PARALYSIE DU DELTOÏDE ET DES ROTATEURS DE L'HUMÉRUS
ze dernier cas le bord spinal du scapulum reste appliqué contre le thorax et prend une direction oblique opposée à celle qu'on observe lorsque le grand dentelé a perdu son action. C'est du, moins ce que je produis artificiellementen maintenant la portion adductrice du trapèze contracturée par l'excitation électrique pendant que le sujet essaie de porter ses épaules en avant. Assurément, la contracture pathologique de la même portion musculaire ne doit pas, dans ces circonstances, agir autrement que la contracture artificielle.
En résumé, l'attitude particulière que prend le scapulum, pendant le mouvement en avant des épaules, alors que le grand dentelé est paralysé ou atrophié, fournit des signes précieux pour le diagnostic de cette lésion, quand la paralysie ou l'atrophie du deltoïde ne permet pas au malade l'élévation volontaire du bras.
Voici encore d'autres signes qui viennent en aide à ceux que l'ai exposés précédemment.
Si, appliquant une main sur chaque épaule du malade, on repousse les deux épaules dans un sens opposé, on sent que le scapulum du côté lésé résiste beaucoup moins que l'autre; si le orand dentelé est atrophié, on parvient même alors à imprimer au scapulum un mouvement de recul et à faire saillir plus considérablement le bord spinal sous la peau.
Enfin , si le deltoïde, le grand pectoral et le grand dentelé se trouvaient lésés simultanément, l'épaule resterait complétement merte pendant les efforts que ferait le malade pour la porter en avant.
$ II. — Atrophie ou paralysie simultanée du deltoïde et des rotateurs de l’humérus,
A, L’atrophie et la paralysie du sous-épineux (1), si toutefois je m'en rapporte aux faits que J'ai observés, sont une des complicalions assez fréquentes de l’atrophie ou de la paralysie du deloïde. Le diagnostic de cette affection est facile à établir; les roubles qu'elle occasionne dans les usages du membre supérieur
(1) Les rotateurs en dehors de l’'humérus sont le sous-épineux et le petit rond. Au point de vue physiologique, ces deux muscles n’en constituent qu'un que je : lésignerai par le même nom de sous-épineux.
h5% APPLICATION DE LA FARADISATION A LA PATHOLOGIE,
sont très grands, et cependant son histoire n'a pas été, que je sache, écr ite jusqu à ce Jour. |
Voici le premier fait d'atrophie du deltoïde qui m'a mis sur la voie de la lésion concomitante du sous-épineux. |
OBSERVATION LI. — Un malade qui avait une atrophie de plusieurs! muscles de lépaule me fut adressé en 1850 par M. Bouvier. À un premier! examen, je crus que la lésion du deltoïde était la cause principale des troubles fonctionnels dont il se plaignait. Le deltoïde était incompléte-! ment atrophié, la portion moyenne de ce muscle était encore assez dé-' veloppée pour permettre d’écarter légèrement le bras du tronc. Ge quil le gênait le plus dans l'exercice de sa profession (il était instituteur), c'était: la dificulté qu’il éprouvait pour écrire. La lésion musculaire étant limitée à l'épaule, sa main conduisait facilement la plume, traçait bien les carac-| tères ; mais quand il avait écrit un ou deux mots, ne pouvant plus suivre! la ligne, il était forcé de s'arrêter. Alors, à l’aide de sa main droite , il ui rait un peu son papier de droite à gauche, et il écrivait encore un ou deux. mots, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu'il fût arrivé au bout de sa ligne.l Grâce à cet artifice , il pouvait écrire encore , mais il en éprouvait tant de. gêne et d’ennui, qu’il avait dû y renoncer.
J'attribuai d'abord à la lésion du deltoïde les troubles fonctionnels dont ce malade se plaignait. Mais ayant observé à quelques jours de là qu'un autre sujet, dont le deltoïde était complétement paralysé, n éprouvait aucune gêne pour écrireet tracer des lignes entières, je reconnus que vs difficulté d'écrire } chez le premier malade, devait dépendre d’une autre lésion musculaire que celle du deltoïde.
Quel est donc le muscle qui prend une si grande part dans! l’action d'écrire et dont la paralysie trouble à ce point cette fonction ?
Voici le résultat des recherches que j'ai faites sur ce point, Jlail remarqué que les sujets atteints de paralysie du deltoïde et dul sous- épineux ÉpionvAIent la même difficulté pour écrire quele premier malade dont j'ai tracé l histoire, qu'ils ne pouvaient faire exécuter le mouvement de dedans en dehors à la mainset à l'avant-bras placés sur une table dans l'attitude d'écrire. Is pouvaient à peine tracer une ligne de 3 à 4 centimètres. Qué si alors on provoquait la contraction du sous. épineux par un cou-
rant d'induction à intermittences rapides, on voyait l'avant- bras et la main continuer leur mouvement de dedans en dehors. On pouvait de cette façon, en plaçant un crayon dans les doigts