GRAND PECTORAL
simultanément la portion supérieure des deux grands pectoraux, le mouvement décrit plus haut se produit de chaque côté, les coudes se portent obliquement en avant, en dedans et un peu en haut, et les bras sont serrés contre les parois thoraciques.
Quand le membre est placé dans l'élévation verticale, au moment de la contraction de cette portion supérieure, on le voit se porter d’arrière en avant, se rapprocher de la ligne médiane, et s abaisser jusqu’à la direction horizontale.
Dans les mouvements que je viens de décrire, l'humérus tourne toujours sur son axe dans la rotation en dedans, s’il se trouvait en supination ou en demi-supination.
Enfin, si les bras sont placés horizontalement en croix, le membre étendu décrit une courbe en se portant d’arrière en avant et en dedans, jusqu à ce qu'il soit arrivé vers la ligne médiane.
20 La portion inférieure se compose de toutes les fibres sternales , à l'exception de celles qui s’insèrent à la première pièce du sternum, des fibres costales et d’un faisceau qui s'attache à l'aponévrose abdominale.
La portion inférieure tire en bas le moignon de l'épaule, alors Que le bras est appliqué sur le côté du tronc. Non seulement elle abaisse le membre placé dans l'élévation jusqu'à la ligne horizontale , comme la portion supérieure, mais encore c'est elle qui Continue l'abaissement au-dessous de ce point. Ce dernier mouvement serait contrarié par la contraction simultanée de la portion supérieure, qui, on le sait, produit un léger mouvement du bras en avant, en haut et en dedans. Pendant le mouvement d'abaissement par la portion inférieure du grand pectoral, le bras est ramené en dehors, mais il ne se place pas exactement dans une direction parallèle à l'axe du tronc.
Quand le membre supérieur porté en dehors est perpendiculaire à l'axe du tronc, au moment de la contraction de la portion inférieure, le bras exécute un mouvement oblique de haut en bas et d’arrière en avant.
B. Réflexions. — 11 résulte de ces expériences que le grand pectoral peut se diviser en deux portions dont les fonctions sont bien distinctes. Je vais montrer que ce sont réellement deux muscles qui se contractent souvent séparément pour remplir des usages spéciaux.
- Ona vu plus haut que la portion supérieure du grand pectora
336 APPLICATION DE LA FARADISATIiON A LA PHYSIOLOGIE.
est à la fois abaisseur et élévateur du bras, selon la position du membre.
Tous les anteurs ont signalé le mouvement oblique en haut et en dedans que cette portion imprime au bras, alors qu'il se trouve dirigé parallèlement à l'axe du tronc. Ge mouvement est géné et plus limité qu'on ne l'a dit; son usage n'est pas celui qui lui a été assigné, comme le prouvera l'étude pathologique de ce muscle.
Mais aucun physiologiste n'a décrit ce grand et important mouvement d'abaissement que le grand pectoral fait exécuter au bras placé dans l'élévation verticale, mouvement qui s arrête à la direction horizontale; c’est cependant un mouvement quil produit souvent, et au besoin avec une grande force. Ainsi, par exemple, c'est la portion supérieure du grand pectoral qui fait tomber en avant le bras élevé et armé d’un sabre ou d'un bâton; c'est encore lui qui agit principalement chez le ministre de la region , lorsqu'il abaisse les bras élevés pour imposer les mains et bénir les fidèles.
Il existe aussi un autre mouvement très important qui a été négligé par les auteurs, et qu'on vient de voir exécuter par cette même portion supérieure: c'est ce mouvement horizontal et en avant des bras placés en croix avec le tronc qui se produit dans la natation et dans une foule de circonstances que je n'ai pas besoin d'énumérer. Je sais bien qu on obtient ce même mouvement par la contraction successive et de dehors en dedans de toutes les fibres du deltoïde ; mais je crois que la portion supé: rieure du grand pectoral est l'agent principal de ce mouvement, celui par lequel il s'exécute directement et avec le pius de force le deltoïde n'étant appelé qu'à maintenir l'élévation horizontale, er saccommodant, par ses contractions partielles, au mouve: ment antéro-postérieur du bras.
Là ne sont pas limitées les fonctions de la portion supérieure du grand pectoral. Quand les bras sont appliqués le long du corps, on a cru sans doute que son action se bornait à les presser plus fortement contre le tronc? Eh bien, voici une autre fonction bien plus importante que la portion supérieure du orand pectoral est appelée à remplir. Elle élève avec une très grande force le moiguon de l'épaule et supporte la plus grande part des fardeaux qui y sont placés. C’est, du reste, ce qu'il est facile de