‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 65 sur 140 · CONSCIENCE MUSCULAIRE. L · texte numérisé non relu

CONSCIENCE MUSCULAIRE. L

chant de voir quand ce mouvement est accompli, on les engage

à césser tout effort, la main reste fermée avec la même force

pendant plusiears minutes, bien qu'ils croient n opposer aucune

résistance ; c'est seulement à la longue que les muscles fléchisseurs se relâchent. Lorsqu'on essaie, en effet, de leur ouvrir la main , on éprouve une grande résistance.

Cette expérience peut être variée de la manière suivante : on se fait serrer la main par le malade, puis on lui bande les veux, en lui commandant de lâcher la main. Quand il croit avoir reläché ses muscles, on sent cependant que sa main serre toujours, et ne lâche prise que lorsqu'on lui permet de voir ce qu'il fait. |

Cestroubles qu'on observe dans la contractilité volontaire chez les malades de la seconde catégorie, sont-ils le résultat d'un état pathologique inconnu du centre cérébral, ou seulement de l'insensibilité des organes du mouvement?

On serait déjà porté à conclure des expériences précédentes, que cest bien un degré profond d'anesthésie musculaire qui occasionne l'arrêt de la contraction volontaire. Mais, à mon sens, cette conclusion, pour être rigoureuse, a besoin de nouvelles démonstrations. C’ést dans l'espoir de résoudre ce problème que j'ai institué les expériences qui vont suivre, et qui ont été faites sur des sujets présentant ce dernier degré d'anesthésie musculaire.

. Troisième expérience. — J'ai localisé l'excitation électrique “dans les muscles anesthésiés de l’avant-bras et de la main, et après un temps qui à varié de quelques secondes à dix minutes, les malades ont recouvré plus ou moins la sensibilité musculaire, en accusant des sensations, non seulement pendant l'excitation électrique, mais aussi lorsque l'on comprimait ou frappait les muscles. J'ai constaté en même temps que la peau était restée aussi sensible qu'auparavant, ainsi que les surfaces osseuses ou articulaires. Après le rétablissement de la sensibilité musculaire, les malades ont pu ouvrir et fermer la main, bien que leur vuc füt couverte. Ces mouvements se faisaient, il est vrai, d'abord difficilement ; mais aussi l'on doitsavoirque la sensibilité musculaire était revenue très incomplétement, et que ce fut seulement après un traitement suffisamment prolongé, que la fonction musculaire fut rétablie.

Quatrième expérience. —Dans l'expérience précédente, l’anes thésie profonde a été convertie en une anesthésie puremen cutanée. Je vais, dans la présente expérience, en faire une anes. thésie purement musculaire, en agissant sur les mêmes sujets Il me suffit, pour cela, de limiter l'excitation électrique dans!}a peau du bras où l'anesthésie est tout aussi profonde qu’à l'avant. bras. Après un temps assez court (de quelques secondes à cinq minutes d’excitation électro-cutanée), ces sujets accusent d'abord un chatouillement, puis bientôt une sensation de brûlure qui va croissant; alors la peau est sensible au pincement, à la piqüre, ete, mais les muscles restent insensibles comme auparavant : ni Ja Pression du bras, ni les COUPS portés au niveau de la masse mus: culaire ne sont ressentis. La sensibilité cutanée étant rappelée, si l'on ordonne aux malades d'étendre ou de fléchir l'avant-bras, la vue étant toujours masquée , les muscles, qui devraient obéir à la volonté, restent inactifs comme auparavant, même lorsqu'on réveille la sensibilité de la peau de l’avant-bras en la pinçant ou en la frottant, Mais que l'on porte l'excitation dans les muscles eux-mêmes, on les voit vite, après avoir recouvré leur sensibilité, se contracter physiologiquement, comme dans la troisième ex: périence.

ConGtusioNs. — I. I] paraît exister un sens qui siége dans le muscJe et qui sert à l'accomplissement de la contraction muscu laire volontaire; c’est lui qui, sans doute, excité par le cerveau et réagissant à son tour sur cet organe, l'éclaire, pour ainsi diré, sur le choix des muscles dont il doit provoquer la contraction.

Je propose de l'appeler conscience musculaire.

If. Ilne faut pas confondre la conscience musculaire qui, dans l'acte des mouvements volontaires, semble précéder et déterminer la contraction, avec la sensation qui donne le sentiment de la pesanteur, de Ja résistance, etc., et qui a été appelée sens musculaire par Ch, Bell, et plus justement. par M. Gerdy sensation d'activité musculaire. Cette dernière est le résultat où le produit de la contraction musculaire.

On doit distinguer aussi La contraction musculaire, de la senstbilité muscularre génerale, sensibilité caractérisée par la douleur qui résulte d'une cause externe, l'excitation électro-cutanée, la pression, la contusion, etc.

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