‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 75 sur 140 · PARALYSIE SIMULTANÉE DU DELTOÏDE ET DU GRAND DENTELÉ · texte numérisé non relu

PARALYSIE SIMULTANÉE DU DELTOÏDE ET DU GRAND DENTELÉ

tandis que s'il est sain, cetos obéit à l'action de ce muscle,comme on peut le voir dans la figure 82, à l'instant où il se contracte sous l'influence du courant d'induction.

l'ig. 83.

Ce signe négatif annonce d'une manière certaine l’atrophie où la paralysie du grand dentelé; mais on ne pourrait affirmer que ce muscle ne soit pas lésé, alors même qu'il réagit sous l’influence du courant localisé dans son tissu ou dans son nerf. Il peut arriver, en effet, ou que l'atrophie du grand dentelé soit assez peu avancée pour que quelques-uns de ses faisceaux puissent se contracter encore par la faradisation localisée, ou que la paralysie de ce muscle soit de l'espèce de celles qui conservent leur contractilité électro-musculaire (1).

J'ai cherché alors quel était, parmi les mouvements volonläires imprimés au scapulum, celui qui exigeait l’action syner-

{1} Je démontrerai dans un prochain chapitre que les paralysies musculaires peuvent être divisées en deux grandes classes, à savoir : 1° celles dans lesquelles les muscles perdent leur tontractilité électrique (les paralysies consécutives aux lésions des nerfs de la moelle épinière et les paralysies saturnines) : 2° celles dans lesquelles cette propriété musculaire est conservée (les paralysies cérébrales, rhümatismales, hystériques).

h52 APPLICATION DE LA FARADISATION A LA PATHOLOGIE, sique du grand dentelé et d'un ou de plusieurs muscles, et jai remarqué que, dans le mouvement des épaules en avant, le srand dentelé entraine en dehors et en avant le bord spinal du scapulum , pendant que le grand pectoral agit sur l'angle externe de cet os par l'intermédiaire de l'humérus auquel il sattache. Il est évident que si, dans ce mouvement volentaire, le grand dentelé vient à ne plus prêter son concours, le bord spinal du scapulum doit rester en place, et l'angle externe de cet w: être entraîné en avant.

Cette théorie de mécanique musculaire n'a pas tardé à sc trouver justifiée par l'observation pathologique. Vergalet estle premier sur lequel j'ai constaté ce phénomène. On sait que chez ce malade le grand dentelé était paralysé (je l'ai démontré précédemment), mais que son srand pectoral était parfaitement sain. Eh bien, lorsque je lui 6s porter fortement Îles épaules en avant. je vis du côté malade (voyez la figure 83) : 1° l'épaule entrainée en avant; 2° le bord spinal du scapulum rester en place, puis soulever la peau en se portant un peu en arrière par un mouvement de rotation de cet os sur son axe vertical, et enfin prendre une direction oblique de bas en haut et de dedans en dehors. Cette attitude du scapulum faisait chez Vergalet un contraste frappant avec l'attitude du scapulum du côté opposé, qui avait exécuté son mouvement normal. On remarque, en effet, dans.la figure 83, que le bord spinal A du scapulum obéissant à l’action du grand dentelé, a été entraîné en dehors et en avant,en s'appliquant solidement contre la paroi thoracique, et qu'il a pris une direction oblique en sens inverse de celle du côté paralysé. J'ai eu l'occasion de constater les mêmes phénomènes sur d'autres sujets affectés de paralysie du grand dentelé. |

Tout le monde saisit, sans aucun doute et sans que Je doive ins sister davantage sur ce sujet, l'importance des faits précédents comme signes diagnostiques de l’atrophie ou de la paralysie du grand dentelé, puisqu'ils n'exigent pas pour se manifester l’élévation volontaire du bras , et qu'ils sont tout aussi sûrs que ceux qui résultent de ce dernier mouvement,

La rétraction de la portion adductrice du trapèze pourrait bien, il est vrai, pendant ce mouvement, maintenir le scapulum rapproché de la ligne médiane, malgré l'intégrité du grand dentelé; mais alors il n’y aurait pas de confusion possible, car dans

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