1852, sous le titre suivant : Examen critique des appareils d'induction au point de vue de leur application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutique.
Cette critique m'imposait naturellement le devoir de faire mieux. Ne possédant que des connaissances générales, n'ayant pas étudié l'électricité d'une manière spéciale, et entièrement étranger aux arts manuels, on comprendra aisément toutes les difficultés que j'ai dû surmonter. Mais à force d'études et de travail, et grâce à une certaine aptitude pour la mécanique et à une faculté d'invention que je ne me soupçonnais pas, je suis parvenu enfin à modifier peu à peu les appareils en usage, et à en construire de nouveaux de mes propres mains. C'est sur mes