‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 55 sur 140 · DÉDUCTIONS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

DÉDUCTIONS PHYSIOLOGIQUES

de dehors en dedans et d'avant en arrière par l'intermédiaire de itète de l'humérus qui appuie sur la cavité glénoïde. Les fibres inférieures du même muscle abaissent le moignon de l'épaule. D'excitation simultanée de toutes les fibres des deux grands dorsaux produit de chaque côté non seulement les mouvements précédents , mais encore l'extension énergique du tronc.

XI. Le tiers inférieur du trapèze et le rhombhoïde ont, il'est vrai, comme le grand dorsal, la faculté d'effacer les épaules en associant leur action ; mais l'attitude qui résulte de éette contraction est vicieuse ou dissracieuse, parce que ces muscles élèvent en même temps ét inévitablement le moignon de l'épaule ; aussi n'apissent-ils que pour maintenir le scapulum solidement rapproché de la ligne médiane dans certains mouvements de force du membre supérieur, comme pour aturer à so un corps résistant. R

XII En conséquence, de tous les muscles qui meuvent épaule, le grand dorsal est un des plus utiles, en raison du double pouvoir qu'il possède d'effacer les épaules et de Îles abaisser en même temps, et en raison de l'énergie avec laquelle il redresse le tronc: c’est lui, par exemple, qui produit chez le militaire l'attitude au port d'armes.

XIIL. Les muscles Ou faisceaux musculaires auxquels on attribue la propriété de faire basculer le scapulum sur un axe fictif placé au centre de cet os, de manière à mouvoir ses angles interne et externe en

» D. Mouvement du scapulum sur lui-même.

sens contraires, n’exercént pas cette action physiologiquement; mais ils font tourner le scapulum sur l’un ou l’autre de ses angles Supériéurs, qui reste fixe, tandis que l'angle inférieur s'élève ou S'abaisse en $e rapprochant ou en s’éloignant de la ligne médiane.

E. Élévation du bras. — Les muscles qui ont le pouvoir d'élever l'humérus sur le scapulum sont le deltoïde, le sus-épineux et le sous-épineux.

XIV. L'expérimentation électro-physiologique démontre que l'action de ces deux derniers muscles (les sus-épineux et sousépineux) comme élévateurs de l’humérus sur le scapulumest très limitée , et que leur intervention n'est même pas nécessaire pour commencer cette élévation, laquelle a lieu par la contraction isolée du deltoïde , lors même que ses fibres sont parallèles à la direction de l'humérus.

Le deltoïde est le seul muscle qui, en raison de sa force et de la variété des directions qu'il imprime à l’humérus, soit en. réalité destiné à élever cet os sur le scapulum.

XV. Le deltoïde élève l'humérus, et sa contraction isolée déplace le scapulum de la manière suivante : 4° il déprime son angle externe pendant qu'il élève les deux autres anples ; dans ce mouvement, l'angle inférieur se rapproche de la ligne médiane, et fait saillie sous la peau; 2°1l le fait pivoter sur un axe vertical qui passerait par l'angle externe, de telle sorté que son bord spina}, s'écartant des parois thoraciques de 4 à 5 centimètres, semble s'en détacher sous la forme d’une aile. Pendant cette expérience on voit se former entre le bord spinal du scapulum et la partie correspondante du dos une forte gouttière plus ou moins profonde, et la tête de l'humérus à une tendance à abandonner la cavité glénoïde en se subluxant en bas.

Cette attitude vicieuse du scapulum, la volonté ne saurait là reproduire, car elle ne possède pas comme la faradisation localisée le dangereux pouvoir de faire contracter isolément le deltoïde.

XVI. Pendant l'élévation volontaire du bras, le grand dentelé, placé pour ainsi dire sous les ordres du deltoïde, vient en aïde à ce dernier, non seulement comme on l’a dit, afin de fixer le scapulum , mais encore pour compléter l'élévation verticale du bras.

XVII. L'élévation horizontale est, en effet, la limite d'action du deltoïde; c'est le premier temps de l'élévation du bras pen: dant lequel le srand dentelé se borne principalement à fixer le bord spinal du scapalum contre le thorax, en contractant ses deux portions supérieures.

Le bras ne pourrait franchir cette limite sans que la tête de l'humérus , frottant contre l’acromion, se subluxât en bas. Le grand dentelé s oppose heureusement à cette élévation exagérée de l'humérus sur le scapulum par le deltoïde.

XVIII. Pour que l'élévation de l'humérus au-dessus de la direction horizontale s'effectue , il est donc nécessaire que le scapulum tourne de manière que son angle externe s'élève,

Ce second temps de l'élévation du bras est opéré par le faisceau radié du grand dentelé et par la moitié externe du tiers

DÉDUCTIONS PHYSIOLOGIQUES. 319 moyen du trapèze. Ce dernier n'intervient alors que dans les mouvements de force, comme auxiliaire du premier.

XIX. Dans les mouvements d’élévation du bras qui exigent une grande force, les diverses portions du deltoïde entrent énergiquement en contraction; mais il est des positions du membre supérieur qui ne permettent pas la contraction simultanée de certaines portions du deltoïde.

Toutes les fois que le bras est élevé en dedans ou en avant, le tiers postérieur du deltoïde doit se relâcher.

Le mouvement oblique en arrière exige le relâchement du tiers antérieur de ce muscle.

Le tiers moyen du deltoïde prête son concours à l’une ou à l'autre portion de ce muscle dans les mouvements de force.

. Ces trois portions musculaires peuvent se contracter synergiquement pour produire l'élévation en dehors, tant que celle-ci ne dépassé pas un angle de 45 degrés; au-dessus de ce point, le tiers postérieur tombe nécessairement dans le relâchement, et l'élévation en dehors n’est plus faite dans les mouvements de force que par le tiers moyen et le tiers antérieur.

La raison de la neutralité forcée de telle ou telle portion du deltoïde pendant ces divers mouvements, se trouve dans l’antagonisme que créerait leur intervention, et qui génerait l'action des autres portions de ce muscle.

Ces principes de mécanique musculaire intéressent au plus haut degré la plastique.

XX. Les trois portions du deltoïde (les tiers antérieur, moyen et postérieur) constituent, au point de vue physiolosique, trois muscles différents : 1° parce que chacune d'elles se contracte indépendamment et isolément, quand le mouvement se fait sans effort, pour produire l'élévation soit en avant, soil en dehors, soit en arrière ; 2° parce que ces trois portions sont antagonistes les unes des autres pour les mouvements antéropostérieurs, et vice versd, qu'elles impriment à l'humérus ; 3° enfin parce qu'elles sont antagonistes même pour l'élévation. Je rappellerai qu'en effet le tiers postérieur du deltoïde est très peu élévateur, et qu'il devient fléchisseur quand Île bras est élevé par les deux autres tiers au-dessus d’un angle de 45 degrés. |

Faire un seul muscle du deltoïde me parait aussi antiphysio-

logique que de ne voir, par exemple, qu'un muscle dans 1ous ceux qui constituent l'éminence thénar.

F. Æbaissement du bras. — XXI. L'abaissement oblique en dedans eten avant du bras élevé verticalement se fait par le srand pectoral entier, mais principalement par le tiers supérieur de ce muscle, jusqu’à ce que le membre ait atteint la direction horizontale. Au-dessous de ce point, le tiers supérieur de ce muscle ne peut plus prêter son concours; il se relâche et le mouvement d'abaissement est continué par la portion inférieure du grand pectoral.

XXII. L'abaissement oblique en arrière et en dedans du bras placé dans l'élévation verticale est exécuté par le tiers postérieur du deltoïde, le grand rond et le rhomboïde qui agissent comme un seul muscle avec une grande énergie, et enfin par le orand dorsal et la lonpue portion du triceps. |

Quand le bras est descendu au point de faire un angle de h5 desrés, le tiers postérieur du deltoïde cesse de se contracter, et les autres muscles terminent l’abaissement du bras.

XXII. L'abaissement du bras en dehors est sous la dépendance de tous les muscles abaisseurs, à l'exception du tiers Supérieur du grand pectoral. |

XXIV. Tels sont les muscles qui produisent ces divers mou vements du bras. |

Cependant ces muscles ne sont pas nécessaires à la production de ces mouvements d’abaissement. Un fait pathologique rap: porté dans le cours de cetravailetdans lequel on a vu un homme qui avait perdu ses abaisseurs du bras exécuter cependant tous Ses mouvements avec facilité, mais sans force, établit que le relâchement des diverses portions du deltoïde suffit à ces mouvements du bras , qui obéit alors seulement à la force de la pesanteur.

XXV. À l'état normal, les muscles abaisseurs du bras n'interviennent que lorsque l'abaissement rencontre de la résistance ou exige de la force.

XXVI. Il ressort des faits précédents que pour l’abaissement comme pour l'élévation du bras, un muscle ou un faisceau musculäire ne se contracte Jamais synergiquement, lorsque son concours doit faire naître un antagonisme quelconque.

Cette règle me paraît applicable à toute Ja mécanique musCcu=

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