‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 42 sur 140 · XI · texte numérisé non relu

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Consécutivement à la paralysie ou à lPatrophie des muscles long abducteur et court extenseur du pouce, le premier métacarpien est entraîné dans l’adduction. Cette attitude vicieuse du premier métacarpien et l'impossibilité de le ramener à sou état normal nuisent considérablement aux usages de la main.

Le premier métacarpien et les deux phalanges du pouce se maintiennent dans leur attitude naturelle entre les différentes forces qui le sollicitent en sens contraire. Cette attitude naturelle résulte d’un certain équilibre entre toutes ces forces qui naissent de la contractilité tonique de tous les muscles moteurs du pouce; la force tonique de lun ou de plusieurs de ces muscles vient-elle à manquer, on voit à l'instant le premier métacarpien ou les phalanges prendre des attitudes plus ou moins vicieuses et qui génent plus où moins les usages de la main.

99h APPLICATION DE LA FARADISATION A LA PHYSIOLOGIE.

D'un autre côté, le mécanisme des mouvements du pouce : exige toujours l’action synergique de plusieurs de ses muscles. |

Quelle est, dans ces différents cas, l'importance relative de : chacun des muscles qui agissent sur le premier métacarpien et sur les deux phalanges du pouce?

J'avaisespéré que les études électro-physiologiques auxquelles je me suis livré suffiraient pour me faire prévoir les troubles fonctionnels qui devaient résulter de l'atrophie ou de la para: lysie partielle de ces muscles. Je m'étais trompé: car, parmi les muscles qui concourent aux mêmes mouvements, il en est qui prennent une part plus ou moins grande, soit au maintien de l'équilibre des forces, d'où résulte l'attitude normale, soit aux mouvements exigés par les différents usages de la main. L'observation pathologique seule peut éclairer complétement ce point important de physiologie musculaire , c'est ce que je vais essayer d'établir par des faits.

Grâce à l'attitude naturelle du premier métacarpien, Île pouce se trouve placé en dehors de l'index (voy. figure 22, page 194)et ne gêne pas la flexion des doigts. C’est à la contractilité tonique des modérateurs des muscles de l’éminence thénar pour l'opposition du premier métacarpien (long abducteur et court extenseur du pouce) qu'est due cette attitude du premier métacarpien; car la paralysie ou l'atrophie de ces muscles ne prive pas seulement ce métacarpien de ses mouvements, mais encore elle lui fait perdre son attitude na: turelle. En effet, consécutivement à la paralysie de ces muscles, laquelle est assez commune dans la paralysie saturnine de l’avant-bras, on voit toujours le premier métacarpien, affectant l'attitude de l’adduction, se placer dans une dt rection parallèle avec le carpe et le radius. Il résulte de cette attitude du premier métacarpien que le pouce tombe dans la paume de la main (voyez la fig. 35), et cela d'autant plus que le court extenseur paralysé ne peut plus modérer l'action des muscles qui, s'attachant à chaque côté de la première phalange du pouce, entraînent celle-ci dans la flexion.

On comprend combien la présence continuelle du pouce dans

la paume de la main doit en gêner l'usage; car, si le malade veut alors fermer la main, son pouce se trouve pris entre les doigts et la paume de la main, s’il n’a pas eu la précaution de contracter préalablement son long extenseur qui porte son pouce et son métacarpien dans l'extension.

Cette attitude vicieuse du premier métacarpien et l'impossibilité de lui faire exécuter ses mouvements d'abduction compromettent la plupart des usages de la main.

Lorsque l'un des deux muscles lons abducteur et court extenseur est seul paralysé, les troubles fonctionnels qui en résultent sont loin d'être aussi graves, parce qu'ils peuvent se suppléer jusqu'à un certain point. En effet, le court extenseur a-t-il perdu son action, le premier métacarpien reste moins dans l'abduction et se fléchit davantage sur le carpe, puis la première phalange s'incline sur son métacarpien plus qu’à l'état normal. Si c'est le long abducteur qui est paralysé, le métacarpien s'incline moins en avant sur le carpe et se porte davantage dans l'abduction; mais la première phalange reste dans son attitude normale. La première paralysie (la paralysie du court extenseur) trouble les usages du pouce beaucoup plus que la seconde (la paralysie du long abducteur); car elle est suivie de la chute du pouce dans la paume de la main, par suite de la prédominance d’action des fléchisseurs de la première phalange, et elle prive celle-ci de son extension, si utile dans le mécanisme de certains mouvements du pouce, comme pour écrire, dessiner, etc. J'ai observé les phénomènes que je viens d'exposer, chez des sujets qui, consécutivement à la paralysie saturnine, avaient perdu tantôt le court extenseur du pouce, tantôt seulement le muscle long abducteur.

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La paralysie ou l'atrophie du long extenseur du pouce ne porte pas un grand trouble dans l'attitude du pouce et de son métacarpien , ni dans l'usage de la main. — Les fonctions de ce muscle établies par l'expérimentation électrophysiologique sont confirmées par les phénomènes qu'on observe dans sa paralysie.

Lorsque le long extenseur du pouce est paralysé, voici ce qu'on observe. Le premier métacarpien prend une attitude plus fléchie

sur le carpe qu’à l'état normal; la deuxième phalange du pouce

reste toujours dans la flexion, soit pendant le repos musculaire, soit quand le premier métacarpien est porté dans labduction et la première phalange dans l'extension ; mais la deuxième phalange s'étend, au contraire, pendant l'adduction du premier métacarpien et la flexion de la première phalange.

Les phénomènes pathologiques que je viens d'exposer confirment pleinement les faits établis par mes recherches électrophysiologiques, relativement à l’action du long extenseur. Ainsi, dans la paralysie du long extenseur, la flexion exagérée du premier métacarpien pendant le repos musculaire est due à la pré dominance d'action du long abducteur et des muscles de l'éminence thénar, qui ne sont plus modérés par leur antaponiste, le long extenseur du pouce. L'extension de la deuxième phalange peut se faire alors, malgré la paralysie du long extenseur, ce qui prouve qu'ilexiste un autre extenseur de cette seconde phalanse, et que cet extenseur est celui (le court abducteur et la portion externe du court fléchisseur) qui produit en mêmetemps la flexion et l'inclinaison latérale de la première phalange et l'adducuon du premier métacarpien.

L’attitude fléchie de la deuxième phalange occasionne un peu de gêne pendant la flexion de l'index qui rencontre souvent le pouce, quand le malade oublie d'écarter son premier méta: carpien.

L'impossibilité d'étendre la dernière phalange pendant l'extension de la première est seulement une cause de maladresse dans l'usage des doigts.

Le mécanisme des mouvements du pouce nest nullement troublé chez l'écrivain, le dessinateur, ete.,etc., par la paralysie du long extenseur du pouce; ce qui démontre ce fait déjà établi par l'expérimentation électro-physiologique, à savoir, que ce muscle est entièrement étranger à cet usage de la main.

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