‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 51 sur 140 · GRAND DORSAL · texte numérisé non relu

GRAND DORSAL

$ Xer, — Électro-pbysiologie du grand dorsal,

A. Expériences. — Le bras était placé dans une direction parallèle à l'axe du tronc. 1° Le tiers supérieur du grand dorsal, après avoir attiré le bras en dedans et en arrière, approche le scapulum de la ligne médiane de 2, 3 ou 4 centimètres, selon la distance habituelle entre cet os et la ligne médiane. Pendant ce mouvement, le bord spinal du scapulum devient un peu plus saillant que dans l'attitude du repos de cet os, mais il reste parallèle à l'axe du tronc.

n° 11, service de M. Gerdy : atrophie du grand dentelé, de la moitié inférieure du trapèze et du rhomboïde du côté droit. — Cause inconnue. — Ce cas est plusieurs fois cité dans ce livre.

QuarriÈèME cas. — Observation XXXIV. — Rousseau, trente-huit ans, charpentier , demeurant à la Villette, rue de Flandres, 177: paralysie atrophique du grand dentelé. — Cet homme avait été frappé de paralysie générale consécutivement à une chute d’un lieu élevé. Après une année de traitement, les mouvements étaient revenus dans la plupart des muscles, mais quelques-uns d’entre eux étaient restés atrophiés, et entre autres le grand dentelé. C’est la seule fois que j'ai eu l'occasion d'observer l’atrophie du grand dentelé avec l’intégrité parfaite des autres muscles qui meuvent l'épaule sur le tronc et le bras sur l’épaule. Dans ce cas, les signes pathognomoniques de la paralysie du grand dentelé étaient aussi prononcés pendant l'élévation du bras que lorsque le trapèze est en même temps lésé, — Cas cité dans ce livre.

Cinquième cas. — M. B.., âgé de vingt-deux ans, exploré en 1853 : atrophie complète du grand dentelé, des trois portions du trapeze, du rhomboïde gauche, incomplète de l'angulaire gauche et du rhomboide (voy. obs. XXVII). — L'atrophie a envahi presque toutes les régions, respectant certains muscles, entre autres ceux des avant-bras et des jambes, A la face, l’orbiculaire des lèvres a entièrement disparu, ce qui lui donne un aspect tout particulier. Ce malade m'a été adressé par M. le professeur Gerdy. — Cas cité dans ce livre.

SixIÈME cas. — Observation XXXV. — Madame X....., demeurant rue Saint- Honoré, n° 122, explorée en 1852 : atrophie des grands dentelés et des trapèzes à l'exception du faisceau claviculaire. — La plupart des muscles du tronc étaient atrophiés chez cette malade, Elle avait aussi perdu. son orbiculaire des lèvres, Adressée par M. le docteur Debout, avec lequel j'ai observé ce cas. — Il n'est pas cité dans ce livre.

SerriÈMe cas.— Madame X....., âgée de vingt-cinq ans, demeurant rue Montmartre, n° 40 : atrophie des grands dentelés, des trapèzes et des rhomboïdes (voy. obs. XXIX). — L’atrophie est généralisée chez cette malade, bien que certains muscles soient parfaitement intacts. L'orbiculaire des lèvres est entièrement atro-

2° Les deux tiers inférieurs du grand dorsal abaissent le moignon de l'épaule, d'autant plus que les fibres excitées deviennent plus inférieures, en inclinant lésèrement le tronc de leur côté.

3° Le tiers supérieur du grand dorsal, excité simultanément des deux côtés, non seulement rapproche les deux scapulum l'un de l’autre en’effaçant les épaules qui se portent obliquement en arrière et en dedans, mais produit aussi l'extension de la portion dorsale du tronc.

lo Les fibres inférieures de chaque grand dorsal, excitées simultanément, abaissent puissamment les épaules et produisent faiblement l'extension du tronc.

phié. Cette malade m'a été adressée par M. Bouvier; je l’ai fait entrer à la Charité, dans le service de M. Cruveilhier. — Ce fait est plusieurs fois cité dans ce livre,

Murrième cas. — Observation XXXVI. — M. X....., exploré en 1852 : atrophie du grand dentelé, des trapèzes et des rhomboïdes. — Ce cas offre une grande analogie avec le cinquième cas par sa généralisation et par les muscles qui ont été envahis par l’atrophie graisseuse progressive, Sur le tronc, ce sont aussi les mêmes muscles qui ont été détruits; aux membres supérieurs, les muscles de l'avant-bras, aux membres inférieurs les muscles de la jambe, sont très déve= loppés , tandis que les muscles du bras et de la cuisse sont plus ou moins atrophiés. A la face, on ne retrouve plus l’orbiculaire des lèvres, — Cas cité dans la quatrième partie,

(Toutes les figures privées de ce dernier muscle ont le même aspect; les lèvres sont grosses et tombantes , et la bouche est largement fendue.)

NEUVIÈME Cas. — Observation XXXVII. — M, X...., âgé de trente-huit ans, professeur de philologie au gymnase impérial de Moscou , exploré en 1853: atrophie des grands dentelés, des trapèzes, des rromboïdes. — Les muscles du troné et des membres supérieurs sont plus où moins atrophiés, mais ceux des membres inférieurs sont intacts. Cause inconnue, — Cas cité dans la quatrième partie.

Dans Îles cas 5, 6, 7,8, 9 et 10, l'attitude du scapulum est à peu près la même pendant le repos musculaire et pendant l'élévation du bras.

DixiÈËne cas. — Observation XXXVIIT. — Hôpital de la Clinique, n° 9. Exploré en 1853: paralysie atrophique par lésion traumatique du grand dentelé, du deltoïde; les rotateurs de l’humérus et les fléchisseurs de l’avant-bras sur le bras sont également lésés. — Cas cité dans la quatrième partie.

Les atrophies du grand dentelé sont rares comparativement aux atrophies des autres muscles moteurs de l'épaule sur le tronc. Si, à la liste des atrophies du grand dentelé j'ajoutais celle des autres atrophies partielles, qui sont communes, j'aurais facilement réuni une centaine d'observations. Je dis ceci pour que l'on sache que mes recherches électro-pathologiques sur l'épaule reposent sur un très grand nombre de faits; si j'ai rapporté dans ce chapitre des expériences faites souvent sur les mêmes sujets, c'est uniquement pour ne pas fatiguer l'attention du lecteur, J'aurais certainement abusé de son temps et de sa patience en exposant le récit fastidieux de toutes ces observations.

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5° Lorsque lés bras sont éloignés du tronc ou quand l’un d'eux devient point fixe,les mouvements qu'on observe par la faradisation du grand dorsal sont ceux qui ont été décrits dans les auteurs. J'ai seulement à ajouter que la respiration devient alors difficile ou plutôt courte, quand on maintient les grands dorsaux dans une contraction continue.

B. Réflexions. — Mouvements d'abaissement du bras, action sur la respiration, mouvements du tronc vers l'humérus quand celui-ci est fixé, telles sont les seules fonctions que les anatomistes ont attribuées jasqu'à ce jour au grand dorsal.

L'expérimentation électro-musculaire vient de montrer l’action puissante que les diverses portions de ce muscle exercent encore sur l'épaule et même sur le tronc, alors que sa contraction parait arrivée à ses dernières limites, c'est-à-dire quand le bras est serré contre la poitrme; action quene sauraient remplacer les forces réunies des autres muscles qui meuvent le scapulum.

Le trapèze et le rhomboïde, en combinant leurs contractions, rapprochent, il est vrai, le scapulum, sans déranger le parallélisme du bord spinal de cet os par rapport à l'axe de la colonne vertébrale, mais ils ne peuvent exécuter ce mouvement sans élever les épaules. Or, cette attitude des épaules , qui exige un effort musculaire, est fatisante et ne pourrait être conservée longtemps ; et comme en élevant les épaales elle raccourcit la longueur du cou , il en résulte que les lignes ondulées qui dessinent les épaules sont moins harmonieuses.

Il en est autrement, si l'on compare à l'action combinée de ces muscles réunis celle du grand dorsal, qui rapproche parallèlement les scapulam en effaçant les épaules, et abaisse celles-ci en maintenant la rectitude du tronc. Il n’est certainement pas nécessaire de faire ressortir l'importance de ce muscle dont l'influence est si grande sur l'attitude des épaules et du tronc, de ce muscle modérateur nécessaire du grand pectoral qui ne porte les épaules én avant et en haut qu'à la condition de comprimer les côtes et de gêner la respiration. Le grand dorsal empêche en outre la voussure du dos et peut aider au développement des organes pulmonaires; enfin, c'est principalement lui qui, chez le militaire, produit l'attitude du port d'armes,

$ IT, — Physiologie pathologique du grand dorsal,

Je crois avoir démontré par l’expérimentation électro-physiologique que c'est principalement au grand dorsal qu’il est donné de produire cette attitude qui : 1° dégage la poitrine en effaçant les épaules et en attirant le scapulum vers la lisne médiane; 2° abaisse les épaules; 3° enfin, redresse le tronc.

C'est encore ce que l'observation pathologique vient con firmer. En effet, Berniol (obs. XXXIIT) ayant longtemps servi dans l’armée, avait conservé cette attitude qui distingue l’ancien soldat; lorsqu'on lui disait de se placer au port d'armes, ses scapulnm se rapprochaient et ses épaules s'abaissaient en s’effaçant, et cela, malgré l'atrophie complète de ses rhomboïdes et du tiers inférieur de ses trapèzes. Mais on se rappelle que Berniol avait conservé intacts ses grands dorsaux,et l’on constatait alors que ces derniers se contractaient dans l'attitude au port d'armes.

Voyons ce qui se passe quand c'est, au contraire, le grand dorsal qui est atrophié, comme chez Bonnard, par exemple (obs. XXIV). Ce dernier avait été aussi militaire ; eh bien , il ne pouvait se placer au port d'armes sans élever dispracieusement ses épaules, et cette attitude le fatiguait au point qu’il ne pouvait la conserver longtemps. Le mouvement de rapprochement des scapulum n'était opéré que par ses rhomboïdes.

J'examinerai dans le paragraphe suivant, à l'occasion dela physiologie pathologique du grand pectoral, quéls sont les troubles

fonctionnels occasionnés par l'atrophie du grand dorsal, pendant l'abaissement du bras.

ARTICLE VII

$ Ier. — Électro-physiologie du grand pecit6ral.

À. Expériences. — 19 La portion supérieure du grand pectoral , qui est constituée par les fibres claviculaires et par celles qui s'insèrent à la première portion du sternam , entre-t-elle en contraction sous l'influence de la faradisation localisée, pendant que les bras tombent sur les côtés du tronc, le moignon de l'épaule se porte obliquement en haut et en avant. Si l'on fait contracter

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