‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 54 sur 140 · FES · texte numérisé non relu

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le deltoïde, les muscles du bras, de l’avant-bras et de la main, à l'exception de quelques faisceaux fléchisseurs des doigts, qui se contractaient par la volonté comme par l'excitation faradique. Voici les phénomènes qu’on

Fig. 65. — Attitude vicieusé de l'épaule droite, vue par sa face postérieure. — Le moignon de l'épaule et le scapulum sont plus élevés que du côté opposé; la pores tion supérieure du trapèze s'est contracturée consécutivement à l’atrophie de ses abaisseurs (le grand dorsal et les pectoraux } == Le deltoïde a entièrement disparu, ainsi que la plupart des muscles

du membre supérieur.

Fig. 65.

observe du côté droit. Le moignon de l'épaule et le scapulum sont plus élevés de 3 centimètres du côté droit que du côté gauche. Lorsqu'on veut déprimer l'angle externe du scapulum, en appuyant fortement sur l@ mojiguon de l'épaule, on éprouve une résistance insurmontable de la part du tiers moyen du trapèze (la portion claviculaire de ce muscle ne paraît pas exister de ce côté), que l’on sent et que l’on voit se tendre alors, ainsi que l’omoplat-ioïdien. Cette portion moyenne du trapèze, saisie entre les doigts, paraît aussi développée que du côté sain, tandis que dans les points occupés par les pectoraux et le-grand dorsal, la peau est appliquée immédiatement sur la paroi thoracique (4). » |

Évidemment l'élévation permanente du moignon de l'épaule était due ici à la rétraction de la portion moyenne du trapèze

qui s'attache à l'acromion et à la moitié externe de l’épine du ER

scapulum. A | Je n'ai rien trouvé dans l’histoire de la maladie de cetté jeune fille, rapportée avec beaucoup de détails par le médecin (1) Je reviendrai sur ce cas dans la quatrièwe partie, à l'occasion des paralysies atrophiques graisseuses de lenfance. | à

et par sa famille, qui permit d'attribuer la rétraction du trapèze Xüne contracture primitive ; la contracture a été évidemment consécutive à la paralysie etn’est apparue que progressifement et justement dans le faisceau antagoniste des abaisseurs de l'épaule.

La figure 66 représente la même difformité vue par la face

| Fig. 66.—Attitude vicieuse de l'épaule gauche vue par la face antérieure consé- Cutivement à la perte de ses abaïsseurs.

— La portion supérieure du trapèze est contracturée. — La clavicule gauche a uue direction plus oblique de dedans en .

dehors et de bas en haut qu'à droite, — Le moignon de l'épaule et le scapulum sont plus élevés, comme dans la figure65.

Le deltoïde était entièrement atrophié;la nutrition à été rappelée dans la moitié äntérieure de ce muscle par la faradisa-

tion localisée.

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antérieure. Elle a été dessinée d’après un jeune garçon qui, consécutivement à une paralysie atrophique de l'enfance, avait perdu, comme la jeune fille de l'observation précédente, les abaisseurs de l'épaule du côté gsauche,tandis que la portion supérieure du trapèze du même côté était restée intacte. On voit dans cette figure que la clavicule gauche a pris une direction très oblique de bas en haut et de dedans en dehors par le fait de Pélévation de l'épaule. L'atrophie du grand pectoral de ce côté est indiquée par la dépression qui existe dans le point occupé par ce muscle. La jeune fille dont l'observation a été rapportée plus haut présente la même difformité en avant. { J'aurai l'occasion de revenir, dans la quatrième partie, sur l'observation de te jeune garçon, observation intéressante au point de vue des résultats thérapeutiques heureux obtenus par l'application de la faradisation au traitement de l'atrophie de quelques-uns des muscles de son membre supérieur gauche.) |

En résumé, la diminution ou la perte de la force tonique des: abaïisseurs du scapulum à pour conséquence l'élévation du moignon de l'épaule par la prédominance d'action du tiers moyen du trapèze. |

Ces deux exemples sont corroborés par d'autres faits dans lesquels j'ai vu les phénomènes se développer de la même mamière, C'est-à-dire qu'à la paralysie atrophique a succédé la contracture progressive d'un ou de plusieurs muscles antagonistes ; et cela non seulement dans la région scapulaire, maïs dans toutes les autres régions du corps. C'est ce qui se voit notamment dans la production des pieds bots comme dans l'in: clinaison de la colonne vertébrale.

On sait qu'un auteur dont l'autorité est grande et méritée en pathologie musculaire attribue le plus grand nombre de ces difformités à des contractures primitives. Je ne sais si J'ai été mal servi par le hasard, mais Je vesrette d'avoir à dire, contrairement à l'opinion de l’éminent observateur, qu'après avoir étudié cette question avec le plus grand soin, j'ai vu infiniment plus souvent les contractures ou les rétractions qui maintiennent les membres dans une attitude vicieuse, survenir consécutivement ou à l’affaiblissement, ou à la paralysie, ou à l’atrophie des muscles antagonistes (1).

ARTICLE VII

DÉDUCTIONS PHYSIOLOGIQUES TIRÉES DES RECHERCHES ÉLECTRO* PHYSIOLOGIQUES ET PATHOLOGIQUES EXPOSÉES DANS CE CHAPITRE.

A. Mouvement de l'épaule directement en haut. — X. L'élévation de l'épaule peut être produite par la contraction isolée d’un assez grand nombre de muscles ou de portions musculaires qui vont du tronc au scapulum. Si lon a seulement égard au degré d'énergie avec lequel ces muscles ou portions de muscles exécutent ce mouvement, on peut les ranger dans l'ordre suivant;

(1) Pour ne pas donner trop d'extension à ce chapitre, je suis forcé de sacrifier l'étude électro-physiologique des muscles rotateurs de l'humérus. J'aurai d'ailleurs l’occasion de signaler leurs usages principaux quand j'exposcrai dans la troisième partie le diagnostic des affections museulaires des muscles qui meuvent l'épaule.

DÉDUCTIONS PHYSIOLOGIQUES. 345 la portion inférieure du grand dentelé, la portion moyenne du trapèze, la portion supérieure du grand pectoral, l’angulaire du scapulum et la portion claviculaire du trapèze,

II. Le degré d'élévation de l'épaule qui résulte de la contraction individuelle de ces muscles ou portions de muscles, la force que ceux-ci déploient dans leur action isolée, ne sauraient donner une idée exacte des différentes fonctions que chacun d'eux est appelé à remplir dans l'élévation physiologique de épaule, c'est-à-dire dans cette élévation qui se manifeste, ou sous l'influence de la volonté, comme dans l'action de soulever un lourd fardeau avec le moignon de l'épaule, ou sous l'influence de certains actes instincuifs, de certaines expressions, par exemple dans Îles grandes inspirations, dans l'expression du froid ,

du frisson ou du dédain. |

III. Pendant l'élévation de l'épaule qui se produit instinctivement dans les grandes inspirations, le faisceau claviculaire du trapèze est la portion de ce muscle qui entre ordinairement ep contraction si grande.s

Ce faisceau claviculaire jouit d'une si vive excitabilité, que tel degré du courant électrique qui serait trop faible pour produire un commencement de contraction dans les autres portions du trapèze, le fait contracter puissamment; il doit cette extrême excitabilité à la branche externe du spinal.

IV. L'élévation directe et volontaire de l'épaule s'effectue par la contraction isolée dela moitié externe de la partie moyenne du trapèze, quand elle n'exige point d'effort.

Le sentiment du dédain ou du doute provoque la contraction de cette portion du trapèze; le moignon de l'épaule est alors porté directement en haut.

V. Mais sitôt que cette élévation rencontre de la résistance, d'autres muscles élévateurs s'associent en combinant leur action avec celle de la partie moyenne du trapèze, et cela avec d'autant plus d'énergie que cette résistance est plus grande.

Les muscles ou portions de muscles qui , dans ces grands efforts d élévation de l'épaule, s'associent à la portion moyenne du trapèze , sont le rhomboïde , la portion supérieure du grand pectoral et l'angulaire du scapulum.

VI. Quant au grand dentelé, auquel on a attribué, comme fonction principale, de soutenir l'épaule chargée d'un lourd

fardeau , l'électro-physiolopie et la pathologie démontrent qu'il reste complétement étranger à cette action. w'Eèe VIT. La portion clâviculaire du trapèze ne paraît pas se con® tracter pendant l'élévation volontaire de l'épaule, quand le sujet se trouve dans les conditions normales; mais si la portion moÿenne du trapèze vient à faiblir, on voit la portion clavicts lairé suppléer celle-ci et venir en aide, quoique faiblement, à l'élévation volontaire. 2 B. Mouvement de. l'épaule en avant et en haut. — NIIT. Ke mouvement oblique des épaules en avant et en haut est exécuté isolément par le tiers supérieur du grand pectoral , quand il sé fait sans effort. A L'impression du froid , le sentiment de la crainte, r'ÉAPISSÈNE sur la portion supérieure du grand pectoral; alors le moipnon de l'épaule se porte en haut ét en avant, le dos s'arrondit, les bras sont serrés contre le tronc, en se dirigeant un peu oblique: ment de haut en bas et d’arrière en avant. L IX. Mais si ce mouvement de l'épaule éprouve de la résistance; le srand dentelé se contracte synergiquement avec le tiers su* périeur du grand pectoral, et alors on voit le bord spinal du Scapulum sollicité par ce dérnier, s'appliquant solidement contre les parois thoraciques, entraîner le scapulum en dehors et en haut pendant que l'angle externe de cet os est attiré én avant et en haut par le tiers supérieur du grand pectoral. La di rection que prend le bord spinal du scapulum pendant ce motë vement est indiquée par un sillon très marqué de la peau; elle st oblique de haut en bas, de dedans en dehors et d’arrière en avant. *. 100 La puissance de ce mouvement est des plus grandes; c’est lui qui fiKe l’épaule en haut et en avant, quand on veut s’en servir pour pousser devant soi un corps très lourd ou très résistant. C. Mouvement de l'épaule de dehors en dedans et d'avant ef arrière, — Les muscles ou portions musculaires dont l’action isolée rapproche les épaules de la liyné médiane sont la portion inférieure du trapèze et les fibres de ce muscle qui naissent dé la moitié interne de l’épine du scapulum , le rhomboïde et les fibres supérieures du grand dorsal.

X. Les fibres supérieures du grand dorsal , alors que les bras tombent parallèlement à l'axe du tronc, dépriment le scapulum

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